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Lundi 19 novembre 2007

Je parlais il y a peu de cette merveilleuse histoire de notre interdiction de prescription de certains produits, Bricanyl° et Atrovent° en l'occurence.

Et bien, je me suis retrouvé confronté au problème samedi matin.

M. H., 33 ans, patient habituel, asthmatique, bien sûr fumeur (soupir ....), théoriquement sous traitement chronique par corticoïdes et béta-2 longue durée, bien sûr fort peu observant (vox in deserto, re-soupir ...).

Il arrive dans un état ... proche de l'Ohio. Je l'entends siffler dans la salle d'attente dès l'ouverture de la porte de la partie bureau.

Il arrive à me dire qu'il est comme cela depuis 3 ou 4 jours, qu'il s'est auto-prescrit des corticoïdes en comprimés qui lui restaient, qu'il a fini son flacon de salbutamol, que cela n'a pas été efficace, et que la seule chose qui marche bien d'habitude, c'est l'aérosol.

Je n'en disconviens pas. Mais voilà .... nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

Je lui explique la problématique. Il va donc falloir qu'il parte aux urgences de l'hôpital, le seul aspect positif, c'est qu'il ne devrait pas attendre trop longtemps là-bas (Dark Vador en bruitage de couloir, je ne sais pourquoi, généralement c'est assez mal toléré).

Son passage aux urgences va coûter environ 220 euros. Pour un aérosol.

La location avec le masque aurait fait moins de 30 euros (pour une semaine), et moins de 4 euros en médicaments à chaque aérosol (normalement 3 à 4 par jour). Sur deux jours, moins de 70 euros.

Positivons : on a économisé une ambulance, c'est son amie qui l'a emmené.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 19 novembre 2007

Vu passé sur des forums médicaux une décision du tribunal administratif de Dijon qui va contribuer à attirer des jeunes confrères et consoeurs en rural et semi-rural, c'est certain.

Ce tribunal, saisi par des élus locaux, a annulé l'arrêté prefectoral qui arrêtait la permanence des soins en libéral à minuit, comme à peu près partout en France.

Rappelons que la légalité de cette formule d'arrêt à minuit est déjà sujette à caution, ministère et ordre des médecins étant incapables d'assurer qu'elle est bien compatible avec le code de déontologie et le code pénal (principe de précaution).

Autrement dit, pour ces brillants élus locaux, dont la vision doit avoir du mal à dépasser le bout de leur nez, le médecin libéral, et en l'espèce singulièrement le médecin généraliste, doit être taillable et corvéable à merci, et au travail 24h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, et 366 les années bissextiles.

Quel merveilleux message est ainsi affiché !

Voilà les confrères de retour à la garde de 20h à 8h le lendemain, ce suite à une journée de travail, et avant la journée suivante. Dans le mépris le plus total de leur sécurité comme de celle du patient.

Bien sûr, ils peuvent s'arrêter avant ou après. Sauf que ...

Qui va voir leurs patients en journée pendant leur absence ? Hmmm ? Qui ?

C'est brillant, c'est digne du pays de la Logique et de la Raison Pure : le piège n'attire pas les mouches ? Rajoutons un peu de vinaigre.

par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 19 novembre 2007

Nous sommes en pleine saison de la vaccination anti-grippale. 

Et il y a une chose qui m'a toujours étonné : le faible taux de professionnels de santé qui se vaccinent. 

Parce qu'enfin, nous sommes à la fois très exposés, et très susceptible de servir de vecteur pour dissiminer la maladie.

Et bien, il semble que moins de la moitié des soignants ne se préoccupent de la question, et ne s'estiment concernés.

A vrai dire, il me semble également pour le moins étrange, mais nous sommes nuls en santé publique, que ce ne soit pas une obligation.

Mais même en termes de recommandation simple, on ne peut pas dire que les agences susceptibles d'intervenir sur le sujet ne se mobilisent vraiment.

Or nous aurions, d'après plusieurs estimations, entre 1 500 et 2 000 morts par an.

Enfin bon, personnellement, c'est vaccin.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 17 novembre 2007

Revue hier Pauline, 9 ans et demi (le demi est important), patiente habituelle, avec sa maman, pour petite rhino d'une part, et discussion de la consultation d'endocrinologie pédiatrique d'autre part.

La mère s'était en effet inquiétée en septembre lors d'une consultation pour certificat de sport, tout de suite en entrant dans le cabinet, du fait que sa fille semblait ne pas grandir. Et en reprenant les deux consultations effectuées en un an, dont celle l'an passé à la même date également pour un certificat de sport, c'était bel et bien une réalité.

A l'examen, je retrouvais alors le démarrage pubertaire au niveau des seins signalé par la mère. Pas de pilosité axillaire ou pubienne. La taille était mesurée entre -1 et -1,5 DS.

Hier donc, mise au point et explications complémentaires, quoique je sois persuadé que le confrère hospitalier a été très précis et descriptif (je connais ce service hospitalier, ils sont très bien, avec les enfants comme avec les parents) ; mais il est vrai que c'est complexe, et qu'il n'est pas évident d'assimiler toutes les information d'un coup !

J'ai entre temps reçu le courrier adressé par le confrère.

La puberté est un peu en avance par rapport à la moyenne, mais sans signification pathologique franche.

Par contre, ce qui est plus ennuyeux, c'est que les radios pratiquées conduisent à conclure à un âge osseux de 10 ans et demi. Mais avec un écart de 1,5 dérivation standard (1,5 DS), on ne peut pas proposer grand chose comme solution.

Le confrère a indiqué à la mère que la taille finale devrait être entre 1,55 et 1,60 m. Il souhaite revoir Pauline dans six mois.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 17 novembre 2007

Le rimonabant (Acomplia° de son nom commercial), produit soi-disant anti-obésité, se voit à nouveau sévèrement mis en cause par deux études. La molécule a été interdite de commercialisation aux USA en juin dernier, à cause d'effets secondaires d'ordre psychiatrique.

Ce que confirme une étude britannique publiée dans le Lancet, avec une augmentation des troubles de l'humeur et de l'anxiété, alors même que les personnes ayant des antécédents de maladies psychiatriques avaient été exclues d'emblée.

Ce que confirme également une autre étude, canadienne.

De plus, l'effet est modeste, perte de poids de moins de 5 kg, avec un effet plafond, la poursuite du produit n'étant pas efficace.

Notons que l'Agence européenne du médicament a décidé en juillet dernier de conserver ce produit sur le marché, mais en le réservant aux personnes n'ayant jamais eu de dépression "grave" ou ne prenant pas d'antidépresseurs.

Précaution qui semble totalement inutile au vu de l'étude britannique.

La Logique et la Raison Pure seraient elles en train de gagner l'ensemble de l'Europe ?

Ou s'agit-il plus prosaïquement de gros sous, d'amicales pressions, et de renvois d'ascenseur au frais des patients/contribuables/cotisants ?

Comment ça, mauvaise langue ?

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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