Dans le numéro de juillet de Prescrire, revue de référence française, pour une bonne simple et excellente raison, c'est qu'elle est payée par ses abonnés, sans aucune pub d'un industriel du
médicament, la Haute Autorité de Santé se fait une fois de plus tancer pour la médiocrité de ses guides.
Il s'agit cette fois du guide "prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée". Qui se fait assassiner, je ne crois pas qu'il y a d'autre qualificatif.
Confus, mauvaise qualité, ancien, pas actualisé, approximations, contradictions, imprécis.
Et la conclusion : "ne pas passer trop de temps à le lire".
Bon, pour moi, c'est 100% de gagner, je ne le lirai pas -)
Blague à part, c'est ce genre de document qui est censé faire référence, notamment lors des rédactions des protocoles d'examen (PES) et suivis des patients en ALD (affection de longue durée), les
remboursés à 100%.
En lieu et place (enfin, non, mais bon) du classique "en fonction des données actuelles de la science" (jurisprudence de la Cour de Cassation, arrêt Mercier, 1936). A l'époque, on disait
"acquises" à la place du mot "actuelles".
C'est effrayant.
Vu sur des forums médicaux l'article du Monde avec l'interview de De Lorgeril, cardiologue, chercheur au CNRS, qui vient de sortir un bouquin.
"Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament", tel est le titre de l'ouvrage.
Il rappelle ce que nous savons tous : le cholestérol est une mauvaise cible de prévention, le distingo HDL/LDL est absurde, les fibrates sont inutiles, seules simvastatine et pravastatine ont
démontré une efficacité, on ne peut comparer les risques d'un américain à ceux d'un français.
Mais n'ayons crainte : les puissances du marketing, de la pub, des petits et gros cadeaux arriveront à contrer cette critique comme toutes les autres avant.
Le Tahor°, molécule à zéro preuve en terme de morbi-mortalité globale, continuera à être le plus prescrit de la classe.
La recommandation française est de ne pas vacciner les nourrissons contre la varicelle.
En effet, l'expérience américaine montre qu'une stratégie par une seule dose vaccinale chez le nourrisson et qui n'atteint pas une couverture suffisante de la population (supérieure à 90%) déplace
la maladie à l'âge adulte où les formes sont plus sévères.
L'immunité post-vaccinale n'étant que de 10 à 12 ans, les populations adultes risquent des arrêts de travail, des cicatrices cutanées, voire des complications mortelles.
La stratégie à deux vaccins, avec un rappel à l'adolescence serait envisageable, mais l'exemple de la rougeole montre que le taux de couverture adéquat est quasiment hors de portée.
D'après une étude hollandaise, et contrairement à l'idée dominante chez les patients qui voient la solution chirurgicale comme rapide, définitive et efficace, à moyen terme, chirurgie et médecine
se retrouvent également efficaces.
Elle a concernée des patients présentant une hernie discale lombaire avec sciatique invalidante depuis au moins 6 semaines.
Si dans les premières semaines, la chirurgie prend l'avantage, avec une antalgie et une qualité de vie améliorée en moyenne 4 semaines après l'intervention, le traitement médical regagne
progressivement du terrain, si bien qu'à six mois, les résultats sont comparables.
Les auteurs préconisent donc de baser le choix sur la douleur, et la façon dont elle est supportée, la chirurgie étant plus rapidement antalgique en moyenne, et sur la possibilité d'attente
concernant notamment la reprise du travail.
Lu un article dans la presse professionnelle concernant les décès par asthme.
En 2003, 1353 morts en France, dans le silence.
On constate que le principal facteur prédictif est un antécédent d'intubation lors d'une crise précédente, bien meilleur marqueur que les définitions de type Gina, un autre marqueur
étant l'utilisation de consultations non-programmées, traduisant une observance insuffisante.
Il semble bien que les patients à haut risque ont une très mauvaise perception de leur état par rapport aux autres patients, avec, bien en amont de la crise, une vision anormale de la dyspnée, et
en conséquence l'absence d'adaptation des traitements dans les jours précédents la crise.
Ce qui logiquement incite à demander au patient de se procurer un débitmètre de pointe, et à l'utiliser régulièrement pour connaître leur état, seule façon d'anticiper.
Les débitmètres sont remboursés dans la limite d'un tous les trois ans, ce qui est normalement suffisant, mis à part casse accidentelle.
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