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Vendredi 15 février 2008

1°/ D'après une étude publiée dans le journal de l'association des cardiologues américains, le nombre d'accidents coronariens chez les italiens de 35 - 64 ans est en régression de 11,2 % après l'interdiction de fumer dans les lieux publics survenue en 2005.

Clair, net, sans bavure.

2°/ Etude ACCORD arrêté en partie : il s'agissait de traiter de façon "intensive" des patients diabétiques, supposés à hauts risques cardiovasculaires, en visant un taux d'hémoglobine glyquée (mesure qui reflète l'équilibre glycémique moyen des 3 mois précédents) inférieur à 6%, qui est la normale supérieure chez un non-diabétique.

Surmortalité dans le groupe traité "intensivement".

A l'inverse, l'étude STENO-2 confirme l'intérêt de traiter les diabétiques ayant une micro-albuminurie avec un IEC (famille d'anti hypertenseur), une statine (hypocholestérolémiant), de l'aspirine, et en visant un taux d'hémoglobine glyquée de 6,5%.

Conclusion : primum non nocere, et raison gardée.

3°/ Alors que les partisans du traitement hormonal de la ménopause tentent de mettre en avant la minable enquête MISSION, le bulletin du cancer publie une étude basée sur les données de l'assurance maladie française qui le met sérieusement en cause dans l'augmentation de survenue de cancer du sein.

Entre 2000 et 2006, le nombre de traitements hormonaux chutent après 2002 (- 62% en taux standardisé), suite aux publications les mettant en cause, alors que le nombre de mammographies de dépistage augmente considérablement (+ 335%).

On observe dans le même temps une diminution du taux du nombre de cancer dépisté pour 100 000 femmes/années, alors qu'une l'augmentation du dépistage aurait dû logiquement conduire à un plus grand nombre de cas.

Pour les auteurs de l'étude la seule modification majeure pouvant expliquer ce fait est la diminution massive des traitements hormonaux.
Une très grosse pierre dans le jardin de ceux qui prétendaient que le traitement hormonal de la ménopause "à la française" n'entraîne pas d'augmentation du risque de cancer du sein.

par le toubib publié dans : brèves
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Vendredi 15 février 2008

PDS = permanence des soins. 

En pratique, vu par les politiques, la présence supposée nécessaire et rassurante pour leurs électeurs d'un médecin 24h/24 et 7j/7. En pratique aussi, ce n'est opposé, d'ailleurs illégalement, qu'à certaines spécialités dans des tours de garde spécifiques, et pour le cas commun, qu'aux seuls généralistes, et le terme concerne plutôt ce dernier. En pratique toujours, cela veut dire en dehors des heures classiques d'ouverture des cabinets, donc en gros de 20h à 8h en semaine, et de 12h le samedi à 8h le lundi.

En pratique enfin, un des principaux motifs du refus de l'installation en libéral, ce qui fait que de vouloir un médecin généraliste en 24/24 7/7 conduit à ne pas en avoir du tout !

Nous avons donc cette PDS libérale qui fait actuellement environ 5 millions d'actes par an, soit environ 2% du nombre d'actes total en médecine générale.

Nous avons des services d'urgence qui font 14 millions de passages par an. Dont 80% aux heures ouvrables, soit 11 millions, et 80% qui ne relèvent pas des urgences, soit 11 millions (et 50% des patients qui ont des symptômes depuis deux jours et plus ...)

Le coût moyen est en PDS libéral de 48 euros et de 220 euros en service d'urgence.

Imaginons maintenant une régulation en amont du service d'urgence, avec un deuxième contrôle à l'entrée, par exemple paiement d'un forfait de 10 euros rendu uniquement sur quitus médical attestant de la nécessité de la venue aux urgences (seul moyen d'éviter les resquilleurs voulant forcer le passage).

On renvoit sur la ville les 11 millions de consultations citées plus haut : (220 - 22) x 11 = 2,17 milliards à récupérer.

On bascule vers les services la PDS libérale en supprimant celle-ci : 5 millions d'actes théoriquement, en pratique sans doute deux fois moins par la régulation. Au maximum, un surcoût théorique de (220 - 48) x 5 = 0,86 milliard.

Au final :

- la médecine générale libérale est bien plus attractive
- les services d'urgence passent de 14 à 8 millions d'actes par an
- le système peut faire 1,31 milliard d'économie au moins

Formidable, non ?

Et bien cela ne se fera jamais. Parce que les hôpitaux ne voudront jamais lâcher une part de marché, et les milliards qui vont avec.

Nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 14 février 2008

Revu hier M. B., 74 ans, patient habituel, hypertendu, pour suivi et renouvellement, et surveillance d'une glycémie qui est un peu limite, mais pas encore de l'autre côté de la ligne.

