Consultation hier de m. F., 49 ans, pour d'une part une toux avec extinction de voix, et d'autre part la prévision de sa bientôt
arrivante allergie annuelle.
Ces deux motifs ne sont pas, loin s'en faut, son problème principal.
Il n'est pas content, mais pas content du tout du suivi concernant son père, et me prend à témoin.
Son père a eu comme beaucoup d'homme à son âge des soucis de prostate. Et bien sûr, bien évidemment, inexorablement, on lui a dosé trois fois par an les PSA, supposés (mais par
qui, grands dieux ?) être un marqueur des problèmes de la prostate, depuis 3 ou 4 ans.
Et bien sûr, alors que les dosages ont toujours été "normaux", et devant une aggravation, et un toucher rectal posant question, une biopsie répond cancer.
Le fils est allé sur le net, et il est furieux que les confrères aient présenté à ses parents comme fiables et indispensables lesdits
dosages. En plus, il sait maintenant que l'option traitement n'est pas de façon certaine la meilleure, et ce alors que son père est déjà dans le tube devant l'amener à l'intervention.
Que lui dire ? Qu'effectivement, on a plus de questions que de réponses.
La médecine est infinie et le doute est notre lumière.
Consultation pour faire le point hier avec mme B., 45 ans, patiente habituelle.
Elle a donc vu le neurologue pour refaire un bilan concernant son problème de syndrome de défilé du membre supérieur gauche.
Elle présente cette pathologie depuis 10 ans, avec des fluctuations dans l'importance liées en quasi totalité à la qualité de son observance du traitement de référence, à savoir la
kinésithérapie.
Le principe de la chose est simple : les nerfs et vaisseaux se retrouvent coincés lors de leur passage du cou vers l'épaule entre os, muscles et tendons.
Pour ce qui est de cette patiente, elle n'a pas de déficit important, pas d'amyotrophie (fonte musculaire), ce sont essentiellement
les douleurs qui la gênent, d'autant qu'elle est gauchère.
Elle a un traitement médicamenteux par Rivotril°, mais c'est surtout la kiné qui permet d'améliorer sa situation. Quand elle y
va.
Le bilan est sensiblement identique à celui d'il y a 5 ans. Le confrère propose très éventuellement d'essayer une autre molécule, type
le très à la mode actuellement Lyrica°, mais insiste bien sûr surtout sur l'absolue nécessité de la kiné.
Et je redis donc une fois de plus à la patiente que non, la chirurgie n'est pas une solution dans son cas, qu'en plus ça marche assez
mal, que tout repose sur sa constance et son hygiène de vie, notamment son positionnement de bras lors du sommeil.
Soyons clair. Je comprend bien toutes les implications qui iraient avec l'acceptation de la situation, et donc la logique du refus de
voir les choses en face. Mais c'est un peu pénible à la longue d'expliquer et de ré-expliquer, surtout au téléphone.
Une patiente d'un âge, dont l'état de santé se dégrade, et qui a du mal à se gérer seule. Deux enfants, n'habitant pas à proximité
immédiate, mais présents.
Premier problème : l'un pense que la maison de retraite est incontournable, l'autre refuse de l'envisager. Chacun me prend à
témoin.
Deuxième problème : étant donné qu'il y a une composante dépressive, dès que la patiente est sortie de son contexte et stimulée, comme
lorsqu'elle est chez sa fille (enfant numéro 2), elle est cliniquement bien mieux qu'à domicile, ça je n'en doute absolument pas. Mais l'enfant numéro 1, qui habite plus près et vient voir sa
mère à la maison, n'a pas la même perception.
Troisième problème : la patiente, ce qui se comprend fort bien, est hésitante; elle se rend bien compte de ses difficultés, celles-ci étant physiques et non intellectuelles, mais quitter son chez
soi ...
Cela fait un moment déjà que nous avons organisé les choses au mieux : infirmière, aide à domicile, portage des repas, ....
Mais les étages et les escaliers sont là.
Je n'ai pas de solution miracle, et je m'use à l'expliquer.
Consultation samedi matin de mme P., 42 ans, patiente habituelle, aux antécédents de sciatiques multiples, dont une fort rebelle ayant
in fine baissé pavillon après deux infiltrations sur du L5 à gauche.
Elle revient après IRM de l'ensemble de la colonne et avis neurologique, vu que je ne savais plus quoi faire pour elle, qui présentait
à un moment une atteinte du bras droit, une sciatique S1 gauche, et un chipatouillage intermittent de type L5 droit.
Anti-inflammatoire, ceinture lombaire, repos. Amélioration sans résolution franche dans un premier et même un deuxième temps.
Lors donc, l'imagerie retrouve des discopathies étagées en C3/C4, T10/T11, L4/L5 et L5/S1. Plus ou moins importantes.
Bien entendu, quand elle a vu la consoeur, les symptômes avaient régressé, mais les images comme l'EMG étaient nets et sans bavure.
La conclusion a été de continuer le traitement en cours.
Les questions de la patiente concernent bien entendu rechute et récidive. Ce sur quoi je suis bien en peine pour lui répondre.
Du "je ne sais pas" en cascade.
Effet du réchauffement de la planète sans doute, nous sommes envahis lentement mais sûrement par des indésirables inconnus il y a
encore quelques années. Ou du moins fort rares alors.
Cette semaine, deux cas semblables, dont un hier.
Deux patients adultes, sains de corps et d'esprit, à la vivacité d'esprit normal. Qui ont eux tous deux le mauvais réflexe.
Au sol, un tortillon pelucheux qui avance lentement : procession de chenilles.
La mauvaise idée, c'est de vouloir, pour protéger enfants ou animaux de compagnie, ramasser ou balayer, en se baissant donc : on se retrouve vite fait bien fait avec des sensations de brûlures,
une gratte intense, et de jolies plaques de type urticaire.
Seules solutions : avant, traiter ou couper la branche qui supporte le nid et brûler; après, écraser en portant des bottes et un
pantalon épais, et ramasser ensuite en portant des gants.
Toutes les années, on a droit à quelques cas : jamais dangereux chez l'adulte, assez facile à traiter, mais extrêment désagréable à priori !
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