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Jeudi 20 décembre 2007

Hier je vois mme M., 37 ans, patiente habituelle, pour toux, extinction de voix, courbatures, fièvre. Rien que du banal.

Et elle me demande de renouveller son ordonnance de veinotoniques (Ginkor° en l'occurrence). Je lui dit alors qu'au 1° janvier, ce sera déremboursé totalement. Elle me demande de lui prescrire un autre produit. Non, ce que je voulais dire, c'est que tous les veinotoniques seront déremboursés au 1° janvier. Mine catastrophée de la patiente : et pour le prix ? Et bien à vrai dire, je n'en ai aucune idée, même si je présume qu'il va prendre l'ascenseur .....

Et je trouve dans le QDM (Quotidien du médecin, un journal professionnnel qu'on reçoit sans le demander, 95% de pubs déguisées ou non, mais une info intéressante de temps à autre ...) du jour tout un article sur le sujet.

Avec notamment un topo sur le cas italien. Les veinotoniques ont été déremboursés en Italie en 1994. Une étude a comparé la situation en 1991 en Lombardie, à celle de 1999 pour la même région.

Elle retrouve une augmentation d'hospitalisation pour ulcérations veineuses de 4 800 à 6 500 cas (+ 35%).

Pour l'auteur, le déremboursement a permis une économie, consultations incluses de 54,4 millions d'un côté, pour entraîner un coût d'hospitalisation de 78 millions, soit 23,6 millions de dépenses supplémentaires au final (+ 43%).

En sera-t-il de même en France ? 

Et est-il tout simplement prévu d'analyser les conséquences médicales et économiques de cette décision ? J'en doute.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 20 décembre 2007

Reçu hier le courrier concernant mlle L., 17 ans, patiente habituelle, sans antécédent.

Il y a quelques temps, elle me dit avoir depuis un an environ, et de façon plus nette depuis 2 ou 3 mois, des difficultés respiratoires avec tachycardies au moindre effort.

Aucun antécédent d'asthme. Aucune modification dans les conditions de vie. Ne s'est pas mise au tabac, ni à d'autres substances. Aucun traitement en cours. 

Au repos, tout va bien. L'examen est normal, l'ECG aussi, le débit de pointe respiratoire également.

J'opte pour l'hypothèse d'un asthme d'effort, et prescris du salbutamol à prendre juste avant tout exercice physique. Bilan biologique de contrôle pour chercher une anémie.

Elle me rappelle au bout d'une semaine : efficacité du salbutamol nulle. Le bilan biologique est normal.

Je propose donc d'aller voir en consultation de pneumologie le pourquoi du comment, avec une option de passage par la case cardiologie éventuelle.

Hier donc, compte-rendu du confrère pneumologue. Examen normal. Radio normale. Spirométrie (mesures du souffle) normale. Il propose une épreuve d'effort sur cyclo-ergomètre pour quantifier tout cela. Pas d'effort d'ici là.  Il me dit entre les lignes qu'il ne sait pas trop.

Et bien moi pas du tout.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 19 décembre 2007

Revue hier mme M., 71 ans, patiente habituelle, hypertendue, pour suivi et renouvellement d'une part, toux, fièvre, maux de gorge d'autre part, et enfin mise au point sur ses douleurs de hanche et de genou gauches.

Concernant l'hypertension, pas de souci, on est bien équilibré, aucun problème.

Concernant les petits symptômes typiquement hivernaux, il n'y a pas de quoi chercher midi à quatorze heures non plus.

C'est beaucoup plus délicat en ce qui concerne le restant de la consultation. Parce que les radios n'avaient rien montré, que le confrère rhumatologue consulté directement n'avait pas d'idée autre que "arthrose", démentie par les radios, que le scanner lombaire demandé secondairement par le même n'avait rien montré non plus.

Mme M. est alors venu me demander mon avis il y a quelques semaines. J'ai eu nettement l'impression que le problème venait du genou, d'après ses descriptions, et étant donné l'excellente mobilité de la hanche.

