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Lundi 17 mars 2008

Il est vrai que la rédaction des ordonnances est parfois un casse-tête, pour le pharmacien d'abord, pour le patient ensuite.

L'informatique et l'impression ont déjà bien amélioré les choses, à condition de s'en servir, bien sûr ! Fini les "écritures de docteur" à la lisibilté sujette à caution, et à interprétations variables.

Maintenant, il faut aussi être clair et net dans sa façon d'écrire.

Pour ma part, suite à une formation sur le sujet alors que j'étais encore étudiant, je note toujours en lettres et en chiffres pour les posologies et la durée. Et en DCI (dénomination commune internationale, le nom chimique du médicament) dans la majorité des cas.

Ce qui donne par exemple : 

Paracétamol 1g, un (1) cp matin midi seize heures et soir pendant cinq (5) jours.

Pour le Previscan°, ça donne par exemple : un quart (1/4) cp le soir pendant un (1) mois (je rappelle que par égard à l'arthrose de mes patients j'ai tendance à préférer le concurrent).

Très facile avec mon logiciel qui permet une création de pharmacie "personnelle", raison principale de mon choix informatique d'ailleurs.

Ainsi, au moment où je suis passé à la prescription quasi totale en DCI (plus de 80 % en fait), j'ai recréé toutes mes fiches l'une après l'autre. Deux jours de travail, fastidieux certes, mais maintenant en 3 clics de souris c'est fait, clair et net, sans confusion possible.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 15 mars 2008

Ou présence de sang dans les urines.

Là, survenue brutale, massive d'après la patiente, mais on sait que la quantité réelle est difficile à juger. Elle dit bien quand même rouge et non rosé. A une seule reprise. Sans aucun symptôme à côté. Pas de signe annonciateur.

Pas de fièvre, pas de douleur, nulle part. Ni avant, ni pendant, ni depuis.

Aucun antécédent particulier, aucun traitement en cours en dehors de la contraception.

Aucun effort précédent l'épisode, aucun facteur déclenchant à priori, rien de spécial n'a été ingéré. On est à distance des "règles", et il n'y a pas eu de saignement utérin ces temps.

L'échantillon au cabinet est rosé, la bandelette dit +++. Nitrites négatif, leucocytes négatif. Pas une infection donc si l'on se fie à ces résultats.

Et évidemment on est vendredi, et il est 18h45. 

Bon. La patiente est cliniquement bien, il n'y a pas le feu au lac.

On va faire une analyse urinaire demain matin, un ASP (cliché radio simple de l'abdomen) et une échographie abdominale.

Si on ne trouve pas grand chose avec rien, juste quelques globules rouges, ce qui est prévisible, on fera un contrôle quelques jours plus tard. Et on s'arrêtera là si le contrôle est normal et que cela ne récidive pas dans quelques temps. Ce qui est le plus probable.

Tout comme le plus probable est que cet épisode rejoindra mes depuis longtemps innombrables "je ne sais pas".

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 15 mars 2008

Quand l'ajout intempestif d'un traitement supposé anodin de façon non concertée vire à la mini-catastrophe.

M. C., 61 ans, est un patient habituel. Il est diabétique de type 2 (celui traité par comprimé), hypertendu. C'est un bon vivant, et obtenir un équilibre même vacillant de son diabète est des plus compliqués. Il y a quelques temps, une tentative par un service hospitalier de pompe à insuline avait d'ailleurs assez mal tourné.

Depuis nous sommes à une association de metformine, de gliclazide et d'acarbose.
Avec bien entendu, étant donné les effets secondaires de chacun des produits, une tendance assez net aux troubles gastro-intestinaux au moindre élément perturbateur.

Lors donc, m. C. ayant par ailleurs des problèmes d'arthrose aux genoux et aux hanches, s'en est allé consulter directement un confrère rhumatologue. A priori sans lui apporter son ordonnance.

Il est ressorti de la consultation avec une prescription de diacérhéine. Produit bien connu pour ses effets laxatifs certains et avérés.

