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Mardi 15 avril 2008

C'est inexorable, tous les médecins généralistes voient un certain nombre de cas de ce genre par mois : péremption des droits.

Le patient qui a la CMU, qui y a toujours droit, mais qui n'a pas pensé à demander son renouvellement en temps et heure. Ou dont le dossier traîne entre deux bureaux quelque part.

Et qui bien sûr dans la plupart des cas n'a pas un sou pour payer la consultation. Que faire alors ? Mis à part forcer le passage de la carte, en sachant très bien que le paiement ne sera que partiel, même les droits rétablis à la date concernée, en continuité.

Très étrange en vérité que des caisses qui me renvoient des arrêts de moins de trois jours, sur lesquels elles ne sortiront donc pas un centime, parce que le patient a oublié de cocher une case, et dépensent pour ce faire temps, papier et frais postaux, ne soient pas à même de contacter à l'avance les patients concernés, qui par définition sont en situation difficile, pour leur dire de penser à faire les démarches nécessaires.

Ou quand je songe à toutes les publications qui nous sont destinées venant des caisses, mises à la poubelle directement ou presque (ouverture de l'enveloppe, coup d'oeil, hop !).

On me répondrait qu'il ne s'agit pas des mêmes budgets, bien sûr, mots magiques censés tout expliquer dans les lieux où le règlement prime sur l'intelligence.

Enfin, le vrai problème c'est au niveau de la délivrance des prescriptions, notamment médicamenteuses. Parce que là, il y a toujours une part à payer.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 14 avril 2008

Samedi matin, appel un peu stressé de mme P., patiente habituelle, pour son fils de 3 ans.

Tiens, c'est un cas typique de la logique de notre pays : il est suivi quand il va bien par un pédiatre, et les fois où il est malade, comme ses parents le récupèrent en fin d'après-midi, ou alors comme là le samedi matin, c'est moi qui le vois .... enfin passons.

Lors donc, il a mal a une oreille depuis la nuit, il a de la fièvre, 38,5° / 39°, douleur et température ne cèdent pas bien au paracétamol.

Il arrive, il est bien grognon, mais le Oui-Oui fait vite son effet (sauf ce problème du grelot ...).

On commence par regarder un peu partout sauf les oreilles bien sûr. Bon, rien, ça pousse sans souci depuis deux mois que je ne l'ai vu.

Oreille droite, rien, oreille gauche, on ne voit rien. Pas qu'il n'y ai rien, non. Mais ça coule, et donc visibilité nulle. Même après un petit mèchage. Fort peu apprécié en outre de l'intéressé.

Il a déjà eu des otites, mais jamais de ce genre. On va bien sûr raisonner en probabilité, prescrire un antibiotique, ajouter de l'ibuprofène, et attendre deux jours. Me tenir au courant.

Mot de la mère à la fin : "de toute façon le Dr X (le pédiatre) est absent la semaine prochaine". J'ai donc une petite chance d'être effectivement appelé si ça ne se passe pas comme il faut -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 12 avril 2008

Question hier à propos d'un patient.

Non pas quand à l'utilité, ni au dosage de son traitement de substitution à l'héroïne par méthadone.

Il est équilibré avec, il a retrouvé un travail depuis, son état de santé n'a rien à voir avec ce qu'il était avant. Il est régulier, et à ma connaissance il n'y a pas de souci de type prescriptions multiples.

Non, la question que je me pose, c'est par rapport à la nouvelle forme galénique qui doit sortir sous peu, en gélules, alors qu'actuellement seule la forme sirop est disponible.

Gélules qui contiendront un gel pour que le produit ne soit pas injectable.

Je n'ai pour l'instant aucune donnée concernant les dosages disponibles, et si j'ai bien compris, les patients concernés devraient retourner en centre spécialisé pour la 1° prescription, ce qui semble particulièrement stupide. Quelles connaissances ont ces centres des patients que nous suivons ?

Au total, l'impact devrait donc être proche de zéro. Et la demande des patients aussi, vu les délais en centre. Pays de la Logique et de la Raison Pure.

Renouvellement.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 11 avril 2008

Revue hier pour suivi et renouvellement de son traitement mme D., 31 ans, patiente habituelle, sans autre antécédent notable.

C'est un cas assez classique et démontratif de la pathologie : femme, début en fin d'adolescence, avec alors comme symptôme principal une agoraphobie nette, provoquant un évitement social important. Ré-assurance par des objets fétiches. Apparition de crises avec sensation de mort imminente.

Traitement mis en place à l'époque par alprazolam uniquement.

Il y a sept ou huit ans, elle a fait une thérapie cognitive, et a été mise sous citalopram en parallèle.

Je suis son médecin traitant depuis environ cinq ans, suite à plusieurs crises, consécutives à un arrêt brutal et intempestif du citalopram.

La reprise de la molécule, avec l'appoint de l'alprazolam au cas où, lui a permis de retrouver un équilibre, et de pouvoir travailler en prenant par exemple l'ascenseur, ce qui était devenu impossible à une époque : gênant quans son bureau est au 10° ou 12° étage.

Elle avait vu il y a deux ans plusieurs confrères psychiatres, afin d'obtenir la certitude que le traitement serait en pratique à vie.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 10 avril 2008

Revu hier m. T., 82 ans, sympathique et habituel patient, bien connu pour une hypertension minime et une arthrose majeure, ansi qu'une hypochondrie intermittente.

Je l'avais vu vendredi dernier à domicile pour un état associant toux, fièvre, ronchus de la base du poumon droit à l'auscultation. Bien entendu, il se voyait avec un pied et un talon (n'y allant qu'à reculons) dans la tombe. Antibiotiques, paracétamol, et à son insistante demande, un "expectorant". Et la consigne de me tenir au courant.

Hier donc, appel de sa femme : ça ne va pas mieux, il est toujours aussi fiévreux, il n'arrive plus à tenir debout, il a "toute la carcasse qui tremble". Je réponds que c'est ennuyeux, j'aimerai bien avoir une radio. C'est donc le fils qui va l'emmener, cabinet pour le mot pour le confrère, radio, puis retour au cabinet.

Et oui, à la base droite, une petite image. Rien que d'avoir eu une confirmation visuelle, il est déjà mieux ! Et oui, il me dit qu'il se voyait déjà avec des métastases surinfectées des deux poumons. Au minimum.

Bon, on va donc changer de famille antibiotique, et on verra la suite. Et j'insiste sur le fait de me tenir au courant, le mieux aurait été de me rappeler lundi, trois jours c'est assez pour voir si le traitement est adapté ou non.

Il me répond qu'il ne voulait pas déranger. Je lui rétorque que quand il y a des signes de maladie ça ne dérange jamais.

Du coup, il m'a appelé ce matin pour me dire que la fièvre est tombée.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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