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Jeudi 22 novembre 2007

On vient d'apprendre deux nouvelles aux sujets de deux produits sans lien entre eux, autre le fait qu'il faut toujours considérer les nouveaux médicaments, innovations innovantes qui vont résoudre tous les problèmes de l'humanité souffrante, avec le plus grand recul.

Voir même ne pas les considérer du tout, et les laisser sur le bord de la route jusqu'à ce qu'on soit sûr, en gros jusqu'à ce que d'autres aient payé les pots cassés.

Premier produit, le Champix°. Merveille de la technique qui devait résoudre le problème de la dépendance tabagique (et accessoirement faire monter les bénéfices de l'industriel concerné).

Mais voilà; outre le fait que son efficacité est des plus sujettes à caution, avec un taux de réussite à un an d'environ 12%, on apprend ces jours que les autorités américaines l'ont mis sous surveillance à cause d'effets secondaires de types psychiques, notamment des pensées suicidaires. Tout cela est annoncé avec des pincettes, très officiellement il n'y a pas de lien démontré pour l'instant.

Voui, voui, voui. Personnellement, je continuerai à ne pas le prescrire.

Deuxième cas, celui du Protelos°, traitement de l'ostéoporose, qui vient d'obtenir un prix récompensant l'innovation thérapeutique. Nouvelle qui se téléscope des plus fâcheusement pour l'industriel  avec l'annonce de 16 cas en Europe, dont 13 en France, d'allergie grave, dont deux cas mortels. Et le produit est sorti en France en 2006.

Comme innovation thérapeutique, ça se pose un peu là !

Pour ma part, prescription à ce jour, zéro, et le compteur devrait rester bloqué.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Mardi 20 novembre 2007

Les produits sont de plus en plus chers à sortir et leur avenir incertain ? Des AMM sont refusées, des études montrent le danger des nouvelles molécules qui risquent de se voir retirées ? Les génériques grignotent des parts de marché ?

Contre-attaquons sur le non-remboursé, mais en vente en pharmacie pour faire sérieux. Et sur des créneaux prometteurs.

Il y avait le Viagra°. Du pur sexisme de réserver cela aux hommes. Et cela laisse la moitié de l'humanité solvable sans achat possible.

Mais heureusement, plusieurs industriels promettent de "libérer les femmes de leurs frustations sexuelles" (sic)

L'un grâce à un dérivé d'antidépresseur actif sur la sérotonine, qu'il espère sortir début 2009. Mais le délai d'action est long, de 6 à 8 semaines.

L'autre grâce à un spray nasal à effet rapide, espère couper l'herbe sous les pieds du premier.

Ne reste plus qu'à inventer un concept susceptible d'amener aux ventes : ce devrait être le "dysfonctionnement sexuel féminin".

La pertinence même de la chose est hors cadre.

La problématique des effets secondaires est de la roupie de sansonnet.

Il y a des objectifs à tenir, un chiffre d'affaire à assurer, des dividendes à verser.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Samedi 17 novembre 2007

Le rimonabant (Acomplia° de son nom commercial), produit soi-disant anti-obésité, se voit à nouveau sévèrement mis en cause par deux études. La molécule a été interdite de commercialisation aux USA en juin dernier, à cause d'effets secondaires d'ordre psychiatrique.

Ce que confirme une étude britannique publiée dans le Lancet, avec une augmentation des troubles de l'humeur et de l'anxiété, alors même que les personnes ayant des antécédents de maladies psychiatriques avaient été exclues d'emblée.

Ce que confirme également une autre étude, canadienne.

De plus, l'effet est modeste, perte de poids de moins de 5 kg, avec un effet plafond, la poursuite du produit n'étant pas efficace.

Notons que l'Agence européenne du médicament a décidé en juillet dernier de conserver ce produit sur le marché, mais en le réservant aux personnes n'ayant jamais eu de dépression "grave" ou ne prenant pas d'antidépresseurs.

Précaution qui semble totalement inutile au vu de l'étude britannique.

La Logique et la Raison Pure seraient elles en train de gagner l'ensemble de l'Europe ?

Ou s'agit-il plus prosaïquement de gros sous, d'amicales pressions, et de renvois d'ascenseur au frais des patients/contribuables/cotisants ?

Comment ça, mauvaise langue ?

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Vendredi 16 novembre 2007

Le dosage de la microalbuminurie consiste à rechercher dans les urines une protéine, marqueur de l'évolution vers l'insuffisance rénale, plus précoce que d'autres marqueurs (comme la protéinurie).

Le but est bien évidemment toujours le même : dépister le plus précocément possible, en espérant, en intervenant au plus vite, éviter des complications.

Le protocole consensuel en vigueur depuis au moins 10 ans dans le cadre du diabète de type 2 (celui traité par les comprimés), est de faire au moins un dosage annuel.

On sait qu'un dosage positif implique un doublement du risque cardio-vasculaire pour le patient, et que cette cause est 60 fois plus fréquente dans le décès du diabétique de type 2 que l'origine rénale. La microalbuminurie n'est que très faiblement prédictive de la survenue d'une néphropathie avérée.

La logique sur un dosage positif, avec des études de faibles niveaux de preuves mais concordantes, semble de mettre en place un traitement associant aspirine (comme anti-agrégant = "fluidifiant") et statine (traitement du cholestérol, simvastatine ou pravastatine en priorité, seules molécules ayant prouvé leur efficacité).

En cas d'antécédent cardiovasculaire, on ajoute un IEC (une des classes d'antihypertenseurs) ou à défaut un sartan (autre classe), même en l'absence d'hypertension.

En revanche, en l'absence d'antécédent, et en cas de tension supérieure à 140/80 (objectif pour les diabétiques), ces deux classes n'ont pas démontré de supériorité sur les autres possibilités de traitement de la tension.

A partir de là, le dosage annuel de la microalbuminurie est-il indispensable chez tous les diabétiques de type 2 ? 

Logiquement, non. Car dans de très nombreux cas, il ne conduira pas à une modification du traitement.

En pratique courante, on constate que la plupart du temps, il est inscrit dans le bilan annuel standard, et qu'il est plus simple de cliquer "imprimer" que de chercher à adapter au cas par cas.

Je me console (et me justifie) en me disant que pour une fois je respecte le "con en sus" -)

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Mardi 23 octobre 2007

Lu dans la presse professionnelle un article concernant  l'utilisation traditionnelle de la cannelle (oui, l'épice) en Asie pour les diabétiques.

Une équipe autrichienne est allé regarder cela de plus près, avec un suivi sur trois mois, étude randomisée double aveugle prospective contre placebo.

Ils ont fait traiter et purifier la cannelle (certains composants pourraient être carcinogènes) pour en administrer 360 mg par jour aux patients tirés au sort, les autres recevant un placebo, avec conservation des traitement antérieurement administrés pour chacun.

Ont été contrôlés l'hémoglobine glyquée, la glycémie, l'insulinémie, le HOMA (marqueur de l'insulino-résistance), la pro-insuline, l'adiponectine, le cholestérol, les triglycérides.

A l'arrivée, l'équipe retrouve des améliorations statistiquement significatives pour les marqueurs de l'insulino-résistance et les triglycérides, l'amélioration de l'hémoglobine glyquée étant à la limite du significatif.

Le mécanisme d'action reste inconnu.

PS : le principe n'est pas valable pour les pâtisseries à la cannelle -)

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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