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Lundi 26 mai 2008

Samedi matin, consultation de m. B., 45 ans, patient habituel, qui consulte peu, sans antécédent particulier, aucun traitement en cours, pour "vous allez trouver cela idiot".

En fait généralement, quand le patient me dit ça, surtout les non hypochondriaques du type de m. B., je trouve plutôt cela inquiétant.

Il commence donc par me dire qu'il a bien cherché comment décrire son problème au mieux, mais qu'il ne voit qu'une façon de le dire : depuis deux semaines environ, par crises, et de plus en plus fréquentes, il a un poids dans l'abdomen, au niveau du nombril.

Un poids : ça ne brûle pas, ça ne tord pas, ça ne pique pas, ça pèse. Pas très douloureux, mais bien présent.

Pas de signe de reflux, pas de troubles du transit, pas de sang dans les selles, pas de signes urinaires, pas de fièvre, aucune relation avec les horaires de quoi que ce soit, notamment les repas, pas de prise médicamenteuse. Aucune irradiation. Pas de facteur déclenchant à priori, pas de position antalgique, rien qui calme vraiment, ça passe tout seul en dix à quinze minutes. Aucun changement dans les habitudes. Pas de fatigue inhabituelle, ni de stress.

Il a fait un bilan sécu il y a trois mois : normal, rien à signaler. Pas d'antécédent familial de quoi que ce soit de notable. Il ne fume pas, il ne boit que très rarement de l'alcool.

Evidemment, palpation, auscultation, rien de rien.

Je suis dans le noir complet. Mais alors, total. Aucune idée. Ce que je lui dis.

On va faire un ASP (radio simple de l'abdomen) et une échographie, plus un petit tour biologique de la question.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 26 mai 2008

Ou presque.

A deux reprises la semaine passée, j'ai eu le même type de consultations, qui revient en fait de temps en temps, pendant lesquelles lors de l'interrogatoire, quand ce n'est pas tout du long, le patient reste sourd aux questions et continue sur sa lancée.

Le premier patient était venu pour une banale allergie saisonnière bien connue, d'ailleurs peu virulente grâce aux précipitations. Patient habituel, sans problème particulier.

Première fois qu'il se comporte ainsi, il a fallu qu'il me décrive absolument tout dans le moindre détail, alors qu'il a cette allergie depuis peut-être 20 ans, et que je le traite depuis au moins 12 ans. Bon, surtout que l'allergie aux pollens, hein, sur le trio classique nez-gorge-yeux, il n'y a pas vraiment de quoi écrire un roman !

La seconde patiente, habituelle elle aussi, va me redire exactement de la même façon, avec les mêmes mots, dans le même ordre, la même chose, à toutes mes demandes de précisions concernant sa lombo-sciatalgie fessière droite, ce qui fait que je n'aurai au final pas un élément de plus après 20 minutes qu'au bout de 2 ! Impossible de la faire sortir d'un sillon qui semble en totalité tracé.

La question est de savoir si cela signifie quelque chose, ou si c'est tout simplement la fatigue (fin de journée les deux fois), la peur d'oublier une information, ou la volonté d'en finir au plus vite en étant exhaustif qui joue.

Toujours un peu bizarre quand même comme consultation -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 26 mai 2008

Voilà que la presse professionnelle se penche (enfin, pourrait-on dire) un peu sur le bouzin.

Dans notre groupe de têtes de bois, on ricane sur l'air de "6 ans qu'on vous le serine".

Six ans que certains CDO (conseil départemental de l'ordre) nous soutiennent oralement que mais non, il n'y a et n'y aura aucun problème, mais que comme par hasard pas un n'accepte de le mettre noir sur blanc.

Six ans de refus de réponse du ministère, du CNO (le national de l'ordre), des groupes parlementaires, des députés contactés individuellement (dont le rapporteur de la mission sur l'égalité de l'accès aux soins, et les 11 membres de la mission d'information sur l'offre de soin, au total 14 députés joints depuis le début de l'année, le seul à avoir répondu étant M. le député Gremetz, pour nous dire qu'il posait une question écrite au ministère sur le sujet).

Six ans que nous disons que l'on demande au généraliste de travailler dans l'illégalité.

Et encore, le cas précis n'aborde la question que par la bande, pas frontalement.

On peut lire un article par exemple ici.

par le toubib publié dans : point de vue
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Samedi 24 mai 2008

Consultation hier de mme T., 60 ans, patiente habituelle, mais que je vois fort peu, heureusement pour elle !

Sauf que là, on a un problème.

Depuis deux mois environ, elle a des fourmis dans la jambe gauche, des à-coups d'électricité, et le genou qui se dérobe un peu par moment. Elle n'a rien pris d'autre que du paracétamol, ça passe un peu, ça revient.

La description du trajet est claire, nette, précise.

A l'examen, les réflexes sont présents et symétriques, pas de Babinski, mais la sensibilité profonde est perturbée : le diapason est quasiment non perçu sur la malléole externe.

Et les tests musculaires sont sans appel : les mouvements du pied sont possibles, mais il y a une assymétrie très importante dans la force par rapport au côté opposé, dans les deux sens.

Je lui dis donc qu'il nous faut des examens, notamment un scanner, très vite : et bien sûr, c'est hors de question, elle a enfants et petits-enfants pour le week-end. Mais pourquoi est-ce qu'il faut toujours qu'ils viennent le vendredi ou après 18h dans ces cas là ???

Et puis me dit-elle, ça fait deux mois, ça attendra bien la semaine prochaine, non ?

Vox in deserto.

Diclofenac, demande de scanner en urgence (le radio me rappelle : mardi), et si le pied tombe sans pouvoir le relever, filer aux urgences illico.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 24 mai 2008

Débat sur un forum médical concernant la classe médicamenteuse des glitazones.

Certains (on ne leur demande pas de signaler les conflits d'intérêt) mettant en avant qu'une molécule aurait démontré ne pas avoir les effets secondaires cardiaques de la concurrente.

En omettant soigneusement de préciser qu'elle en a d'autres, et plus que notables.

En omettant surtout de préciser que l'ensemble de la classe de produits n'a jamais démontré son efficacité. Mais alors ce qui s'appelle rien de rien, nada, voilou, en terme de morbi-mortalité totale.

Comment peut-on en 2008 sérieusement parler d'une thérapeutique en se basant sur des critères intermédiaires à l'intérêt et à la fiabilité douteuse ?

Grâce à l'intervention de :

A/ la fluidification des rapports sociaux

B/ la stupéfiante et incommensurable stupidité humaine

C/ l'absence de culture scientifique de notre profession

D/ Obi Wan Kenobi

(plusieurs réponses possibles)

Sinon pour un avis scientifique voir par exemple Prescrire.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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