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Mardi 22 janvier 2008

Revu hier avec les résultats de son bilan biologique m. I., 59 ans, patient habituel, hypertendu, déprimé chronique, connu et suivi depuis 15 ans.

Cabossé par la vie comme on dit, il attend avec impatience l'heure de la retraite, qui doit sonner d'ici 8 mois. En attendant il coche les jours.

Il a 43 ans de cotisations, ayant commencé à travailler à 16 ans, il aurait dû pouvoir partir en retraite il y a presqu'un an d'après ses explications, mais lors de la constitution de son dossier, il est apparu qu'un de ces employeurs avait "oublié" de cotiser quelques temps.

Re déprime à ce moment là, re alcoolisation poussée, re abandon de tout traitement régulier. La seule chose qu'il n'a pas repris, c'est la cigarette, arrêtée il y a une douzaine d'années.

Trois mois après ce coup dur, il a repris un travail pour lequel il fait beaucoup de route. Ce qui est très loin d'être idéal, surtout vu l'état de sa voiture, pour ses problèmes de dos et de hanches. 

Et il met un point d'honneur à refuser toute idée d'arrêt de travail.

Hier, il était content et soulagé, le bilan ne montre pas de diabète, ce qu'il craint énormément, ses deux parents ayant été diabétiques.

Il me dit que c'est la dernière ligne droite, qu'il ne va pas prendre ses RTT pour pouvoir cumuler avec ses congés "et partir pour de bon".

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 22 janvier 2008

Hier, coup de fil de mme B., patiente habituelle. C'est pour sa soeur, qui est de passage, qui a le pied gonflé et douloureux.

Et bien au moins, ça me changera de mes syndromes grippaux ! (bon, en fait, c'est un sur deux, mais l'impression de ne voir que ça ...)

La patiente entre en boîtant, le pied droit couvert d'une chaussette dans une claquette de plage. Ah !!!

Je la fais asseoir directement sur le bord du lit d'examen, allume ma lampe-loupe. Elle retire sa chaussette. Aïe, ça doit faire mal !

Les cinq orteils sont rouges, oedématiés, la peau part en squames, cela va sur les trois ou quatre premiers centimètres du pied qui parait comme brûlé.

Sur le 3° et le 4°, on voit du pus à la naissances des ongles.

Je lui demande comment elle a fait ça. Et bien, ça démangeait depuis quelques jours entre les orteils, alors elle a mis le pied dans de la javel, puis devant l'inefficacité, elle a badigeonné avec un gel "pour les piqûres de moustiques", le samedi matin.

Bonne allergie de contact au produit en question.

Corticoïdes quelques jours, une amoxicilline de base, trolamine sur le pied en couche épaisse, pansement grossier et chaussette en maintien, revoir son médecin traitant dans quelques jours une fois de retour chez elle.

Eviter de traiter ce qui devait être des champignons avec n'importe quoi. Retenir la marque du produit pour l'éviter dans le futur. Et signaler le tout à son médecin traitant.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 22 janvier 2008

Hier, hasard des consultations, j'ai eu à renouveller deux ordonnances avec le même produit posant la même question : pourquoi celui-là ?

Question que j'ai déjà posée à plusieurs reprises à plusieurs confrères concernés directement, sans obtenir de réponse claire, nette , précise, cohérente.

Le mystère de la prescription du Préviscan° en cardiologie. (c'est un médicament pour fluidifier le sang : traitement des phlébites, prévention des caillots, ...)

Parce qu'il y a un truc, c'est évident. Un pacte secret, quelque chose comme ça. Ils signent de leur sang en recevant leur thèse nos confrères cardiologues, c'est pas possible sinon.

Tous les patients passant entre leur main et nécessitant un anti-coagulant par anti vitamine K se retrouvent à devoir séparer de leurs mains souvent arthrosiques, déformées et douloureuses, cette saloperie de machin quadrisécable, dont le quart nécessaire finira, c'est inexorable, sous le canapé ou le buffet, et ce pour au moins les 3 premières tentatives. Sans compter que la coupure n'est pas toujours très nette.

Question de nos patients d'un âge : faut-il alors rogner ou limer la pointe qui dépasse, sous peine de voir l'INR (dosage de contrôle) sortir des limites fixées ?

Alors que la concurrence fabrique des dosages 1 et 4, facilement adaptables, sans nécessité de prendre la loupe, nos préviscanologues s'obstinent.

Il y a bien une raison, c'est quand même pas parce qu'ils se disent que ça occupera les vieux pendant un temps, et leur fera passer la journée plus vite ?

Encore un mystère de la médecine.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 21 janvier 2008

Très énervant. La façon de faire de certains qui doivent penser qu'il n'y a qu'eux sur terre et les hirondelles au printemps.

Deux cas samedi matin.

Appel à 10h30, patiente connue mais dont je ne suis pas le médecin traitant. Son fils de 2 ans et demi a de la fièvre et vomit, elle veut un rendez-vous d'ici midi. Je lui trouve un interstice entre deux à 11h45, et je lui demande le motif de cette consultation. Il a de la fièvre depuis deux jours, et vomit depuis le vendredi matin ....

Un quart d'heure plus tard, c'est le mari qui appelle pour demander à avancer le rendez-vous; comme je lui répond que ce n'est pas possible, il me dit qu'il ne peut pas attendre jusque là, qu'il annule et qu'il part aux urgences hospitalières son fils sous le bras.

Il est certain qu'il a dû passer plus vite ........

Autre appel, à peine avant, patient inconnu, rendez-vous à 11h15, a priori syndrome grippal.

Jamais venu celui-là.

Ceux qui prennent rendez-vous pour ne pas venir, à quelques heures, voire minutes d'intervalle, cela va faire 17 ans que ça me laisse songeur.

Le plus étrange, qui semble une règle inscrite dans le marbre, c'est que plus c'est soi-disant urgent pour le patient, plus il y a de chance qu'il ne vienne pas, ou s'il vient, que cela soit totalement anodin.

La vie est vraiment pleine de choses qui m'échappent totalement.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 21 janvier 2008

Il y a des patients qui ont des idées rigolotes. 

Ainsi samedi matin, je vois mme C., 40 ans, patiente habituelle, et son loupiot de 5 ans, pour syndrome grippal l'un comme l'autre.

Et en fin de consultation, mme C. me demande ce que son grand de 8 ans a bien pu faire comme problème aux dernières vacances, alors qu'ils étaient en déplacement. Elle commence à me décrire cela, et comme je lui explique que c'est un peu compliqué de juger à distance, elle se lance dans un luxe de détails, elle tente de retrouver le traitement mis en place par un confrère, sans succès, les noms qu'elle cite n'ayant aucune corrélation logique avec les symptômes décrits ...

Et comme je ne suis ni la pythie ni mme Irma, je ne vois pas comment je pourrais deviner de quoi il retourne sans un minimum d'informations fiables.

Je tente de lui dire que si c'est important, il vaudrait mieux revenir avec l'intéressé, et le carnet de santé ou l'ordonnance ad hoc, mais rien à faire c'est reparti pour un tour.

Je finis par m'inquiéter un peu, et lui demande si le gamin a encore des problèmes. 

Pas du tout, tout est rentré dans l'ordre depuis longtemps !

Elle finit par conclure qu'il lui semblait important de m'informer "pour que je puisse tenir son dossier à jour".

Voui. Voui, voui, voui .... Je vais noter quoi moi ? a eu XXX traité par xxx ? Enfin, heureusement, tout cela semble sans conséquence -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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