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Jeudi 21 février 2008

Un cas quasiment d'école.

Hier, arrivée en consultation de deux jeunes gens, patients inconnus. Leur problème est simple .

Il a fait une mycose de la verge, a été traité, elle en même temps, deux semaines de paix, re-belote, traitement, deux semaines de tranquillité, re-belote.

A noter, elle n'a jamais eu de manifestation clinique, aucune, mais c'est assez classique aussi. Sauf que maintenant ça gratouille un peu.

Je demande les traitements prescrits, il me donne les ordonnances, crème, ovule, puis émulsion, du standard, du normal.

Elle prend la pilule, la même depuis des années, pas de problème notable.

Reprenons tout. De A à Z. Les signes. Le traitement, comment, à quelle fréquence. Et là, bien sûr, bingo. Cinq ou six jours de suivi, pour deux semaines de prescription. Et que croyez vous qu'il arrive dans ce cas là, hmmm ?

Un coup d'oeil, oui, ça ressemble fort, émulsion pour tout le monde et ovule pour l'une, consignes de a) respecter le traitement et b) tout dire à son médecin.

Et le ré-apprentissage toujours fort utile pour le médecin généraliste que l'interrogatoire, c'est souvent la clé du diagnostic. 

Enfin pas qu'en médecine générale semble-t-il. A la télé aussi.

Si on suit de temps à autre la série Dr House (il est désintox ou pas, là ? j'ai perdu un peu le fil), il est toujours à s'écrier "bon sang mais c'est bien sûr !" après une remarque du patient -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 21 février 2008

Consultation de m. G., 46 ans, patient habituel, après avis d'un confrère neurologue.

Il était venu il y a dix jours environ en se plaignant de l'aggravation des douleurs nocturnes au niveau de ces deux mains, à tel point que cela le réveille plusieurs fois par nuit.

Il y a déjà un bon moment que je lui dis qu'il s'agit à priori d'un problème banal de canal carpien, qu'il nous faut un électro-myogramme pour confirmer et quantifier, et que la solution est chirurgicale.

Mais quand je lui dis, et redis, et re-redis, qu'il lui faudra prévoir deux mois (minimum) sans effort sur la main, il me réponds que ce n'est pas envisageable.

Je comprends bien que cela va poser un gros problème dans son activité d'artisan, mais je n'ai pas de solution à lui proposer.

Hier, il revient donc avec la confirmation, problème sensitif pur, très franc, nettement plus marqué à droite. Bien sûr, il est droitier.

Je reprends donc tout depuis le début, la possible infiltration, mais un gros risque de récidive après, la chirurgie, deux à trois semaines de quasi immobilisation, donc arrêt total du travail sur cette période (grimace du patient), puis prévoir six semaines de plus sans gros effort, et donc ....

Il grimace, il grimace, et finit par me dire que de toute façon, il ne tiendra pas comme ça jusqu'à l'été. Et qu'il va s'organiser pour boucler les chantiers en cours, avant l'intervention.

Courrier pour le chirurgien. Et on fait le rappel vaccinal qui a un an de retard, prescription faite il y a dix jours.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 20 février 2008

Revu hier m. R., 75 ans, patient habituel, hypertendu, pour son problème de douleurs des deux épaules, plus prononcées à gauche.

Il était venu en se plaignant que ça durait depuis un mois et demi, deux mois, mais que vraiment là, ce n'était plus possible, étant donné qu'il ne pouvait plus dormir sur le côté. Gauche.

Cliniquement, pas de doute, tendinite de la coiffe des rotateurs, avec atteinte des longs biceps, d'ailleurs. Suite à des rangements acharnés dans son sous-sol.

J'ai alors demandé des radios pour être certain de la présence ou non de calcifications. Il revient donc avec : rien.

On va donc commencer par des antalgiques, des anti-inflammatoires, et de la kinésithérapie.

Mais voilà que m. R. me parle de chirurgie : on lui a dit qu'il fallait opérer, sans attendre. Qui, on ? Une connaissance, qui a eu des calcifications, et une rupture du tendon.

Je reprends donc mes explications : il n'a pas d'antécédent à ce niveau, le problème a une cause bien identifiée, il n'y a pas de calcifications. On commence donc logiquement par le début, si vraiment c'est inefficace, on parlera d'une infiltration éventuelle, et la chirurgie est le dernier recours possible, pas le premier.

