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Mardi 19 février 2008

Une fois de plus, les données réelles ne sont pas franchement en faveur du dépistage.

On a en France environ 34 000 cas par an, et 16 000 décès de cette cause.

Le dépistage est basé sur un test (Hémoccult°) qui ne va déceler qu'un cancer sur deux. Sans que l'on puisse l'expliquer vraiment, le dépistage et le traitements des adénomes, précurseurs des cancers, ne réduit pas le nombre de survenue de ceux-ci par la suite.

Il faut convoquer 1 000 personnes, avec un taux minimum de 60% de participations, pour espérer une diminution de 1 à 2 décès. Soit une réduction de mortalité par cancer colorectal d'environ 15%. 

Les méta-analyses ne montrent pas de diminution de la mortalité totale.

Pour 1 000 personnes convoquées, tous les deux ans, sur dix ans, avec un participation en moyenne à la moitié des convocations d'au moins les deux tiers des patients, on va dépister 2,5 cancers, et en laisse passer 4,3.

Pour la revue Prescrire (n° 290, décembre 2007, p 923 à 926) , "l'efficacité est seulement modeste". "Toute baisse de la qualité et toute augmentation des effets indésirables du dépistage peuvent faire pencher la balance vers la négative".

Pour ma part, je trouve la conclusion bien optimiste, et toujours pour la même raison : mortalité totale inchangée.

On en revient toujours à la question philosophique de base : faut-il agir en postulant à priori que ce sera payant ? Ou faut-il avoir un motif réel et constant pour agir ?

Bon, pour mon département, avec 13% de participation des médecins généralistes au bouzin, je crois que la question est réglée de toute façon pour un moment.

par le toubib publié dans : point de vue
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Mardi 19 février 2008

1°/ Ainsi notre tiers de temps de ministre vient de lancer la campagne de recrutement des 200 000 postes qui vont se libérer dans les 10 ans à venir en hospitalier.

Très probablement une erreur majeure, tout comme la non-gestion de la baisse démographique, et le relèvement sans réflexion du numerus de fin de 1° année.

Au lieu de s'appuyer sur ces données pour inventer et mettre en place un nouveau système, on va remplacer poste pour poste, et continuer ainsi ?

Ce que nous pourrions voir arriver à terme, et assez rapidement, c'est une sécu repliée sur ses bastions hospitaliers, grands pourvoyeurs d'emplois et de prestige politique local, et laissant l'ensemble de l'ambulatoire à la régulation anarchique du chacun pour soi et dieu contre tous.

A moins que la vertigineuse chute démographique attendue en médecine générale ne conduise purement et simplement à la disparition de cette spécialité en libéral. Ce qui n'est pas une hypothèse aussi folle qu'elle en a l'air. 

7 200 confrères portés disparus en médecine générale libérale en 2006, une base de 50 000 en 2006, aucune amélioration possible dans le système actuel avant 2025, 2 500 de perte par an pendant 10 ans, puis 2 000 au minimum pendant les 5 ans suivants, sauf à inverser les pourcentages à la sortie en 6° année.

Resteraient 15 000 médecins généralistes libéraux en 2022, 10 000 en 2025 ? En fait, dans cette hypothèse, le bilan aura été déposé avant, les restants ne pouvant tenir le tout à bout de bras.

2°/ Rodomontades diverses autour des 2 milliards de dépassements d'honoraires annuels.

Notons que, les médecins généralistes de secteur 2 font moins que les secteur 1, et, en pratique, la quasi totalité de ces dépassements concernent les spécialités d'organes, de secteur 2 donc.

Etant donné qu'ils étaient 15 600 d'après la CARMF en 2006, cela représente une moyenne de dépassement de 133 000 euros annuels, pour un total d'honoraires de 343 000 euros, soit 532 euros de dépassements (sur 1372) par jour travaillés.

par le toubib publié dans : brèves
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Mardi 19 février 2008

Illico, on circule sans problème, les parkings sont déserts, et le nombre de consultations baissent notablement, comme d'habitude.

Et comme d'habitude, j'en profite pour me mettre à jour, faire les choses remises et reportées, lire ou relire ceci ou cela.

Faire le décompte du matériel aussi, pour prévoir une commande, qu'il va bien falloir songer à passer !

