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Mardi 6 mai 2008

Consultation hier de mme H., 42 ans, patiente habituelle. Un problème principal (médicalement, et pas que) : l'alcool.

Deux épisodes de pancréatites aigues sur un fond d'atteinte chronique, supplémentation bien sûr, le foie tient encore, mais pour combien de temps, on ne devrait pas tarder à passer en diabète.

Syndrome cérébelleux statique, polynévrite des membres inférieurs.

Je la suis depuis 12 ans. Avec l'aide de la famille, je suis arrivé à l'emmener jusqu'en cure à plusieurs reprises, on en est à la 8° avec cette dernière dont elle vient de sortir.

Ce qui est amusant, si l'on peut dire, c'est le ton des différents courriers au fil des ans, selon le confrère qui a rédigé le dernier en date. Combatif, résigné, plein d'espoir, dubitatif, perplexe, sans illusion : pour son cas comme pour tous les cas semblables, cela varie énormément d'un intervenant à l'autre. Sans que l'âge ou l'expérience n'intervienne beaucoup d'ailleurs. Plutôt comme souvent la vision indivuduelle des choses.

Je me classe sans conteste sur le sujet dans les "sans illusion". Je ne crois pas que nous ayons une efficacité bien notable sur le sujet. Comme sur le tabac, ou tout autre drogue, légale ou non, d'ailleurs. Au fil de ces années, ceux que j'ai vu sortir de l'alcool sont une infime minorité. Et on ne peut pas dire que l'on dispose vraiment d'études fiables sur le sujet, ceux qui les initient relevant directement de la problématique du conflit d'intérêt.

Je crois que nous surestimons très largement notre efficacité dans ces domaines, et que la réalité est simple, basique, triviale :

on ne peut aider que quelqu'un qui veut être aider.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 5 mai 2008

Reçu samedi un courrier qui me laisse songeur.

Il s'agit d'une jeune patiente de 17 ans, qui est allée voir (avec sa mère) un chirurgien, en vue de la pose d'implants mammaires.

Certes, la patiente est préoccupée par son "absence" (sic) de seins, mais ne m'a jamais paru en être absolument traumatisée. Et je lui ai toujours dit qu'il y avait la solution chirurgicale, mais qu'il me paraissait être un peu tôt pour envisager cela.

Or le confrère me parle d'un complexe très important, avec retentissement majeur sur sa vie personnelle, familiale et sociale. Argumentaire qui me semble plus fleurer la recherche de prise en charge par la sécu que la réalité des choses ...

Il envisage la pose de prothèses au gel de silicone, en position rétro-musculaire.

Pour lui, l'âge n'est pas un obstacle, au vu du retentissement psychologique. Autant dire que j'ai un sérieux doute sur la question. Et d'autant plus qu'elle est mineure, quand même !

Seul frein pour l'instant : l'aspect financier. Une entente préalable a été demandée à la sécu, sur la base du vécu de la patiente. Si le médecin conseil pouvait refuser .....

Je sais, c'est idiot et ça ne changera rien à rien, mais ça me chagrine un peu.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 5 mai 2008
Ce qu'il y a d'amusant avec le cas d'école qu'est le dossier de la PDS (permanence des soins, les gardes de soirées et fins de semaine), c'est que tous les intervenants, mais alors absolument tous, sont d'une hypocrisie totale, et assez rigolote finalement.

Le gestionnaire, qui paye royalement les forfaits 12,50 euros brut de l'heure, soit 6,25 net .... pour des horaires de nuit et dimanche (SMIC : 6,90 net, horaire de jour), en mission de service public.

L'état, dont la seule préoccupation est de pouvoir assurer les électeurs qu'ils auront quelqu'un à appeler. Tout en sachant bien sûr que cela est inutile, en en ouvrant par ailleurs largement les portes des services d'urgence. Et tout en refusant de répondre sur les aspects juridiques et légaux.

L'ordre, qui essaie de gonfler son importance, en assurant les médecins que s'ils ne s'organisent pas entre eux "ce sera fait par la puissance publique" mon dieu quelle horreur, qui ne sert jamais que de facteur (il prend les tableaux et les transmet tels quels en préfectures), et est comme d'habitude incapable de répondre à la moindre question.

Les syndicats de médecins, timorés, qui n'osent prendre des positions de principe, pour ménager tout le monde.