Comme il se plaint d'avoir en outre une protection pour l'estomac à prendre, je lui rappelle qu'il a 75 ans, et qu'il fait de temps à autre des épisodes de reflux gastriques.

Il part en ronchonnant.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 20 février 2008

Le système est totalement à bout de souffle, mais on tente encore de coller des rustines.

Un décret paru le 28 décembre 2006 (vous avez bien lu, il y a 14 mois), prévoit le paiement d'un forfait pour le samedi après-midi.

Mais notre tiers de temps de ministre ayant argué que cela devait se faire à financement constant, on a donc décidé, pour ne pas sortir un sou de plus pour la médecine générale soi-disant pivot du système, de réduire encore le nombre de secteurs de gardes.

Secteurs dont le nombre devrait tomber de 2 500 à 2 000. Et ce avec un bon sens qui laisse quelque peu rêveur ...

L'exemple souvent repris, notamment par l'ordre, est celui de l'Ariège qui passerait de 19 secteurs à 7.

Pendant ce temps, les Hauts-de-Seine passeraient de 13 à 58 !

Visées totalement politiques, pour ne pas dire de clientélisme, avec les associations spécialisées de type SOS qui se frottent les mains devant la manne financière.

L'ordre menace, par exemple de cesser les reccueil des tableaux, mais comme il aboie toujours et ne mord jamais ...

En attendant, les redécoupages sont arrivés dans les différentes préfectures, et le bouzin est sur les rails ....

Pays de la Logique et de la Raison Pure ...

par le toubib publié dans : point de vue
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Mercredi 20 février 2008

Pour répondre à Dr MG

1°/ j'avoue avoir un esprit militaire des plus limités. Je n'obéis pas, il faut me démontrer l'intérêt d'agir, la foi a pour moi un domaine qui relève exclusivement du religieux. En outre, la responsabilité médico-légale, elle est pour bibi, et pas pour un autre ...

2°/ Comme déjà dit, le problème est d'entrée philosophique : à quoi peut espérer servir la médecine ?

A mon sens à vivre mieux et/ou plus vieux = morbidité totale et mortalité totale. 

Tout le reste est très sympathique sans doute, mais à côté de la question. Donc toute étude ne posant pas ces deux questions ne vaut à peu près rien.

On pourrait se dire que si on ne gagne pas, on ne perd pas. C'est à mon sens totalement faux. Parce que, comme on n'est pas chez les Bisounours°, le temps, les moyens, l'argent mis ici ne pourront être utilisés ailleurs.

3°/ le CCR ne représente que 3% des causes de mortalité totale. Mais tout gain partiel devrait se répercuter sur l'ensemble : ici, on a une diminution incontestable de 15%. La répercussion totale devrait être claire et nette.

D'autant que les populations invitées allaient de 30 000 à 152 000, et sur 10 à 18 ans : c'est énorme comme chiffres ! Donc une significativité importante. Et on a zéro.

4°/ Le fait est que dépister et traiter les adénomes ne modifie pas le nombre de survenues de cancer par la suite : c'est très surprenant, mais c'est un fait.

5°/ J'ai bien écrit que Prescrire voit dans ce dépistage un intérêt, certes qualifié de "modeste".

6°/ Pour ce qui est de la formation, pourra-t-on répondre à mes questions par des preuves, des chiffres, des faits ? Non. Il n'y a à ma connaissance pas d'autres données que celles citées. Mais je suis preneur -)

7°/ En ce qui concerne mon département, en violation de la loi, il n'y a aucune indication des conflits d'intérêts possibles sur les différents courriers reçus.

8°/ Les chiffres donnés concernant la rémunération sont ceux cités par des confrères de plusieurs départements sur des forums : 0 à 2,85 par test.

1030 euros pour 200, ça fait du 5,15 brut. Vu le temps nécessaire pour expliquer les tenants et aboutissants, c'est du foutage de gueule.

Si j'étais convaincu de l'intérêt de la chose, ce serait une consultation spécifique.

9°/ Le bouzin pour être efficace en partiel (sur la mortalité CCR seule donc) doit avoir un taux de recrutement supérieur aux deux tiers. On est ici à 13% de médecins généralistes impliqués. Le flop est certain. Mais ça n'empêchera pas le démarrage de la chose, en dehors de toute logique, prouvant bien ainsi que les intérêts en jeu ne sont pas ceux des patients

par le toubib publié dans : point de vue
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