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Lundi 21 janvier 2008

1°/ Samedi matin, appel d'une consultante inconnue, qui voulait un rendez-vous en urgence, en l'absence de son médecin traitant pour un certificat pour pouvoir faire faire de l'ostéopathie. Elle avait une séance de prévue en fin de matinée.

Inutile de dire que ça a été "non" illico. Je refuse déjà de faire ce genre de certificat pour mes patients connus, ce n'est pas pour attester de n'importe quoi chez n'importe qui.

En temps normal, pour les demandes émanant de patients habituels, je refuse en leur expliquant que je ne vais pas moi prendre un risque juridique pour couvrir un acte fait par quelqu'un d'autre. Et que cette demande abusive de "l'ostéopathe" devrait être un signe pour eux de la non-qualité de la pratique de ce dernier. Il est certain que l'on a tout et n'importe quoi dans ce genre de chose, ça va du tout au tout.

2°/ Lu quelques chiffres concernant la démographie médicale sur un forum; connus, mais toujours bon à revoir.

En 1980, il y avait 118 000 médecins, généralistes à 64%; en 1985, pour 55 millions d'habitants, 145 000 médecins; en 2000 197 000 médecins, généralistes à 48%; les estimations donnent 200 000 médecins en 2005, pour 63 millions d'habitants.

Dans 5 ans, on devrait avoir 180 000 médecins, dans 10 ans, 150 à 160 000, dans 15 ans environ 130 000/140 000, dans 20 ans environ 120 000.

La remontée prévue du numerus à 7 300 ne permet pas de retrouver un équilibre, on était à 7 900 places en 1979, et plus de 8 000 auparavant. On a donc, sauf importation massive de confrères, un minimum de 28 ans de creux devant nous.

3°/ D'après l'ordre des médecins, il y a 10 263 remplaçants médecins généralistes en France, 4 552 non thésés et 5 711 thésés. Beaucoup de non thésés s'inscriraient "au cas où" ou n'auraient pas une activité significative, et l'offre réellement disponible au final (!) serait d'environ 7 000, pour 55 000 médecins généralistes libéraux installés.

par le toubib publié dans : brèves
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Samedi 19 janvier 2008
Voir ici.
par le toubib publié dans : brèves
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Samedi 19 janvier 2008

Vous avez peut être lu les interrogations sur le sujet (et pas que) de notre confrère ici, mais je peux lire depuis quelques temps sur différents forums médicaux des questionnements sur le "comment" du médecin traitant.

D'après les données de l'Assurance Maladie, 98% des gens ayant choisi leur médecin traitant ont choisi un médecin généraliste. Naturellement et logiquement, dirons nous.

Certains pensent que la fonction de médecin traitant ne peut réellement s'exercer que dans le cadre d'une filière de soins totale. Ce qui semble tout à fait logique. Le rôle est de coordonner et de centraliser autour du patient. Si certaines données ne passent pas par le médecin traitant, le système est incohérent, et perd donc de son efficacité.

Se pose aussi la question plus subtile et plus délicate de savoir si le médecin traitant doit être une personne physique ou une personne morale.

En termes plus simples, faut-il un médecin, ou bien peut on envisager des médecins, travaillant en groupe et à temps partiel ?

La loi prévoit expressément la possibilté (et les caisses ne savent d'ailleurs toujours pas appliquer la loi, 4 ans après ...), mais on ne parle pas en l'espèce du cadre juridique, mais du cadre de fonctionnement médical.

Les tenants du singulier pensent que le patient choisi tel médecin pour ses raisons personnelles, et que le suivi dans le temps et l'approche globale construisent la cohérence de la relation, ce qui est perdu avec le pluriel, avec un aspect mécanique du soin, dans lequel les médecins seraient interchangeables.

Les tenants du pluriel soutiennent que le patient peut très bien à l'intérieur d'un groupe de médecin avoir un "médecin traitant principal" et des "médecins traitants accessoires".

Pour ma part, je crois que le débat sera résolu par l'aspect inexorable de la démographie à venir, et les disponibilités réelles sur le terrain. Les arrivants souhaitant s'installer en groupe, et ne pas faire du 60h et plus par semaine, alors que dans beaucoup d'endroits il n'y aura qu'un médecin pour tout un bassin de vie, la question restera très intéressante, mais purement théorique -)

par le toubib publié dans : point de vue
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Samedi 19 janvier 2008

Hier, j'ai poussé un hurlement de rage du fin fond de mon cabinet.

