Consultation mercredi de mme L., 46 ans, patiente habituelle, sans antécédents notables en dehors du problème pour lequel elle revient
une fois de plus.
Elle a en effet des cystites à répétition, liées en grande partie à son activité et ses conditions de travail, avec un bilan, fait et refait, sans particularité.
Nouvel épisode en fin de semaine passée, avec prise d'un fond de boîte d'antibiotique courant qui restait (amoxicilline en
l'espèce).
Sauf que non seulement cela n'a en rien amélioré le problème urinaire, mais qu'elle a eu alors un épisode de diarrhée (conséquence ? pas certain du tout), et l'installation d'une importante
mycose.
On n'a pas vraiment le choix, traitement à l'aveugle, sans connaissance du coupable.
La patiente insiste pour avoir une analyse urinaire, elle se voit déjà avec une pyélonéphrite (il n'y a pas de fièvre ...). Je lui explique, et ré-explique que cela ne servira à rien. Même
peu actif, l'antibiotique pris a été suffisant pour décapiter l'infection sans l'éradiquer, et on n'obteiendra aucune donnée fiable.
Ou alors pour espérer un résultat interprétable, il nous faudrait attendre sans traitement quelques jours, et ne démarrer l'antibiotique qu'après l'analyse.
Sans surprise, la patiente préfère ne pas attendre -)
Ovule et émulsion anti-mycosique, cinq jours d'antibiotiques.
1°/ Ainsi, le Canard démontre les façons de penser et de faire de l'industriel du médicament Sanofi-Aventis qui s'inquiète de la
stagnation des ventes de l'Acomplia°.
Il s'agit de faire taire les journalistes qui mettent en avant son peu d'efficacité et l'importance de ses effets secondaires, en faisant pression via les budgets de pub.
Egalement envisagés, le retour aux "voyages d'études" tous frais payés, la pression indirecte via les associations de patients (dont le financement est bien souvent un cas d'école du conflit
d'intérêt)
Voir d'autres données ici.
2°/ Nouvelle mission parlementaire sur le médicament, qui rappelle que nous sommes les plus forts consommateurs d'Europe.
Sans rire, la mission préconise une meilleure sélectivité dans l'admission au remboursement des médicaments, et le "recours au critère
de santé publique".
Comment mieux dire qu'à l'heure actuelle, ce n'est pas la qualité, la pertinence médicale, l'utilité du produit qui comptent ?
Comment mieux dire que les innovations innovantes sont remboursées, et prescrites larga manu, sans avoir démontré leur supériorité sur les produits de référence, plus anciens, qui ont l'immense
tort pour les industriels d'être génériqués, et donc bien moins chers ?
Pays de la Logique et de la Raison Pure.
Le système français est dans le collimateur européen depuis un moment, et les choses évoluent.
Ainsi, le capital des laboratoires d'analyses devrait sous peu être ouvert à des non-professionnels, actuellement pharmacien ou biologiste.
Actuellement, il y a en France environ 4 000 laboratoires privés, qui font un chiffre d'affaire annuel d'approximativement 4,2 milliards. Ce qui représente la moitié du secteur au niveau européen
.... Inutile de dire que le gâteau attire de nombreuses convoitises.
En Allemagne, 200 entreprises couvrent l'ensemble des besoins, pour un coût bien moindre.
L'onverture des capitaux devrait conduire à des regroupements massifs et rapides, d'après les analystes financiers.
Le problème est exactement le même pour les pharmacies : Bruxelles veut imposer l'ouverture des capitaux, et la France, qui refuse, se retrouve en Cour Européenne de justice, avec à ses côtés
cette fois-ci l'Allemagne.
Bien évidemment, industriels et surtout grossistes sont pour, les pharmaciens contre. Du coup, les histoires de pub et de contre-pub paraissent bien anodines, et en dehors du champ du réel
-)
1°/ Poursuite des réajustements des aménagements non-médicaux du cabinet.
Un cadeau familial, provenance Pérou, tapis mural brodé, a rejoint sur le mur derrière moi un autre tapis, provenance Argentine.
Du coup, mes diplômes sont relégués dans un tiroir. Je ne sais s'ils en ressortiront ....
Par ailleurs, arrivée de plusieurs petits jouets sur le bureau, du genre qui se remontent. Deux problèmes : la chenille n'a pas assez
de prise pour progresser normalement, et la grenouille ne retombe sur ses pattes après culbute qu'une fois sur trois ou quatre. Le bois est trop lisse semble-t-il.
En revanche, ma préférée, la coccinelle avance, pivote et culbute de façon impeccable.
2°/ Un bouquin que je vais acheter.
Le Dr De Funès, maintenant ex-radiologue, (oui, le fils de) sort un livre "médecin malgré moi" dans lequel il règle quelques comptes de façon semble-t-il très rigolote.
Et très vraie, aussi, à priori.
En tout état de cause, un confrère qui dit ce qu'il dit de l'ordre des médecins ne peut être que quelqu'un de bien -)
Consultation hier de m. F., 49 ans, pour d'une part une toux avec extinction de voix, et d'autre part la prévision de sa bientôt
arrivante allergie annuelle.
Ces deux motifs ne sont pas, loin s'en faut, son problème principal.
Il n'est pas content, mais pas content du tout du suivi concernant son père, et me prend à témoin.
Son père a eu comme beaucoup d'homme à son âge des soucis de prostate. Et bien sûr, bien évidemment, inexorablement, on lui a dosé trois fois par an les PSA, supposés (mais par
qui, grands dieux ?) être un marqueur des problèmes de la prostate, depuis 3 ou 4 ans.
Et bien sûr, alors que les dosages ont toujours été "normaux", et devant une aggravation, et un toucher rectal posant question, une biopsie répond cancer.
Le fils est allé sur le net, et il est furieux que les confrères aient présenté à ses parents comme fiables et indispensables lesdits
dosages. En plus, il sait maintenant que l'option traitement n'est pas de façon certaine la meilleure, et ce alors que son père est déjà dans le tube devant l'amener à l'intervention.
Que lui dire ? Qu'effectivement, on a plus de questions que de réponses.
La médecine est infinie et le doute est notre lumière.
Commentaires