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Vendredi 18 janvier 2008

Revu ces jours au milieu des syndromes grippaux m. T., 65 ans, patient habituel, qui vient discuter des résultats d'examens et de consultations.

Il a des antécédents de vertiges étiquetés sans grandes conviction Ménière, mais de très rares crises ces dernières années. En revanche depuis presque trois ans, il présente une otite chronique à droite, avec une greffe de tympan, greffe qui a été percée presque tout de suite. Il a des acouphènes (bruits parasites quasi constants) prononcés à gauche.

Il voit donc plus que régulièrement un confrère ORL ...

Les audiogrammes pratiqués n'ont jamais montré d'atteinte de la conduction nerveuse.

Il y a peu, dans un cadre de bilan de cette otite chronique qui se remetttait à couler, on demande une IRM. Etait prévu dans le même temps une consultation neurologique pour aggravation des acouphènes à gauche avec sensation d'oreille pleine, sans modifications des données ORL.

L'IRM montre un neurinome à droite (tumeur bénigne). La précédente IRM il y a deux ans ne montrait rien.

La neurologue qui l'a vu en consultation a cru à une erreur de notation de côté, ou de retranscription des symptômes. Non, non. Symptômes à gauche, image à droite.

Elle m'écrit qu'elle est un peu perdue, et va donc discuter de ce cas en réunion pluridisciplinaire.

Pour ma part, je ne sais que redire au patient ce qu'on lui a déjà dit, que c'est bénin, que ça s'opère, mais que cela n'explique pas du tout, mais alors pas du tout ce dont il se plaint. Que nous avons des questions, et d'excellentes questions, et aucune réponse.

Heureusement il est assez posé, et prend les choses avec philosophie.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 18 janvier 2008

Hier, retour de mme D., 42 ans, patiente habituelle, avec les résultats de sa récente consultation neurologique.

Elle présente depuis plusieurs années tous les symptômes du canal carpien, à droite, puis à gauche. Des fourmis puis des douleurs dans les doigts, touchant surtout index et majeur, oedèmes intermittents de la main, accentuation du problème la nuit. Symptômes qui vont s'aggravant peu à peu.

Cela fait des années que je tente de la convaincre de traiter ça; mais elle ne veut pas entendre parler d'infiltration, car elle a lu (le net, n'est ce pas) que cette technique échoue souvent, et qu'on est alors obligé d'en passer par le chirurgical. Mais elle a une peur bleue de l'intervention, elle craint de rester paralysée, et de perdre l'usage de sa main.

Après de très longues plaidoiries, répétées et redites et rabâchées, j'ai fini par pouvoir l'adresser à une consoeur neurologue, avec une demande d'électromyogramme (EMG, les acronymes, toujours !), ce qui permet de quantifier le problème en mesurant les temps de réaction et les vitesses nerveuses.

Et là, devant les résultats chiffrés, la consoeur lui dit qu'à son avis, c'est chirurgical. Ce que me dit aussi le courrier qu'elle me donne.

La patiente m'explique que la consoeur lui a sorti un tableau explicatif avec des comparaisons côté indemne/côté atteint -)

Elle est convaincue, elle a déjà pris rendez-vous chez le chirurgien que je lui avais indiqué, mais elle y a va franchement à reculons !

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 18 janvier 2008

1°/ Les service de la concurrence au niveau européen se demandent si les grands industriels du médicaments ne cherchent pas à freiner la montée des médicaments génériques.

L'innovation est en chute libre. Entre 1995 et 1999, sortaient sur le marché environ 40 produits par an; ce chiffre est tombé à 28 entre 2000 et 2004.

Et la commercialisation de molécules génériquables tarde, est différée, voire annulée dans certains cas.

On a donc assisté à des perquisitions visant les bureaux de Sanofi-Aventis, GSK, AstraZeneca, Pfizer, Merck, J&J, Wyeth, Teva.

