Vendredi 29 décembre 2006
Vue hier mme C., 36 ans, qui vient pour légers vertiges. Elle a en outre un bon rhume.
Cette patiente est totalement cancérophobe, elle redoute notamment une tumeur cérébrale, et toute pathologie touchant une partie située au dessus du nez entraîne nécessairement un questionnement à ce sujet.
C'est incontrôlable, elle sait qu'elle est ridicule, elle le dit, mais ne peut s'en empêcher.
Il faut donc expliquer à chaque fois, répéter le même discours. Cette phobie peut paraître drôle vue de l'extérieur, mais comme toute peur irrationnelle, c'est pour le patient une réalité, qui ne peut être que contournée, jusqu'à la prochaine fois. La seule solution durable est de faire une psychothérapie, la plupart des phobies répondant à ce traitement. Encore faut-il pouvoir affronter directement le problème.
Pour mme C., ces vertiges proviennent de la conjugaison de ce rhume, inflammant les trompes d'Eustache, et d'un petit bouchon de cerumen à l'oreille droite. Le lavage de l'oreille, en enlevant le bouchon, résoud la question.
Vue hier, au milieu des gastros et des toux, mme C., 52 ans, qui a passé Noël en montagne, et a fait un peu de ski.
Elle a une douleur précise (en jargon médical, on dit "exquise", ce qui est délicieux, non ?) du genou gauche sur la face interne. Pas de tiroir à la mobilisation, mais sensation d'arrêt-reprise. La marche n'est pas douloureuse, mais la montée d'escalier oui.
Très probablement un problème de ménisque. Courrier à un orthopédiste, l'arthroscopie est presque certaine.
Antalgiques pour le cas où en attendant.
Vue hier la jeune patiente qui n'a pu trouver un suivi pour accouchement à domicile. Elle ne vient pas pour sa grossesse, enfin pas directement.
Elle travaille dans une petite entreprise, elle est en CNE. On lui a promis un passage en CDI le 2 janvier. La femme de son patron vient d'accoucher. Elle lui a dit incidemment qu'elle est enceinte. Elle vient de recevoir une lettre recommandée de son entreprise lui annonçant que sa démission, qu'elle n'a bien sûr jamais posée, est acceptée !!!
Elle est en pleurs quand je la reçois. Je ne peux pas faire grand chose d'autre que de lui prescrire 3 jours d'arrêt de travail.
Elle me dit qu'elle va demander à être licenciée dans les formes.
Vendredi 22 décembre 2006
J'ai relu hier l'article de la revue Prescrire n° 272 sur le sujet. Les conclusions n'en sont guère en faveur du dépistage par mammographies systématiques.
Le bénéfice en terme de mortalité totale (= espérance de vie) n'est pas démontré. Les études sur le sujet sont d'un faible niveau de preuve. Environ 60% des anomalies détectées sont des "faux positifs" (= pas de cancer en fait), ce qui engendre anxiété et examens inutiles en réalité.
Au total, la revue conclue en considérant qu'avant 50 ans la balance bénéfice-risque est défavorable; qu'après 70 ans, on n'a pas de preuve d'efficacité; et qu'entre 50 et 70 ans, les bénéfices sont hypothétiques.
Sachant que le dépistage systématisé pour toute la population visée coûterait 150 millions d'euros par an, on peut se demander si ces sommes ne seraient pas plus utiles ailleurs.
En tout état de cause, il nous faudrait des études fiables, menées au niveau européen vu le recrutement nécessaire (1 million de femmes pour une étude correcte), pour pouvoir conclure de façon certaine.
Vendredi 22 décembre 2006
Vu hier m. V., 31 ans, qui vient pour douleurs dentaires après traitement d'une carie et gonflement du cou.
En fait, il a un impressionnant oedème sous-maxillaire droit, chaud, douloureux, de la fièvre, il se plaint d'un goût "bizarre" en bouche.
A la pression du cou oedèmatié, je vois sourdre du pus. Il s'agit donc d'une atteinte infectieuse de la glande salivaire sous-maxillaire. Antibiotiques combinés, antalgiques. Cela sera juste pour Noël !
Il se plaint de son dentiste. Je lui dit que ce genre de chose, c'est un peu la fatalité, tous les soins avec inflammation ne vont pas donner une infection loco-régionale.
Je ne crois pas qu'il gardera le même dentiste.
Commentaires