Elle est revenue mercredi, pour renouveller et ajuster son traitement.
Elle a depuis 15 ans un traitement substitutif thyroïdien, et, avec les plus grands problèmes pour équilibrer ça, elle a déjà eu moults fois des bilans "de la cave au grenier" comme elle le
dit.
Et une fois de plus, le contrôle est en dehors de la fourchette, montrant un surdosage théorique. Elle ressent effectivement des
"palpitations" par moment, mais dans le même temps elle a pris du poids, et est constamment fatiguée, ce qui ne colle que moyennement avec les descriptions classiques.
D'entrée, elle me prévient qu'il est hors de question de refaire un bilan et de revoir le confrère endocrinologue. A dire le vrai, je ne lui aurais pas proposé non plus : je ne vois pas ce qu'on
aurait pu faire de plus que ce qui a déjà été fait plusieurs fois, et encore il n'y a pas si longtemps.
Bien que nous disposions actuellement de dosages permettant des prescriptions plus fines que fut un temps, on va tenter de mettre un
jour sur deux du 175, et l'autre jour du 200. Façon de faire déjà mise en oeuvre à un moment donné, avec succès, avant un retour à plus de régularité dans les prises. Et solution qui va fort bien
à la patiente, qui fatigue à tous les niveaux.
Prescription pour trois mois, dosages de contrôles, et on reverra tout ça.
Revue Prescrire de mai p 373.
En prévention des fractures, les diphosphonates (la classe de médicaments indiqués et ayant prouvé une efficacité en prévention des récidives) ne sont pas à utiliser de façon continue et
indéfinie.
Une étude démontre en effet qu'après 5 ans d'utilisation dans des indications validées (femmes ménopausées ayant une ostéoporose sévère avec antécédent de fracture) , si l'on poursuit le
traitement, on obtient une réduction des fractures vertébrales, mais sans diminution concomittente des fractures du col fémoral.
Avec la molécule de référence, l'acide alendronique, on obtient sur les 5 premières années une réduction de 3 fractures vertébrales symptomatiques et 1 fracture du col fémoral pour 100 femmes
traitées pendant trois ans.
La poursuite entraîne donc une diminution d'un cas de fracture vertébrale symptomatique pour 100 traitées pendant cinq ans, et aucun gain supplémentaire en ce qui concerne le fémur.
La Revue conclue que le bénéfice / risque, compte tenu des effets indésirables, n'est pas en faveur de la poursuite du traitement.
Voilà qui a peu de chance d'être entendu et mis en pratique alors que la mesure de la densitométrie est pratiquée larga manu, et ce en dehors de toute indication validée.
1°/ Motif
En ce moment les motifs de consultation à la mode ici, c'est allergie, allergie et allergie.
Beau temps + vent = recrudescence et arrivée en nombre.
L'occasion de rappeler que les soi-disant "nouveautés" ne sont que de vieux pots très vaguement redécorés.
Et non, on n'a rien de mieux, depuis 20 ans , en fait.
En bref, c'est cétirizine pour tout le monde, et loratadine pour les autres. Avec un collyre de cromoglycate pour ceux qui ressemblent à des lapins russes.
2°/ La grève dans le Gers
Les hôpitaux locaux ont été contraints de reconnaître qu'ils n'ont pas souffert le week-end dernier de la grève entamée en libéral, notamment celui d'Auch, et ce malgré deux festivals locaux en
cours en même temps.
Rappellons que la grève n'a pas lieu le dimanche, jour crucial .....
Un confrère hospitalier pousse malgré tout un coup de gueule, comme d'habitude dirons-nous. On en connait certains beaucoup plus discrets quand il s'agit d'évoquer une régulation aux entrées
des urgences, et des bilans chiffrés des SMUR (3,7 sorties de soins primaires par tranche de 24h en moyenne d'après la Cour des Comptes).
Le jour où on se décidera à remettre à plat l'ensemble du bouzin est encore bien loin ...
Hier matin, coup de fil d'une des filles d'une patiente d'un âge, pour annuler la visite prévue à midi, demandée par l'autre
fille.
Interlocutrice qui continue en me disant qu'elle ne m'aime pas (nota : on ne se connait pas ...), que je ne fais rien pour sa mère, que je la laisserais mourir, ....
J'y suis, je sais qui c'est; enfin, je veux dire, je cerne le personnage dans la famille. C'est celle qui a fait annuler plusieurs demandes d'examens et consultations. Et qui n'est jamais
présente, l'autre fille gérant le quotidien.
Et là, la mère sort d'une hospitalisation après chute à domicile, sans antécédent à ce niveau.
Et il se trouve que j'ai reçu le compte-rendu : la liste des examens refusés lors de cette hospitalisation est assez longue, les
propositions insistantes de convalescence ou de long séjour ont été refusées, et on me dit noir sur blanc que "la patiente et la famille ont exigé une sortie rapide en menaçant de signer une
décharge".
Je mets donc fermement les points sur les I, citations à l'appui.
Ce qui ne plait pas à mon interlocutrice qui me dit que sa mère va changer de médecin, et me raccroche au nez.
Je souhaite bien du plaisir au confrère qui prendra le relais.
1°/ L'inutile qualification.
On apprend que l'ordre a transformé 20 500 généralistes en spécialistes de médecine générale. Soit pas la moitié du contingent à ce jour.
A dire le vrai, c'est du n'importe quoi, étant donné que cela ne change rien à rien. Raison pour laquelle nombreux sont les confrères
qui n'ont tout simplement pas fait cette demande.
Sans compter que les critères ne sont guère cohérents, et que les modalités sont variables d'un département à un autre ....
Pour ma part, je suis sans nouvelle de la mienne. Il faudra sans doute que je m'en préoccupe un jour ou l'autre -)
2°/ Un courrier étonnant.
L'industriel du médicament Servier m'informe que, grande nouveauté, son vieux tromblon de Daflon° (produit pour la circulation veineuse), est maintenant disponible en boîte de 60 comprimés.
Rappel : l'ensemble de ces produits dits phlébotropes sont déremboursés, mais certains assureurs et complémentaires les prennent partiellement en charge.
Ce qui m'étonne, c'est qu'il soit rentable d'adresser à chaque médecin généraliste un tel courrier. La marge financière par comprimé doit avoir de quoi laisser rêveur .....
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