J'ai alors demandé une consultation orthopédique. Le confrère a retenu l'hypothèse genou. Fait faire une IRM. Rien. A la deuxième consultation il a préconisé attelle, kiné, repos, anti-inflammatoires.

Mme M. vient donc avec ce courrier de prescription, qui envisage par ailleurs une arthroscopie éventuelle.

Elle ne supporte pas l'attelle, qui lui scie les chairs (sic). Elle ne fait aucun effort en temps normal, et ne peut en faire moins. Les anti-inflammatoires prescrits lui font mal à l'estomac. Elle a arrêté le kiné car cela augmentait les douleurs. Elle refuse toute idée d'arthroscopie.

Bon.

Bon, bon, bon.

Voilà ce que je propose. On arrête la kiné pour un temps, on enlève l'attelle, on change d'anti-inflammatoire en passant du kétoprofène au diclofénac, on met une protection pour l'estomac, et on revoit tout ça après les fêtes. A tête reposée.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 19 décembre 2007
Deux notes qui ne sont pas sans parallèles.

1°/ Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) publie les résultats d'études transversales dans les départements des Alpes-Maritimes et du Nord faites en 1999, 2002, 2004 et 2006 concernant le portage naso-pharyngé de pneumocoques. On constate, sans surprise, depuis l'apparition et la généralisation du vaccin, une diminution des pourcentages de sérotypes vaccinaux, sans diminution du taux de portage, et avec persistance de souches non-vaccinales peu sensibles aux bêta-lactamines.

2°/ Dans son numéro de décembre, La Revue Prescrire revient sur les problèmes d'hépatites liés à l'utilisation du nimésulide (Nexen°).
Le produit a été retiré du marché en Finlande, en Espagne , en Irlande. 
L'Agence européenne se contente de limiter la prescription à 15 jours.
En France, on a eu au moins trente cas, dont un ayant nécessité une transplantation, et deux décès.

La Revue Prescrire rappelle que les références en ce qui concerne les AINS (anti-inflammatoires non-stéroïdiens) restent l'ibuprofène et le diclofénac.
par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Mercredi 19 décembre 2007

En réalité en médecine générale, on est forcé d'utiliser constamment des statistiques, même si cela n'est pas vraiment visible et évident pour le patient.

Quand je vois un cas d'angine, que je fais mon calcul de points, c'est une décision statistique : tant de chance que. Si j'utilisais le test rapide, cela serait pareil : sensibilité et spécificité n'étant pas de 100% (et moindres que le test clinique, d'ailleurs ...), nécessairement, c'est un calcul de chances.

Quand je choisis de traiter un diabète de type 2 (celui traité par comprimé) avec de la metformine, c'est aussi statistique : plus forte probabilité d'efficacité. Pareil quand je choisis en priorité telle ou telle famille d'anti-hypertenseur pour ce patient précis.

Ainsi, hier, je vois en consultation mlle C., 17 ans, patiente habituelle, sans antécédent particulier. Elle m'appelle à 14h, et ne peut venir avant 18h. L'horaire à son importance : cela veut dire que le labo est fermé, de toutes façons.

Depuis deux jours, mictions fréquentes, brûlures urinaires. Tous les signes d'une infection urinaire.

Pas de fièvre, pas de douleurs abdominales, simple pesanteur du bassin.

La bandelette vire, confirmant l'impression clinique.

Elément important, pas de notion d'infection urinaire récente, aucune depuis un an à vrai dire.

Ce qui statistiquement signifie que l'on peut considérer comme vrai à 80% deux informations cruciales : a/ le germe est le célébrissime E. Coli b/ sensible à tous les antibiotiques.

Ce qui rend l'analyse urinaire peu pertinente, d'une part, et permet d'autre part de mettre en route l'antibiothérapie sans attendre.

Statistiques et probabilités sont les fondements de la décision en médecine, surtout en médecine générale.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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