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Vendredi 25 janvier 2008

Une prise de poids. Conséquente. Plutôt. Enfin, franchement conséquente même. 12 kg en 6 mois.

Revue hier mme T., 62 ans, patiente à moitié habituelle. Je dis à moitié, car depuis sa retraite, avec son mari, ils naviguent entre ici, et une maison dans le Gard.

Elle a été opérée il y a six mois en deux fois à 48h d'intervalle d'un hallux valgus bilatéral, et a fait sa convalescence et sa rééducation là-bas.

N'ayant guère bougé, et pour cause, elle s'est vengée sur chocolats et douceurs, et évidemment, zou ....

Non moins évidemment, elle a en conséquence des douleurs aux genoux, le souffle court, des palpitations.

Et une tension artérielle qui n'est plus équilibrée par le traitement habituel. 160/95, à plusieurs reprises, obstinément. Elle me dit qu'elle a toujours bien pris son traitement, et que c'est le chirurgien orthopédiste qui le lui a renouvellé. Elle n'est pas allé voir de confrère généraliste ....

Je lui donne un régime à suivre, on ne va rien ajouter pour l'instant, on va suivre l'évolution en fonction de la perte de poids. Si cette dernière est correcte et régulière, on devrait pouvoir retrouver l'équilibre tensionnel sans avoir besoin d'autre chose.

On prend rendez-vous pour dans un peu plus de deux semaines, elle part chez sa fille en Savoie.

Je lui conseille en souriant d'éviter le trio infernal de l'hiver : tartiflette, raclette, fondue. Elle me promet qu'elle n'y songera même pas -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 25 janvier 2008

1°/ Ayant posé la question "quelqu'un a-t-il une idée des coûts journaliers actuels en hospitalisation ? " , on m'a fourni la réponse suivante :

hospitalisation à domicile : 301,69 euros par jour
service de médecine (base) : 701,58 euros par jour
service de médecine coûteux : 1 029 euros par jour
hospitalisation de jour : 1 239,47 euros par jour
chirurgie (moyenne des services) : 1 391,48 euros
moyenne des spécialités coûteuses (réanimation, ...) : 2 291,87 euros

Le coût moyen dans un établissement pour personnes dépendantes est de 80 à 120 euros. Dans certains services hospitaliers, 50% des lits sont occupés par ce genre de patients, faute d'établissements ad hoc en aval .......

2°/ Certains nous promettent un retour à l'équilibre démographique pour 2025, les arrivants étants alors aussi nombreux que les partants.

Voilà qui semble très très optimiste, surtout en ce qui concerne la médecine générale.

Cela suppose que la totalité des arrivants travaillent, et travaillent à temps complets. Et s'installent pour les libéraux immédiatement après leur thèse et non comme actuellement 10 ans après. Et fassent plutôt 60h par semaine comme les partants que 48h .... Gros doute.

Plus gros doute encore pour la médecine générale. Les partants sont à 65% généralistes, les arrivants devraient l'être d'après nos soi-disant spécialistes à 60%.

Or en 2004, nos confrères et consoeurs qui finissent ces temps ont été 36% à choisir la médecine générale. Et ce avant de tenir compte que certains vont s'orienter vers urgentiste, gériatre, allergologue ou phlébologue. La réalité est plus près des 30%. Et pour longtemps.

Jusqu'ici tout va bien.

par le toubib publié dans : brèves
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Vendredi 25 janvier 2008

Ainsi donc, la Féderation nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM) vient de sortir les premiers chiffres de l'étude "Mission".

Cette étude, financée par l'industriel Theramex, avec 800 gynécologues libéraux participants, prétend démontrer que le traitement hormonal substitutif de la ménopause "à la française" (molécules différentes de celles utilisées par les Anglo-saxons) n'induit pas une augmentation du risque de cancer du sein, contrairement à ce qui a été prouvé par les études WHI (USA, 2002) et MWS (GB, 2003).

D'après les promoteurs de l'étude, les résultats à un an montre une diminution du risque dans le groupe traité.

Le problème concernant ces conclusions est double d'après les épidémiologistes.

D'une part, les études WHI et MWS montraient que les cancers surnuméraires apparaissent après la première année de traitement ...

