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Lundi 28 janvier 2008

Voilà que les caisses ont l'intention, pour mieux contrôler les arrêts de courte durée, de faire adresser l'avis par le médecin et par la télétransmission.

Une question vient immédiatement à l'esprit : juridiquement, qui est alors responsable de la transmission de la donnée, hein ?

Et encore un travail à faire, gratuitement bien sûr .... et alors que l'envoi postal coûte au patient un minimum de 55 centimes (timbre + enveloppe) !!! Non je rigole, mais c'est vraiment l'impression d'être pris pour un con.

D'autre part, les caisses voudraient que la CMU ne soit dans un premier temps accordée que pour 3 mois, le temps de contrôler les dossiers. Elles prennent déjà un mois en moyenne, avant accord, cela ne leur suffit pas ?

Enfin, lancement de l'expérimentation du suivi des diabétiques par les caisses. Livret explicatif, numéro d'appel dédié, relances....

Le coût prévu est de 120 euros par an et par patient. Soit 5,5 actes. Pour le diabétique de type 2 moyen, ça double le coût total de ses consultations annuelles.

Cela, c'est le point sûr et certain. N'aurait-il pas mieux valu payer deux fois par an une consultation appronfondie 60 euros au médecin généraliste pour refaire le tour de la question de A à Z ? Personnalisation plutôt que stéréotypes débités à la tonne ?Hmmm ?

Vise-t-on à l'efficacité, ou à brasser de l'air pour la galerie et à donner l'impression que l'on pense et que l'on agit ? 

Mais ne sommes-nous pas au pays de la Logique et de la Raison Pure ?

par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 28 janvier 2008

Vue du côté du soignant, lequel est généraliste, et concernant ses patients habituels.

Parce que pour les patients de passage, c'est évidemment différent.

Il y a une première donnée en médecine générale qui, je suppose, existe moins dans les autres spécialités, voire pas du tout : la durée.

Je suis installé depuis presque 17 ans (en mai), et j'ai des patients dont je suis le médecin traitant (même si le terme n'était pas en vigueur à l'époque) depuis 17 ans.

Une deuxième chose, spécifique aussi de l'exercice en médecine générale : la connaissance du milieu de vie du patient. Sa famille; son habitation; ses habitudes; a-t-il un animal familier ? Fait-il du jardin, de la couture, du bricolage, de la peinture sur soie ? Tout ce "je ne sais quoi" et ce "presque rien" qui change fondamentalement les choses. Et qui en explique beaucoup d'autres.

Alors, surtout je pense en médecine générale, et surtout pour ceux qui comme moi ont créé (et non repris) leur cabinet, se produit au fil du temps une sélection qui fonctionne dans les deux sens : le patient choisit son médecin, et le médecin, par sa façon de faire et d'être médecin va sélectionner ses patients.

Ce truc inexplicable des atome crochus.

Même si je les houspille, et qu'ils me font soupirer souvent, je les aime bien mes patients. Je me soucie d'eux. Parfois je me fais du souci pour eux.

Ce ne sont pas des membres de la famille; ni des amis; mais plus que des connaissances. Cela n'existe pas ailleurs qu'en médecine. Ils me font confiance, donc je leur dois de faire au mieux.

Une très grande partie de ce qui fait que mon métier est le plus beau du monde.

Et je rappelle que ce point n'est pas soumis à discussion -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 26 janvier 2008

Il y a quelques temps, consultation de mme T., patiente habituelle, pour pharyngite. Mais c'était très loin d'être son souci, visiblement.

Comme je lui demande ce jour là ce qui ne va pas, elle me dit tout, ayant bien évidemment besoin de s'épancher.

Ce qu'elle me raconte me met mal à l'aise, car en porte-à-faux.

Sa fille de 20 ans (je ne l'ai jamais vue qu'occasionnellement, elle a un autre médecin traitant) présente des gonflements au niveau du cou. D'après le confrère, ganglions. Elle a consulté en ORL, a été mise sous antibiotiques et corticoïdes une première fois, sans grand résultat, puis une deuxième fois, sans plus d'amélioration. On aurait alors trouver un 3° ganglion sous une aisselle. Pas d'altération de l'état général, bilans biologiques normaux me dit la patiente.