Que croyez-vous qu'il arriva ?

A la quatrième ou cinquième prise, heureusement faite le matin, diarrhée plus que conséquente, malaise sur un parking d'hypermarché plus tard en fin de matinée, pompiers, hospitalisation, hypoglycémie.

Autant vous dire qu'on ne va pas conserver la diacérhéine, dont l'intérêt est d'ailleurs très limité, sur l'ordonnance standard.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 15 mars 2008

Et ce n'est pas que pour la rime, il n'y a pas d'autre mot possible.

Deux problèmes de fond ont été à nouveau soulevés ces jours.

D'une part la délivrance par certaines structures des fameux points prévus par les textes. Or les décrets d'application ne sont pas en place, 12 ans après, et le tout vient d'être à priori renvoyé à l'automne .... au plus tôt.

Se repose donc la question de la valeur de ces points. Comment pourrait-on garantir au confrère les ayants accumulés qu'ils compteront, alors que l'on ne peut faire du légal rétroactif ?

Autrement dit, c'est juste un truc utilisé pas très honnêtement par certains pour attirer le chaland.

On ne mentionnera même pas à nouveau les décomptes prévus, et donc non publiés à ce jour, qui sont à pleurer de rage.

D'autre part la HAS et l'Institut droit et santé de Paris Descartes ont organisé un colloque sur les problèmes juridiques de l'EPP.

Parce que le statut juridique des informations partagées et analysées n'est pas clairement défini. Ainsi, cela pourrait tout à fait en l'état actuel amener à des recours contentieux en responsabilité, puisque le but est bien de mettre en lumière des dysfonctionnements et défaillances pour y remédier. Ces analyses pourraient donc servir de preuves  en justice.

Voilà un sérieux frein pour les professionnels.

Une solution préconisée est la neutralisation juridique, qui existe dans plusieurs pays (Danemark, Australie, Etats-Unis) : les documents analysés ne peuvent plus servir de base à une action juridique.

Mais cela fait hurler les associations de patients.

En attendant, on voit bien tout l'amateurisme qui règne dans la gestion de ces dossiers.

Nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

par le toubib publié dans : point de vue
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Vendredi 14 mars 2008

J'ai vu ici, comme sur d'autres blogs ou sur des forums des questions concernant ces cartes (voir ici). Notamment savoir pourquoi alors que l'on vante le régime crétois, le sud semble moins bien loti que nous : Espagne, Portugal, Italie, Grèce.

A y réfléchir, je vois deux raisons majeures pouvant expliquer cela, mais je ne connais pas d'études susceptibles de valider réellement cette pensée.

Tout d'abord, le tabac. 

Il me semble avoir lu que le pourcentage de fumeurs dans la population générale est plus élevé dans ces pays qu'en France. Et j'ai lu lors de la mise en place de la loi d'interdiction de fumer dans les lieux publics pour la France, que la quantité de tabac fumé est également largement inférieure chez nous. Et bien entendu, je n'arrive pas à remettre la main sur ces données !

L'autre raison, c'est la consommation de sel. 

On a l'impression à passer dans ces pays que l'utilisation en est encore plus large que chez nous, mais je ne connais pas de données comparatives sur le sujet, c'est purement gustativo-touristique ! Et on sait fort bien le rôle de ces petits grains de rien du tout, qui pèsent pourtant bien lourd au fil des ans dans la balance de l'espérance de vie.

A ce sujet, ou presque, on peut se féliciter du fait que la justice de notre pays vient de renvoyer dans les cordes les industriels du sel qui cherchait noise à un chercheur ayant mis en cause le rôle du produit dans la génèse de nombreuses pathologies (voir ici).

Bon, il nous reste encore à obtenir une baisse raisonnée et progressive de la teneur en sel des aliments, dans un but de santé publique, pour espérer être vraiment efficace et préventif. C'est loin d'être gagné ....

par le toubib publié dans : point de vue
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