Et bien entendu, il me reparle pour la 3° fois en un mois (la première fois il était venu exprès pour, la 2° il avait la fausse grippe, et là c'était la 3° ...) de la douleur de son genou droit.

Il a été opéré il y a presque deux ans du genou gauche pour arthrose, sur le compartiment interne, classique. L'autre côté était prévu dans la foulée, mais la rééducation du premier s'est moyennement bien passée, du coup il a repoussé, a mis du temps à se décider, et est de ce fait en liste d'attente avec opération prévue dans trois mois maintenant.

Et bien sûr, il aurait voulu que ça se fasse dès sa décision prise. Et il ne veut pas d'autre chirurgien "il a mon dossier", pas faux.

Il vient donc se plaindre auprès de moi qu'il souffre, qu'il n'en peut plus. Je lui dit et redit que je ne fais pas de miracle, que le confrère n'a que deux mains, que les journées n'ont que 24 heures, et qu'il y a d'autres patients à opérer.

En plus honnêtement, c'est loin d'être catastrophique comme situation, mais bon.

Et bien entendu, quand je lui demande où il en est au niveau des antalgiques, savoir si on envisage quelques temps de diclofénac, il me dit prendre un à deux comprimés de paracétamol par jour. Et je lui redit donc que s'il a mal, il n'a qu'à monter à quatre par jour.

Bon, encore trois mois à tenir, pour lui comme pour moi -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 14 février 2008

1°/ Le mystère de la disparition de la circulation des pièces de un euro et surtout de deux euros est toujours non résolu, et voilà qu'en arrive un autre : le mystère des billets de 5.

Ces temps, nombreux sont ceux qui, payant en liquide, sortent un, ou deux, ou trois billets de cinq euros.

Avant, non. Maintenant, oui.

Supposition : y a-t-il sur le coin un alchimiste quelconque qui aurait réussi à transformer les pièces en billets ? Et si oui, pourquoi en billet de 5 ? Le truc ne fonctionne pas sinon ? Il se fait la main avant de passer à 20 / 50 ou 200 / 500 de billet à billet ? Il a peur d'attirer l'attention et préfère rester petit mais sûr ?

La vie est pleine de mystère.

2°/ Coup de fil hier d'une visiteuse médicale qui me demande mon adresse courriel. Pardon ? "C'est pour pouvoir vous adresser des documents .." "Non merci", et raccroché au nez. Pas l'intention d'être noyé sous les conneries de pubs d'industriels. Ils n'arrivent plus à être reçu à la porte, ils tentent la fenêtre. On ne peut pas leur reprocher de manquer d'air par contre !

3°/ Encore un sombre crétin qui s'exprime sur l'alzheimer en prétendant que les médecins généralistes auraient besoin de valider un "certificat de consultation mémoire". Il est certain que c'est le minimum pour faire un test de trois minutes, savoir ne rien prescrire en médicamenteux (inefficace), et faire une prise en charge de la dépendance comme cela s'est toujours fait. 

Ce doit être le genre de confrère persuadé de l'efficience des différents produits disponibles sur le marché ....

On est aidé, c'est sûr ....

par le toubib publié dans : brèves
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Jeudi 14 février 2008

On savait déjà que l'acupuncture (y compris factice ...) peut être efficace : voir ici.

D'après une étude parue dans le BMJ, des chercheurs de Baltimore (Etats-Unis) se sont penchés sur son utilisation dans l'amélioration de la fécondité, notamment dans le cas des procréations médicalement assistées, dont le taux de réussite est assez faible (et le prix élevé).

Ils ont fait une méta-analyse à partir de 7 études, pour un total de 1 336 patientes. Pour 3 études, l'acupuncture était comparée à un traitement factice, pour les 4 autres, on ne proposait aucun traitement.

On retrouve alors une augmentation de 65% du taux de grossesse (1,65  IC 95% 1,27 - 2,14), une augmentation des grossesses évolutives (1,87) et des naissances vivantes (1,91).

En prenant le taux le plus bas, on retient qu'il faut traiter 17 femmes par acupuncture dans ce cadre pour avoir une grossesse suplémentaire.

Ce avec une à deux séances de 20 à 25 minutes, juste avant ou juste après le transfert d'embryon.

On discute du pourquoi du comment : neurotransmetteurs stimulant la sécrétion hormonale ? stimulation de l'iirigation sanguine utérine ? production d'opioïdes ?

La conclusion est donc que tout cela mériterait amplement des études complémentaires prospectives (= de plus haut niveau de preuve), pour juger de l'intérêt d'une généralisation.

par le toubib publié dans : remise en cause
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