Vu sur les forums médicaux que d'après les premiers chiffres publiés par la sécu, l'activité des généralistes a encore baissé en 2006, de 1,4% soit 4 millions d'actes de moins.
On serait ainsi passé de 320 millions d'actes de médecine générale en 2001 à 283 millions en 2006, alors que la population croît et vieillit. Soit moins 11,56%.
A noter également qu'étant donné que la consultation engendre en moyenne pour 110 euros de prescriptions, d'après les caisses de mon département, dont 59 euros en pharmacie, cela fait faire de substancielles économies aux caisses.
110 x 4 millions = 440 millions de prescriptions en moins.
Voilà qui explique sans doute la très faible progression des dépenses du poste "pharmacie" en 2006, de + 0,9%, nous dit on.
Et explique aussi sans doute la volonté des industriels du médicament de pouvoir développer l'automédication.
Et celle des pharmaciens à pouvoir prescrire.
Tendance qui devrait s'accélérer dans les mois et les années à venir.
Vu sur les forums médicaux que la CNIL refuse dans son avis l'utilisation du n° sécu (celui sur la carte Vitale) pour l'utilisation du DMP.
Cela va à l'encontre des voeux du ministre et des industriels informatiques concernés, qui auront du mal à passer outre.
C'est pour beaucoup de gens, et en premier lieu la plupart des médecins, un avis des plus important, qui devrait permettre de conserver une part du secret médical.
Le patient resterait maître de son dossier, lequel serait beaucoup plus difficile à croiser avec d'autres données, assurant ainsi une protection à sa vie privée.
Une bonne et très importante nouvelle.
Vus dans la presse professionnelle de la semaine les programmes concernant la santé des deux candidats supposés principaux.
La même vision parisienne, déconnectée de la réalité; la même vision du "tout hôpital", le reste ayant les miettes, s'il y en a.
Aucune remise à plat d'un système au rapport qualité/prix calamiteux.
Des mesurettes à la portée limitée. Des gadgets non chiffrés, des économies potentielles.
Aucune perspective sur la démographie médicale. Rien sur le désastre en médecine générale.
Mais est-ce bien étonnant ? Avons nous jamais eu, depuis la création de la sécu, un homme politique de premier plan au ministère concerné ? Non.
Alors que le budget total toutes branches confondues de la sécu est plus important que celui de l'Etat. Alors que la seule branche maladie représente 42% du budget de l'Etat.
Pendant ce temps là, les pays nordiques ont les mêmes résultats en santé que nous, pour 25% moins cher.
Cela ferait 29 milliards d'économies. Par an.
Vu dans la presse médicale que la Cnil, toujours très courageuse, reporte sa décision sur le dossier médical personnel.
En effet, le gouvernement et les intervenants économiques veulent utiliser le numéro d'inscription au répertoire de l'Insee (celui qui est inscrit sur la carte Vitale) pour identifier le détenteur du DMP. Leur argumentaire est financier : chosir le moins cher.
La Ligue des droits de l'homme, le Collectif interassociatif sur la santé (notamment) s'opposent à cette utilisation.
En effet cela permettrait l'interconnexion de fichiers, avec un plus grand risque de violation des données. En outre, à un numéro peuvent correspondre plusieurs ayant droits, ce qui poserait des problèmes de respect du secret médical.
Heureusement, le projet de décret prévoit expressément la possibilité de masquage invisible, c'est à dire, pour le patient, la possibilité de ne pas voir inscrit une donnée, et le fait que cette non-inscription sera elle-même non-discernable.
Mais le patient devra s'opposer à l'accès par le médecin traitant ou en cas d'urgence. Ce qui, s'il y a sanction financière commecertains projets le laisent entendre, sera difficile.
En tout état de cause, a priori, choisir de masquer tout.
Depuis plusieurs jours, je note une grosse demande de renseignements concernant le nouveau médicament pour aider au sevrage tabagique.
Preuve que leur lancement marketing a été réussi; j'ai même vu des "reportages" sur le sujet à la télé, assez honteux, plus publicité que reportage : 5 minutes à vanter le produit, sa nouveauté, son efficacité, sa bonne tolrérance, et 3 secondes sur les effets secondaires + 3 autres secondes pour dire qu'au bout d'un an, 80% de ceux qui l'ont essayé s'étaient remis à fumer.
J'ai déjà reçu des pubs au cabinet pour cette daube, et je ne parle pas de celles dans la presse médicale gratuite.
L'industriel promoteur du produit compte dessus de façon très importante, vu qu'il n'a aucun produit médicamenteux en développement, aucune innovation en cours, rien.
C'est ce laboratoire qui a annoncé des milliers de licenciements dans le monde pour préserver les dividendes, qui ne seront pas soutenu par une nouvelle molécule pour au moins les 5 prochaines années, durée minimale pour espérer découvrir un médicament.
On peut compter sur moi pour ne pas en prescrire !
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