Les médecins, qui font tourner le compteur, sachant fort bien ne pas voir qui que ce soit en semaine (25 à 30 % des gardes sont sans acte aucun), tout en refusant assez souvent, d'ailleurs illégalement, la régulation les samedis après-midi et dimanches.

Les hôpitaux, qui gardent les portes grandes ouvertes, pour ne pas perdre du chiffre d'affaire.

Les patients, qui veulent un médecin de garde pour le cas où, mais filent aux urgences aux heures ouvrables parce que c'est gratuit.

Et jusqu'aux assureurs, comme le montre le courrier reçu par notre groupe de tête de bois de la part du principal d'entre eux, qui écrit que "le juge ne considérerait pas l'enchaînement de gardes et de jour de travail comme une circonstance atténuante : au contraire, il pourrait estimer que ce faisant, le médecin a fait courir un risque supplémentaire au patient" et qui conclue "il appartient néanmoins au médecin d'apprécier en sa conscience si la fatigue ainsi accumulée est compatible avec l'exigence de sécurité qu'il doit au malade, en conservant à l'esprit que sa responsabilité pourrait être engagée à ce titre".

Personne n'est vraiment satisfait du bouzin actuel, mais chacun craint trop d'y perdre pour oser la remise à plat.

Pays de la Logique et de la Raison Pure.

PS : je me suis encore fait des amis, là -)
par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 5 mai 2008

1°/ Notre quart de temps de ministre retouche son CV, et fait disparaître ses antécédents au service des industriels du médicament, notamment comme visiteuse médicale.

Ce alors que son passé professionnel était supposé ne poser aucun problème, et ne pouvoir donner lieu à suspiçion.

2°/ Très visible et prévisible ballon d'essai concernant la vente en grandes surfaces de certains produits pharmaceutiques.

C'est un petit secrétaire d'état qui est lancé dans l'arène, pour voir les réactions : il est "ouvert" à l'hypothèse. Bien sûr tout seul comme un grand ...

3°/ Tempête dans le verre d'eau médical.

Certains psys sortent livres et tribunes sur le comportement de notre président, avec un avis général tendant vers le "il a un grain".

Hurlement d'autres psys, notamment liés à l'ordre, qui piautent à la violation du code de déontologie et du serment d'Hippocrate (sic). Rappelons que ce dernier n'a plus d'existence légale depuis fort longtemps ...

4°/ Sans surprise, les redécoupages à la hache des secteurs de permanence des soins ne passent pas. Les enjeux financiers étant plus que conséquents, ça coince.

Dans le Gers, appel à la grève, le nombre de secteurs devant passer de 31 à 6. Chacun avance des arguments médicaux.

Pour ma part, mauvaise langue que je suis, j'ai tendance à penser que les quelques 570 000 euros d'écart par an entre les deux situations ne sont pas pour rien dans les positions des uns et des autres ......

par le toubib publié dans : brèves
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Samedi 3 mai 2008

1°/ Quand il y a un pont, on ne sait jamais si la journée va être calme (départs en masse des habitants), ou agitée (proportionnellement plus de départs de confrère que d'habitants).

Hier, en fait journée normale d'un vendredi avec report de la fermeture de la veille; donc plus qu'un vendredi standard, mais sans excès.

J'ai l'impression par contre que cela va être différent la semaine prochaine, avec un grand calme plat si je me fie aux indications données par les patients. Il devrait y avoir un monde sur la route vers le sud .... -)

2°/ Hier, à plusieurs reprises, coup de fil "pour savoir si vous êtes là, et demain matin aussi ?" Oui, et la semaine prochaine aussi -)

3°/ Coups de fil de confrères qui veulent savoir s'ils peuvent coter en férié. Et bien non, il faut être porté de garde pour ça.

4°/ Deux ou trois patients inconnus quand même, en l'absence de leur médecin habituel.

Dont un qui est reparti très très dubitatif avec une ordonnance d'ibuprofène et un "attendre que ça passe" pour une angine. Celui là, je crois bien que même si le cabinet du confrère est fermé, il ne reviendra pas.

Et un autre qui était venu persuadé que je faisais de l'homéopathie. Ce n'est marqué nulle part, mais bon, je sais que les patients ne lisent ni la plaque, ni les affichettes de la salle d'attente.

5°/ Avec ce pont, je passe plus ou moins officiellement le 17° anniversaire d'installation.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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