Par ailleurs hier, reprise de la réparation effectuée il y a quelques temps sur Chilly-Billy, qui a craquée sur le côté gauche après une nième chute. Chilly-Billy, c'est un épouvantail de 60 cm de haut, structure en bois, habillé, mains pieds et cheveux en raphia, provenant d'un passage dans les îles anglo-normandes il y a des années. Il a donc quitter Jersey pour le cabinet, où il réside depuis une quinzaine d'années. Il est très apprécié des gamins. D'où les chutes fréquentes -)

Réparation aussi pour le tandem Hippocrate et Galien. Eux sont au cabinet depuis le 1° jour, et trônent sur le bureau. Deux petits bonhommmes en bois, Galien, derrière, plus grand, étant relié à Hippocrate par son nez. Deux paire de pieds articulés aux plantes habilement arrondies, un fil en nylon partant du nez d'Hippocrate, un bouchon de bois au bout du fil, et hop, il suffit de les reculer un peu et de les lâcher pour les voir se dandiner jusqu'au bord du bureau. Tout bête, et ça fascine les loupiots. Pas uniquement eux d'ailleurs ! Beaucoup de patients adultes en ont fait presque un rituel ...
Là, il s'agissait de changer le fil nylon qui avait cassé.

On ne fait pas que du médical pur et strict dans un cabinet de médecin généraliste -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 18 février 2008

Samedi matin, consultation de m. D, patient habituel.

Il a de l'hypertension, du diabète, de l'angine de poitrine, c'est un ancien gros fumeur. Il était bien équilibré, mais devant des plaintes de crises d'angor plus fréquentes, je l'ai adressé au confrère cardiologue qu'il consulte de temps à autre, depuis presque 10 ans maintenant. Confrère qui a alors prévu une coronarographie.

Examen qui a eu lieu en début de semaine, effectué par un autre cardiologue, en l'absence imprévue du premier.

Le patient me dit que le confrère lui a parlé de la nécessité de poser "un bout de tuyau armé", un stent, vu les données obtenues. Il n'est pas chaud du tout. Il me demande mon avis.

Que lui dire mis à part que je suis totalement incompétent en la matière ? Je comprends bien ses doutes et ses hésitations, mais l'autre face de la pièce, c'est le risque cardiaque, et tout ce que cela suppose.

Je l'écoute un bon moment, sans pouvoir lui être vraiment de bon conseil.

Finalement, ayant l'impression qu'un des éléments les plus perturbants était le fait que l'examen et l'indication du stent venait d'un "inconnu", qui plus est en dehors de toute urgence ressentie, je lui propose de recontacter le confrère habituel, pour qu'il puisse lui demander son avis et en dicuter avec lui.

Il accueille la proposition avec soulagement, et comme tout en tapant le courrier je lui dit qu'il est bien probable que l'opinion sur la nécessité de la chose soit identique, il me répond "oui, mais ça ne sera pas pareil".

Il est vrai.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 18 février 2008

Un cas qui me dépasse totalement, mais alors à un point ....

Venue l'autre jour de m. T., 45 ans, patient à peine connu. Dès la salle d'attente, on pouvait voir une partie du problème. Jaune. Il était jaune. Un jaune caca d'oie, que j'ai croisé deux ou trois fois dans ma carrière, jamais avec une bonne nouvelle derrière.

Il me dit alors que ça dure depuis 5 jours, et que là ça va mieux, qu'il est moins fatigué. A l'examen, oedème des deux membres inférieurs, tension à 10/6,5, pouls un peu rapide, un souffle cardiaque facilement perceptible, un abdomen tendu.

Je lui dit qu'il faudrait aller à l'hôpital, il refuse catégoriquement. 

Je prescris alors un bilan biologique, des examens radios, et lui demande de revenir en fin de journée, étant donné que cliniquement il n'est pas mal.

A la lecture du tout, on a un problème, et un gros. C'est même totalement discordant avec la clinique à vrai dire.

Anémie microcytaire à hémoglobine à 6 g (normale : plus de 11), avec leucopénie et thrombopénie (globules blancs et plaquettes sont très bas). Le bilan hépatique est normal, tous les marqueurs sont normaux, la bilirubine est très augmentée, les sérologies hépatite A et B négatives, la C est en attente.

L'échographie abdominale montre une ascite (de l'eau là où il ne devrait pas y en avoir, dans les membranes qui enveloppent les viscères), un foie et une rate très augmentés de volume.

Devant ces résultats, je lui dit qu'on a pas le choix, et vu l'heure, c'est les urgences, point final.

Je n'ai alors aucune, mais aucune idée sur le pourquoi du comment. Je présume qu'il va être amené à faire un séjour en hépato-gastro-entérologie.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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