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Mercredi 21 novembre 2007

Hier, un cas typique qui m'énerve. M. B., inconnu, qui vient avec sa fille de 13 mois, tout aussi inconnue, pour un contrôle de l'état respiratoire.

Soyons clair, je comprends bien qu'il a été inquiet, mais il y a des limites. Et puis il pourrait se poser quelques questions aussi ...

Vendredi dernier, la gamine tousse, a du mal à respirer, un peu de fièvre, il l'emmène donc en consultation. Le confrère diagnostique une rhino-pharyngite, petit traitement de lavage de nez et paracétamol.

D'après le père, cela s'aggrave, et il part aux urgences le samedi en fin d'après-midi, où l'on posera le diagnostic de bronchiolite (on commence à avoir quelques cas ici).

Et il me sort donc la célèbre phrase : il a pas connu.

Je lui fais alors remarquer le délai entre les deux évènements, et le fait qu'il n'a pas recontacté le confrère.

Quand on voit les évolutions en deux ou trois heures, simplement sur les petits boutons qui disparaissent, la fièvre qui tombe, ou tout le reste ("je vous jure docteur il avait des points rouges / de la température / de la gratte / mal au ventre, etc"), et dans un sens comme dans l'autre ....

Et cela m'est bien sûr arrivé de nombreuses fois, sans compter celles où je dis que je ne sais pas, et que l'on sait le pourquoi du comment dans la suite des évènements. Eventuellement et pas toujours.

Bref, je présume que le confrère ne le reverra plus, et moi non plus sans doute.

 

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 21 novembre 2007

Lu dans la presse professionnelle que nos confrères urgentistes et anesthésistes menacent de prendre massivement leurs RTT à partir de mars 2008, date de déblocage des comptes épargne temps (si j'ai bien compris), faute d'un accord avant le 15 décembre.

D'après le président du principal syndicat des urgentistes, la grève des internes passera alors pour "une promenade de santé".

Les revendications portent sur le décompte des heures supplémentaires, non plus par demie-journée, mais heure pour heure au delà de 39h hebdomadaires.

Elles concernent aussi le prix de la garde, actuellement de 250 euros, et l'extension à tous du prix payé aux seuls praticiens universitaires de 450 euros.

Pour un médecin généraliste, on a de quoi rester rêveur.

C'est le même syndicaliste qui a mis en cause à plusieurs reprises les médecins libéraux en les accusant de refuser les gardes.

Médecins libéraux qui devraient les faire en sus de leurs 56h hebdomadaires de moyenne, dans l'illégalité la plus totale, avec un paiement forfaitaire net de 6,25 euros de l'heure sur des horaires de nuit et de week-end (SMIC net de jour : 6,51 euros), soit 75 euros pour 12h.

Seule remarque réaliste : "en matière de permanence des soins, si on regarde en arrière, c'est la RTT hospitalière qui a contaminé les médecins libéraux qui n'ont plus voulu faire de garde".

Pour ma part, je suis tout à fait d'accord avec ceux qui prônent une professionalisation de la permanence (voir ici)

par le toubib publié dans : point de vue
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Mardi 20 novembre 2007

Revue ces jours mme X., 39 ans, patiente plus ou moins habituelle. Disons que je suis supposé être son médecin traitant, mais que je la vois en réalité fort peu, hélas.

Cette fois encore, elle sort d'une hospitalisation liée à son alcoolisme. Crise de pancréatite aiguë, ce doit être la 4° ou 5° depuis que ja la connais. Mais cette fois, on touche bel et bien aux limites.

Les enzymes pancréatiques sont effondrées, elle a été mise sous supplémentation par Créon°, et d'après le courrier du confrère, il faut surveiller de près la glycémie, car la question d'un diabète naissant fait plus que se poser.

Elle a d'ailleurs été sous pompe à insuline pendant presque tout son séjour.

Depuis la dernière fois que je l'ai vue, elle a perdu au moins 6 ou 7 kilos, elle a les traits creusés, le teint jaunâtre, les yeux injectés.

Elle me certifie que cette fois elle arrête vraiment, qu'ils lui ont fait peur à l'hôpital, avec des bilans impressionnants, et qu'elle va bien suivre son traitement et faire ses prises de sang prévues en temps et en heure.

Je lui rappelle qu'il faudrait aussi respecter mieux son traitement pour l'asthme ...

Et quand je lui demande si elle ne veut pas faire un lot, et arrêter le tabac en même temps que l'alcool, elle rit. Elle devait d'ailleurs être vue par un pneumologue, mais cela n'a pu s'organiser comme prévu.

Cela doit faire au moins 5 ans que je lui demande d'aller faire une épreuve fonctionnelle respiratoire (EFR). Aujourd'hui, son souffle, mesuré au débit de pointe, est à - 5%, ce qui est correct.

Bon; on verra tout cela dans deux semaines, en espérant une amélioration sur les chiffres des enzymes hépatiques.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 20 novembre 2007

Les produits sont de plus en plus chers à sortir et leur avenir incertain ? Des AMM sont refusées, des études montrent le danger des nouvelles molécules qui risquent de se voir retirées ? Les génériques grignotent des parts de marché ?

Contre-attaquons sur le non-remboursé, mais en vente en pharmacie pour faire sérieux. Et sur des créneaux prometteurs.

Il y avait le Viagra°. Du pur sexisme de réserver cela aux hommes. Et cela laisse la moitié de l'humanité solvable sans achat possible.

Mais heureusement, plusieurs industriels promettent de "libérer les femmes de leurs frustations sexuelles" (sic)

L'un grâce à un dérivé d'antidépresseur actif sur la sérotonine, qu'il espère sortir début 2009. Mais le délai d'action est long, de 6 à 8 semaines.

L'autre grâce à un spray nasal à effet rapide, espère couper l'herbe sous les pieds du premier.

Ne reste plus qu'à inventer un concept susceptible d'amener aux ventes : ce devrait être le "dysfonctionnement sexuel féminin".

La pertinence même de la chose est hors cadre.

La problématique des effets secondaires est de la roupie de sansonnet.

Il y a des objectifs à tenir, un chiffre d'affaire à assurer, des dividendes à verser.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Mardi 20 novembre 2007

Vue hier matin Coline, 10 mois, patiente habituelle, pour difficultés respiratoires. Elle n'a pas d'antécédents à ce niveau.

Depuis la veille, elle ne mange pas, ne peut rester allongée sans avoir une respiration sifflante, elle est donc bloquée en position assise. Pas de fièvre. A priori pas de douleur localisée.

Le nez coule un peu. Rien aux oreilles. Pas de problème sur le pharynx. Pas d'angine.

A l'auscultation pulmonaire, ça siffle et ça farfotte. Bronchiolite.

Corticoïdes inutiles, kiné inefficace, même si on nous le vend encore et toujours. Reste l'aérosol.

Et à partir de là, comment faire, hmmm ? 

Si ce n'est adresser la petite au service des urgences ?

Où elle a eu deux aérosols en trois heures avant de repartir, d'après le compte-rendu du père en fin de journée au téléphone.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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