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Vendredi 25 avril 2008

Hier, consultation de m. T., 62 ans, patient habituel, suivi depuis des années, donc bien connu, hypertendu, bien équilibré par son traitement.

Il revient avec ses résultats biologiques, et il fait la tête. Et sans regarder, je sais déjà pourquoi.

La glycémie. Il a eu et a des parents et grands-parents diabétiques, il a vu les amputations, la dialyse, la cécité. Il a du coup une peur bleue, et pour tout dire quasi phobique du diabète.

Et là, très clairement, il est dans le rouge.

Il vient donc comme pour entendre sa condamnation, résigné à son sort.

Sauf que, d'abord on ne va pas s'énerver, on va voir si on ne peut pas reperdre ces quelques kilos pris depuis les fêtes; et qu'ensuite, lui il ne fume pas, il ne boit pas d'alcool de façon excessive, et qu'il prend son traitement correctement.

En tout état de cause, il doit revoir l'ophtalmo en juin (suivi prévu antérieurement), il essaie de se mettre au régime, on redose dans quelques temps, et on voit si on est amené à traiter.

Bon, il faudra gérer ça, si on l'inscrit "officiellement" comme diabétique, même prévenu comme il est, il va très très mal le prendre. Le fait est que de toute façon un jour ou l'autre, inexorablement je le crains, il sera de l'autre côté de la barrière.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 25 avril 2008

MEP

Modes d'exercices particuliers (les acronymes !) : tout ce qui n'est pas de l'allopathie, du standard, donc.

Hier, une fois de plus question sur "que pensez-vous de l'homéopathie ?" (patiente récente, arrivée sur la ville depuis peu).

Pour l'homéopathie, c'est simple, il n'y a pas une étude qui démontre que ce soit autre chose que du placebo. Scientifiquement, ça ne tient pas la route.

Ce qui n'est pas le cas de l'acupuncture, ou de la mésothérapie, pour lesquelles on a quelques données qui sont positives. Peu certes, mais en même temps, comme il n'y a pas un produit à vendre, et que mettre en place une étude, c'est hors de prix ......

Donc, pour ces trois MEP au moins, j'indique toujours que je n'y vois pas d'inconvénient, à condition que ce ne soit pas à la place d'un traitement classique ayant fait ses preuves.

Parce que, soyons réalistes, le nombre de thérapeutiques non-éprouvées (comme on dit), ou dont l'utilisation relève carrément du charlatanisme, vu les études ayant démontrées leur inutilité, il y en a pléthore en médication classique.

Utilisation d'un fibrate contre le cholestérol ? charlatanisme

Atorvastatine prescrite sur un LDL supposé haut ? charlatanisme

Prescription d'un supposé anti-alzheimer quel qu'il soit ? charlatanisme

Donc, vu les coûts induits, il faudrait peut être songer à dégager les poutres, avant de s'occuper de la paille.

Et comme je n'ai pas vraiment l'impression que c'est pour demain, je n'ai aucun scrupule à noter les poudres de perlimpinpin que sont les 5 ou 9 CH, à condition que les patients me fournissent une prescription antérieure, étant donné que je n'y connais absolument rien.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 24 avril 2008

Il se trouve qu'en chimie de fabrication des médicaments, très souvent, un industriel peut, pour redéposer un brevet sur une molécule qui tombe dans le domaine public, et est donc génériquable, bidouiller son produit, ajouter ou enlever un bout, ou bien en faire un en miroir, comme un escalier en colimaçon qui partirait soit à droite, soit à gauche.

C'est alors bien le diable s'il n'arrive pas à mettre en avant sa "nouveauté" à coups de cadeaux, d'invitations, de publi-reportages et d'études bidonnées faites par les stipendiés habituels.

Exemples nombreux et facilement mis en évidence ces temps : les anti-histaminiques (= anti-allergiques).

On avait la Clarityne°, génériquée, loratadine. L'industriel nous fait une desloratadine.

On avait le Zyrtec°, génériqué, cetirizine. L'industriel nous fait la lévocétirizine.

Progrès, zéro.

Mais par contre, ça sort à tour de bras des services de pneumo-allergologies, avec les pollens qui sont de retour.

Comme je n'aime pas être pris pour un imbécile trop longtemps, et que le niveau de dividende de l'actionnaire moyen ne m'intéresse pas, je modifie systématiquement, et reviens aux bonnes vieilles molécules.

Avec explications de texte pour le patient. Nombreuses explications, ces temps -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 24 avril 2008

Nouvelle consultation de mme D., 35 ans, patiente connue mais dont je ne suis pas le médecin traitant (je crois qu'elle n'en a pas).

Ellle était venue il y a six semaines environ pour des douleurs abdominales droites, et radio et échographie avaient mis en évidence l'existence de cailloux dans la vésicule.

Opération faite par coelioscopie il y a presque un mois.

Patiente revue il y a deux semaines, car la cicatrisation des points de coelioscopie tardait un peu, avec des infections locales. Traitement à ce moment là par povidone iodée en gel.

Elle me rappelle car elle présente depuis quelques jours des douleurs abdominales droites, hautes, de plus en plus fortes au fil des jours, gagnant en intensivité dans la journée, rythmées par les repas.

A l'examen, l'abdomen est tendu, difficilement palpable, mais pas hyperalgique. Pas de fièvre, pas de signes urinaires, constipation mais pas d'arrêt, pas de nausées. Les points sont fermés et propres.

On va faire une radio, une échographie, et il va falloir probablement recontacter le chirurgien.

Non, ça ne repousse pas, et on ne peut refaire un caillou.

Je pense plutôt à une adhérence, une attache crée par l'inflammation due à l'opération, qui colle des organes entre eux.

A suivre.

 

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 23 avril 2008

Consultation hier de mme P., 71 ans, patiente habituelle, sans antécédent particulier sauf une arthrose de la colonne, sans traitement chronique.

Elle se plaint de sa hanche gauche, elle a mal, elle boîte, elle a besoin d'être opérée, il doit lui falloir une prothèse.

Il faut dire, et là tout s'explique, que son mari, 73 ans, vient d'avoir une totale de la hanche, tiens à gauche aussi d'ailleurs. Et que cela a été miraculeux sur le plan fonctionnel, comme presque toujours !

Elle entre donc en boîtant et en grimaçant.

Mais à l'examen, la douleur est très externe, sur le grand trochanter. La mobilisation active déclenche la douleur, la mobilisation passive se fait sans problème. Cela ressemble plutôt à de la tendinite.

On va quand même faire une radio, et oui, on jette un coup d'oeil à la colonne lombaire qui n'a pas été vérifiée depuis deux ans.

Je lui rappelle quand même en souriant que de toute façon pour la colonne on ne prothèse pas !

Elle revient un peu plus tard avec les radios : les hanches sont parfaites, mais on a des calcifications là où il n'en faudrait pas vers ce grand trochanter ....

Anti-inflammatoire, protection de l'estomac, on verra pour de la kiné.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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