Vue vendredi mme E., 74 ans, qui vient pour surveillance d'hypertension artérielle, et renouvellement du traitement. C'est une patiente que je connais depuis plus de 10 ans, et depuis toujours, je me bats (en vain) pour qu'elle prenne correctement son traitement, qui comprend deux comprimés le matin.
Etant donné la date à laquelle elle revient, je sais pertinement qu'elle n'a pas pris correctement son traitement, c'est mathématiquement impossible, il y a trois semaines de battement.
Elle se plaint d'entrée de fatigue, de maux de tête, de vertiges.
Je la fais allongée, et attends quelques minutes de repos. Première prise : 192/107. Bon, ne nous énervons pas, attendons encore un peu. Cinq minutes plus tard, vérification par le réveil sur le bureau : 183/105. On attend encore cinq minutes de plus : 175/102.
Je ré-explique pour la 300° fois à mme E. que son traitement est extrêment important, que tous ses petits maux proviennent de là, qu'elle risque de faire un accident vasculaire cérébral, et de se retrouver hémiplégique.
Oh, elle m'écoute, me promet de faire attention, et je sais que pendant quelques semaines ça sera le cas. Mais dès l'amélioration des symptômes, la prise des médicaments sera beaucoup plus aléatoire et irrégulière.
Vox in deserto, me dis-je.
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