L'enquête doit durer 9 mois. Résultat dans un an.

2°/ JT de France 2 hier soir à 20h. Un sujet sur l'Alzheimer. Comme d'habitude, on vante l'intervention du Professeur, et on dénigre les médecins généralistes qui seraient fort peu nombreux à utiliser les tests de dépistage, présentés comme récents en plus, alors qu'ils sont connus depuis lurette. C'est juste qu'il vient d'en sortir un de plus .... qui ne fait pas mieux que les précédents.

Crétin de journaleux incompétent.

Dans les mesures possibles, sont cités les produits pharmaceutiques. Médicaments dont la totale inutilité est connue, et a même été reconnue (le couteau sous la gorge il est vrai) par l'agence à irresponsabilité illimitée qu'est la HAS.

par le toubib publié dans : brèves
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Jeudi 17 janvier 2008

Depuis dix jours environ, ça semble bien parti, un patient sur deux arrive avec tous les symptômes d'un syndrome grippal. 

Toux, petite fièvre, courbature, maux de gorge, maux de tête, signes abdominaux parfois.

La seule question, c'est de savoir si c'est la grippe la vraie, ou les cousins moins virulents à priori, les parainfluenzae. Encore que cette année,la grippe qui arrive serait plutôt du genre grippette aussi ....

A priori, on est pour l'instant localement dans du pseudo-grippal : les cas familiaux montrent que ça se tasse en 4 ou 5 jours, sans beaucoup de fièvre.

Il faut expliquer et ré-expliquer aux patients vaccinés que le vaccin marche contre la grippe la vraie (et le vaccin couvre le H1N1 circulant), et elle seule, et qu'il n'est donc pas anormal ni scandaleux qu'ils se retrouvent avec des symptômes évoquant mais n'étant pas ...

On nous promet la vraie pour la semaine prochaine. Il faudra alors expliquer et ré-expliquer aux patients non-vaccinés que oui, ils ont attrappés le cousin la semaine d'avant, mais que cela ne protège pas de la vraie -)

Et sinon, comme toutes les années, c'est médicalement fort peu intéressant, on pourrait préparer les ordonnances et les arrêts maladie à l'avance !

Heureusement, ça dure deux à trois semaines au plus.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 17 janvier 2008

J'ai vu hier deux cas de consultations de dermato assez typique. En un quart de seconde on a le diagnostic et le traitement, et en un quart de seconde de plus, on sait qu'on est dans une impasse. Bon, j'exagère, cinq minutes d'écoute et d'interrogatoire, et on est bloqué.

On n'aura jamais la cause du problème. Et en plus, ce n'est même pas vraiment important -)

Lors donc, premier cas, loupiot de 7 ans, petit patient habituel, sans antécédent particulier, notamment aucune allergie connue. La maman m'a appelé car il se gratte les creux des coudes depuis quelques jours.

Eczéma sec. Très bien, félicitations du jury, effectivement le soleil se lève à l'est. Cause du problème ? Alors là, c'est une bonne question ....

En pratique, et comme toujours dans ces cas là, j'explique illico qu'on ne retrouvera jamais la cause, qu'il en refera peut être, et peut être pas.

Corticoïdes locaux trois jours puis cérat de Galien, et voir venir.

Deuxième cas, jeune fille de 15 ans, patiente habituelle, qui présente depuis une heure environ ce qui est diagnostiqué par la mère comme un urticaire (la patiente en a déjà fait un une fois, pas de cause retrouvée), sans signes respiratoires ou généraux.

A l'arrivée, très bon diagnostic de la maman, urticaire sur l'ensemble du corps, ça gratte légèrement.

Un urticaire n'est allergique qu'environ une fois sur deux. Et à l'interrogatoire, pas de cause évidente.

Corticoïdes en comprimés trois jours avec anti-histaminique.

Deux jolis cas de "je sais sans savoir".

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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