3 mois après le premier symptôme semble-t-il, elle est adressée au service hospitalier d'hématologie, où est prévu une radio des poumons et une ponction (rendez-vous fin janvier).

La patiente me demande alors si cela n'a pas été un peu long comme décision; que lui dire ? Oui, à mon avis. J'aurais pour ma part demandé la consultation dès le premier échec du traitement. Maintenant, c'est toujours facile de juger à distance et sur dossier ......

J'ai tenté de rassurer la patiente : sans doute rien du tout. Mais bon, in petto on pense lymphome ou sarcoïdose.

Hier, j'ai reçu les résultats du bilan biologique de suivi standard de mme T. (elle est hypertendue). Ce qui m'a ramené en mémoire cette consultation.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 26 janvier 2008

Revu hier m. P., 50 ans, patient habituel, avec les résultats de ses radios.

Il était venu pour lombalgies quasi chroniques, il y a déjà plusieurs mois, sans irradiations, sans sciatalgies. Puis il avait consulté à deux autres reprises pour le même problème. Anti-inflammatoire (Diclofénac), recommandations sur le port de charges et les mouvements, prescription d'une ceinture lombaire. Et récidive.

A la dernière consultation, j'ai alors prescris des radios centrée sur la 5° vertèbre lombaire, et par acquis de conscience, une radio du bassin.

Hier donc, à la lecture de la chose, petite surprise. 

On a effectivement un pincement net du disque entre L5 et S1, avec spondylolyse (l'arc postérieur de la vertèbre est rompu), sans spondylolithésis (glissement de la vertèbre supérieure sur celle inférieure dans un mouvement vers l'avant).

Ce qui peut tout à fait expliquer les symptômes, sans certitude non plus à vrai dire, car une spondylolyse est bien souvent silencieuse, et de découverte fortuite.

Mais sur la radio du bassin, arthrose des deux hanches assez nette. Le radiologue note même "évoluée". Alors que m. P. n'a aucune plainte à ce niveau, aucune gêne, aucun blocage, rien de rien.

Sauf que maintenant il s'est mis dans la tête qu'il allait être opéré sous peu pour une (ou des) prothèse de hanche. Je tente de lui expliquer qu'on en est pas là, que l'évolution de l'arthrose est souvent bizarre, qu'on a le temps de voir venir. Il n'est visiblement pas convaincu !

Prescription de diclofénac quelques jours, paracétamol au long cours éventuel, et adjonction de diacérhéine en continu. Cette molécule aurait peut être un effet antalgique, et de ralentissement de la lésion arthrosique.

Disons que pour ce dernier produit, j'ai comme un doute, mais que ça devrait faire du bien au moral de m. P. ......

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 26 janvier 2008
Suite à des échanges sur un forum médical, quelques précisions sur les données.

D'après les chiffres de l'InVS, on avait dans la période de référence (juste avant mise en route de la vaccination) 140 cas par an de méningites, taux de 8,7 pour 100 000, et 384 cas annuels de bactériémie, taux de 24 pour 100 000 (enfants de moins de 2 ans)

Avec un taux de vaccination de 56%, et compte tenu que la vaccin couvre 60% des souches présentes en France lors de la période de référence on devrait en théorie obtenir comme résultats :

méningite : 91 cas et taux de 5,7 pour 100 000; on a en réalité 96 cas et un taux de 6

bactériémie : 254 cas et un taux de 15,9 pour 100 000; on a en réalité 280 cas et un taux de 17,5

En outre, le passage de 12 à 37% de deux souches non vaccinales induit que le vaccin qui couvrait à l'origine 60% des cas potentiels, n'en couvre plus que moins de 50%.

Là on n'est plus chez les Bisounours°, mais dans le réel.

Pour ma part, en l'état actuel des données, j'en reste à préconiser les vaccins pentavalents (Diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, haemophilus), le rougeole-oreillon-rubéole, et à proposer hépatite B et papilloma.

Rappellons que la rumeur toujours circulante sur vaccin hépatite B et SEP est invalidée par les études. Ce qui n'empêchera de toute façon pas la rumeur de continuer ... (au passage vous pouvez lire un compte-rendu ici)
par le toubib publié dans : point de vue
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