Lecture de deux articles, concernant tous deux la permanence des soins, dont le rapprochement est hautement significatif.
L'URML (Union régionale des médecins libéraux) de Basse-Normandie claque violemment la porte des Ficqs (fonds d'intervention pour la qualité et la coordination des soins = notamment le financeur
de la PDS libérale en mission de service public), faute de voir arriver les financements promis.
Or, il y a encore peu, c'était le modèle vanté et mis en avant par le ministère de notre quart de temps, par le rapport Grall, par l'ordre, par tous ceux qui voulaient le maintien de la
PDS.
Dans le même temps, notre quart de temps de ministre présente comme nouveau modèle l'organisation du dispositif du ... Val de
Marne.
Qui comporte si j'ai bien compris, pour 1,2 million d'habitants, 2 centres hospitaliers, 10 maisons médicales de garde, et est couvert
par SOS médecins.
On retient comme notable le chiffre de 5 actes au total entre minuit et huit heures, soit 1 pour 240 000 habitants .....
A noter aussi qu'à cette même occasion, elle a maintenu l'objectif de passer au niveau national de 2 500 secteurs à 2 000, le président du conseil de l'ordre à ses côtés, lequel n'a rien objecté,
lui qui proclamait il y a moins de 3 mois que tout cela reposait sur des "considérations strictement comptables", s'inquiétait de "la préservation de la permanence des soins en France" et voulait
l'abandon de "ce dispositif aberrant de réduction des secteurs de garde".
N'écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, il se garda d'intervenir. (J. Renard)
1°/ Les tentatives pour garder des médecins généralistes en exercice après leur retraite, par autorisation du cumul, sont un
échec.
En outre, l'âge moyen de départ en retraite a baissé de douze mois entre 2005 et 2007.
Autre problème majeur : les médecins généralistes de 55 ans et plus se tournent massivement vers le salariat, l'offre étant en
constante augmentation.
Et nous entrons seulement dans les années de creux, avec les départs massifs, et les arrivées au compte-goutte.
2°/ Seules 10 facultés ont mis en place le stage de médecine générale du deuxième cycle selon les dispositions prévues (6 semaines temps plein équivalent).
3°/ Permanence des soins : on en apprend de belles !
Dans la presse professionnelle, on peut lire des comptes- rendus de la mission chargée d'arrondir les angles de la diminution du
nombre de secteurs, notamment ceux concernant l'Yonne. Un cas d'école.
Un tiers des secteurs ne sont tout bonnement pas pourvus, et un autre tiers le sont de façon épisodique.
Et avec ça, on voudrait nous faire croire qu'il n'y a aucun problème, à peine une ou deux difficultés qui seront résolues tranquillement.
1°/, 2°/, 3°/ : jusqu'ici, tout va bien.
Je vais encore me faire des amis.
Ainsi, dans le Gers a démarré une grève des gardes, en réplique à la restructuration prévue, de 31 à 6 (ou 8, même là les chiffres varient selon les sources ....) secteurs.
Grève des effecteurs et non de tout le monde : les régulateurs (ceux qui répondent au téléphone quand le patient appelle) continuent.
Grève les soirs et les samedis après-midi, mais pas le dimanche.
Je trouve cela d'une incohérence pour ne pas dire d'une stupidité à peu près totale.
Très clairement, il s'agit de préserver la vache à lait du dimanche, avec report des consultations du samedi après-midi sur ce jour. En outre, on sait que les soirées ne comptent souvent aucun
acte. Ipso facto, superbe démonstration du caractère purement financier de l'opération.
Opération qui risque bien de se retourner contre ses promoteurs, à faire ainsi de la demie-mesure : ils vont réussir à démontrer que la permanence est en fait inutile, parce qu'il n'y aura pas
plus de demande aux urgences, et pas plus de morts !
Déjà, on parle d'ajouter aux regroupements prévus la suppression des gardes de soirées, les caisses constatant l'absence d'actes sur ces plages horaires.
C'est à pleurer de rage.
Lu un compte-rendu d'une étude des centres antipoison et de toxicovigilance (Captv) menée par l'institut de veille sanitaite (Invs),
parue dans La Revue du Praticien (vol. 58, n°8).
En 2006, on a recensé 197 042 expositions à des produits toxiques. L'analyse de 130 000 de ces cas montre que 82,5 % d'entre eux sont d'origine accidentelle, et que 15,7 % sont d'origine
volontaire, le reste étant indéterminé.
En ce qui concerne les intoxications accidentelles, dans la moitié des cas il s'agit de produits domestiques ou de médicaments.
Et la moitié des intoxications accidentelles touchent des enfants de 1 à 4 ans. Ce qui veut dire 3 % des loupiots de la tranche d'âge chaque année.
Conclusion claire, nette et sans appel : les gens ne suivent pas les consignes de sécurité basiques quand ils ont des gamins à la maison.
Regrouper les produits ménagers hors de portée, et avec une fermeture complexe, voire sous clé.
Ne pas laisser traîner des médicaments, les regrouper ensemble dans un espace spécifique, hors de portée, sous clé.
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