Vue hier mme D., 51 ans, qui vient pour un syndrome grippal. J'en profite pour lui demander où en est son dossier avec sa caisse de sécu.
En effet, cette patiente a présenté une maladie professionnelle, a été opérée, a été en arrêt de travail un temps. Mais lors de la reprise de son travail, elle a présenté un problème de tendinite, et sur avis du médecin du travail, nous avons mis en place un mi-temps thérapeutique pendant trois mois.
Ce de juillet à septembre dernier. Une semaine après la reprise à temps complet, elle reçoit un courrier de sa caisse qui conteste le bien fondé de l'arrêt et demande une expertise. Je rédige donc le dossier, elle va voir l'expert, lequel confirme (nous sommes alors fin octobre : je ne vois pas comment on peu juger de quoi que ce soit en médical 4 mois après les faits, mais passons).
Et hier donc, six mois après le début de l'arrêt à mi-temps, deux mois après la clôture du dossier, elle m'apprends qu'elle n'a encore rien perçu comme indemnités; son dossier serait "en cours de traitement".
Vu hier m. K., 29 ans, qui m'a dit au téléphone avoir un problème de peau sur la verge, le traitement prescrit par un confrère depuis deux mois étant inefficace.
Quand je le vois, il me dit donc avoir noté ces excroissances sur la peau depuis trois mois environ, avoir consulté après un mois car cela persistait. Le confrère n'aurait même pas examiné le patient, prescrit des examens biologiques (qu'il n'a malheureusement pas apportés) et une crème anti-fongique.
A l'examen, on retrouve en effet des excroissances de type "champignon boursouflé". A priori condylomes liés à un papilloma virus. Je demande une sérologie, lui fait un mot pour aller chez le dermatologue, et lui demande de dire à sa femme, et partenaires sexuels, de consulter à ce sujet.
Théoriquement, ces condylomes peuvent régresser en quelques mois. Il est plus simple de les faire enlever : ablation chirugicale, laser, électro-coagulation.
Vue hier Jeanne et Louise, 8 ans, fausses jumelles, et leur mère. Jeanne a de la fièvre, des courbatures, tousse. Louise a mal à la gorge et le nez qui coule. Leur maman a de la fièvre, tousse, a des courbatures, des céphalées.
J'examine Jeanne d'abord. Syndrome grippal typique. Paracétamol, ibuprofène, anti-tussif. Puis c'est le tour de Louise : rhino-pharyngite. Corticoïdes locaux, paracétamol en cas de fièvre. Enfin leur mère, syndrome grippal, même prescriptions que sa fille, en dosage adulte bien sûr !
Alors que je signe les ordonnances, je vois Louise qui me regarde d'un oeil dubitatif. Elle se lance : "et pourquoi Jeanne elle a comme maman et pas moi ?"
Et oui, pourquoi ?
Je contourne la difficulté : "parce que tu n'as pas attrappé le même microbe"
Heureusement, elle se contente de la réponse !
L'article précédent me fait penser à un élément très important de notre pratique en médecine générale : l'interrogatoire.
Ecouter le patient raconter son problème, en coupant ceux qui délayent et remontent aux origines de l'homme, puis lui poser quelques questions pour préciser tel ou tel point, éliminer certaines possibilités par d'autres questions.
Cela peut sembler un peu trop directif, policier voire inquisiteur, mais cela permet bien souvent d'avoir une orientation très précise avant l'examen. Et quelques fois, l'examen est presque même inutile !
Le gros souci, c'est le patient qui vient avec plusieurs problèmes : on peut presque parier qu'il va s'attarder sur celui qui est mineur, mais bien visible ou gênant, et on a beaucoup de mal à le recentrer sur celui qui est en réalité le plus important. Dans ces cas là, il ne faut pas hésiter à lui donner rendez-vous pour examiner cela tranquillement.
Vue hier Juana, 15 ans, pour , d'après la maman, "des tâches rouges partout sur le corps".
Cela a commencé par une plaque au dessus du sein droit, "avec des petites peaux", apparue lundi. Puis sont apparues d'autres plaques, des tâches "avec la peau toute fripée", qui ont envahi le thorax et l'abdomen. Il n'y a pas de prurit.
La face, les membres ne sont pas touchés. Les tâches sont en médaillon, frippées au centre, très rouges sur les bords. La première tâche, bien visible, plus grosse, présente une desquamation à la limite entre le bord et la zone centrale.
Il s'agit d'un pityriasis rosé de Gibert typique. La cause en est inconnue. L'éruption s'étend pendant une à deux semaines, puis régresse spontanément en 4 à 6 semaines.
Il n'y a pas de traitement spécifique, on peut prescrire un anti-histaminique en cas de prurit.
Dans le cas de Juana, je les rassure elle et sa maman, je ne prescris rien.
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