Surtout, d'après le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), organisme de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'étude elle-même est totalement faussée et sans valeur, critique émise dès 2007.

En effet, il apparait que les deux groupes considérés (patientes traitées / patientes non-traitées) ne sont pas homogènes et comparables.

Par exemple, les femmes du groupe "traitement" sont en moyenne plus grandes, plus minces et plus jeunes. Le groupe "non-traitées" compte deux fois plus d'obèses.

Or, il s'agit de facteurs connus de modulations du risque spontané de cancer du sein.

Pour le CIRC, il est et sera impossible de tirer quoi que ce soit de cette étude.

Peut-on croire autre chose que le fait que cette "étude" a été truquée dès le départ pour obtenir les résultats voulus ?

Il y a actuellement en France environ 20% des femmes ménopausées qui suivent un traitement hormonal, soit 2 millions.

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 24 janvier 2008

Tout ce toutim qui est aussi l'exercice (presque) quotidien du médecin libéral.

Hier, j'ai envoyé ma cotisation d'adhésion à mon AGA (en compta aussi ils donnent dans les acronymes : association de gestion agréée).

Un organisme à qui je vais adresser un peu avant la date limite une copie de ma déclaration d'impôt professionnelle (2035 de son petit nom).

Je suis adhérent de cette AGA depuis mes débuts, et pour plusieurs raisons.

1°/ ça permet un avantage fiscal, correspondant à l'ex -20% des salariés. Maintenant, ça permet d'éviter une augmentation virtuelle de 25%

2°/ ça oblige à se tenir à peu près à jour en compta, pour ceux qui auraient comme moi en la matière une nette tendance à la procrastination. (et encore, les dieux monétaires soient bénis, on n'a pas la TVA !!!)

3°/ ça fait une vérification de cohérence de la comptabilité.

4°/ et ça ne coûte que 160 euros par an.

En fait sinon au niveau impôts, au moins pour les médecins de secteur 1 (strict respect des tarifs sécu), ils ne s'embêtent guère : ils rapprochent les chiffres sécu (ce qu'on appelle le SNIR) de la déclaration. Ce qui fait qu'un médecin de secteur un sans activité et revenus annexes est en moyenne contrôlé tous les ... 37 ans, d'après ce que j'ai lu, donc moins d'une fois par carrière.

Pour ma part, je me suis toujours retrouvé à déclarer légèrement plus que ce que m'indique le relevé sécu !!! (qui arrive toujours trop tard pour servir de base à la déclaration, d'ailleurs)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 24 janvier 2008

iconoclaste toujours. Et encore une question dérangeante, une !

Nous sommes censés (arrêt Mercier, Cassation, 1936) donner nos soins de façon attentive et en fonction des données actuelles de la science. Autrement dit d'après des preuves (EBM en anglais acronymique standard).

Faute de quoi, nous sommes susceptibles d'être poursuivis, notamment pour thérapeutique non éprouvée, défaut d'information et/ou pour perte de chances.

J'ai donc posé les questions suivantes :

1°/  mme X. est une patiente avec un cholestérol à 2,6 g, fumeuse, hypertendue. En l'état actuel de la science, les études démontrent que lui prescrire l'un des hypocholestérolémiants disponibles ne changera rien en terme de morbi-mortalité globales. 

Une telle prescription peut-elle être considérée autrement que comme une thérapeutique non-éprouvée ?

2°/ m. X. est un patient diabétique de type 2, angoreux, cholestérol à 2,6 g. Les études démontrent qu'il faut traiter par un hypocholestérolémiant. Mais seules simvastatine et pravastatine ont des preuves en termes de morbi-mortalité globales.

La prescription d'une autre molécule peut-elle être considérée autrement que comme une perte de chance pour le patient ? (surtout si je mets de l'atorvastatine qui a un léger problème avec la glycémie ...; un fibrate, ou de l'ézétimibe)

3°/ Dans ce genre de chose, ce qui m'étonne depuis au moins 5 ans, c'est l'absence de procès collectif par une association de femmes ayant eu un cancer du sein alors qu'elles avaient pris ou prenaient encore un traitement hormonal.

L'industriel, le gynéco : défaut d'information, pertes de chances. Alors ?

par le toubib publié dans : remise en cause
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