Non, pas contre un patient -)

Contre un supplément soi-disant de formation continue, c'est à dire censé concourir à nous fournir des informations pertinentes, d'un journal professionnel, un de ceux qu'on reçoit sans rien avoir demander et dont une page sur deux est de la pub (vous me direz que c'est pareil pour n'importe quel magazine féminin et qu'en plus il faut le payer ... bon argument, certes, mais ce n'est pas la question).

Pour être honnête, il y a quand même des trucs intéressants dans ces journaux, faut trier, c'est tout.

Lors donc, gros titre "l'avantage du diagnostic précoce", sur la couverture,avec en dessous quelques questions à choix multiples, portant notamment sur l'Alzheimer. Avec réponse en p 4.

Dont une qui demande si le traitement précoce de la maladie d'Alzheimer permet une stabilisation de l'état cognitif de 60% des sujets (A), peut faire office de traitement d'épreuve en cas de diagnostic douteux (B), améliore certains troubles du comportement (C), réduit le taux de mortalité (D).

Nota : Obi Wan Kenobi n'est cité à aucun moment, preuve absolue du sérieux de ces QCM.

En page 4, on peut lire : réponses A, C, D.

Le C ne pose guère de problème. Les  A et D beaucoup plus. Parce que ce sont des affirmations gratuites, sans preuves, ne reposant sur rien. Le genre de chose qui participe aux mensonges éhontés que l'on fait au patient et à sa famille.

Il n'est que d'aller consulter le Vidal° papier édition 2007 p 1860 et suivantes, au sujet de l'un des principaux "traitements" médicamenteux, au chapitre "mise en garde". Lors d'études portant sur des démences de tous types, on a noté une surmortalité avec le traitement.

Les études sur des patients ayant un Alzheimer n'ont duré que ... 6 mois.

Même la HAS a été contrainte de reconnaître que ces "médicaments" ne servent à rien (mais on rembourse quand même).

Mon avis est simple et clair, concernant ces ... qui écrivent et soutiennent de telles ... choses : tuez les tous, le diable reconnaîtra les siens !

par le toubib publié dans : point de vue
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Samedi 19 janvier 2008

Encore hier, deux demandes de certificat de non-contre-indication à la pratique des plateformes vibrantes.

Depuis septembre, je peux témoigner que c'est le truc à la mode, ce machin.

Dès le départ, mon idée a été que le principe en est totalement stupide, avis conforté par ce que j'ai pu en lire. On ne voit pas comment le fait de faire vibrer à haute fréquence pourrait être efficace pour muscler. On avait eu la stimulation électrique, maintenant on a ça (soupir ...)

Bon, bref, mon souci en tant que médecin n'est pas de porter un jugement de valeur (jugement qui n'en aurait d'ailleurs aucune de valeur ...) mais de dire si oui ou non cela peut poser problème en terme de santé.

En dehors des évidence (pas chez la mamie qui a deux prothèses de hanches, une du genou, et un stimulateur cardiaque), il ne semble pas exister de contre-indication formelle chez l'adulte jeune en bonne santé de sexe féminin qui constitue 99,99% du marché d'après ce que j'en ai vu à ce jour.

La question qui vient à l'esprit est quand même celle du micro traumatisme articulaire et tendineux, et là, d'après ce que j'ai pu lire (de médical, précision importante) c'est réellement un problème. Bon, c'est comme toujours, travailler dans l'axe, sur des sessions courtes, et il ne devrait pas y avoir de souci.

Quand au bénéfice de la chose ...

Rappelons que les sports les plus pertinents médicalement sont la marche, la natation, le vélo à faible rythme, l'aviron à faible rythme, le ski de fond à faible rythme (on peut y adjoindre le roller de fond). En gros y aller en douceur et en souplesse -)

Rappellons que l'effet du sport sur la santé est une courbe en J : ne pas en faire du tout confère une morbidité plus forte qu'en faire un peu, mais dès que l'on dépasse ce "un peu" qui est de 10 à 15 minutes par jour, la morbidité (potentialité d'avoir un souci de santé) augmente, et assez vite.

Le sport, c'est mauvais pour la santé -)))

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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