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Le blog d'un toubib médecin généraliste
Vue hier Claudine, 11 ans, patiente habituelle, pour son vaccin.
La maman me signale par ailleurs un autre problème : Claudine a, à nouveau, des problèmes de petites diarrhées depuis la rentrée des classes, avec des selles très irrégulières, alors qu'il
n'y avait aucun souci en vacances.
Il ressort de l'interrogatoire que la demoiselle boit une tasse de chocolat le matin, un verre d'eau à midi, un autre en rentrant de l'école, et un dernier le soir.
Nous sommes donc typiquement dans un problème de constipation avec fausse diarrhées, grand classique chez les enfants. Ils ne pensent pas à boire pendant la journée, n'en ont guère la
possibilité, refusent d'aller aux toilettes à l'école. Ils désapprennent à écouter leur corps, ne répondent pas au besoin physiologique, et du coup leurs intestins choisissent de ne plus se
fatiguer à avertir.
Le premier traitement est bien sûr l'eau : augmenter les volumes sur la journée.
Le deuxième est la prescription de fibre de lest.
Prescription pour un mois, à revoir au besoin.
Et tranquille pour 5 ans pour le vaccin.
L'Assurance Maladie (régime général, caisses des salarié) vient de publier quelques chiffres intéressants concernant le coût de certaines pathologies lourdes.
Ainsi, en 2004, le montant moyen remboursé par an par patient en affection de longue durée (ALD) était de 7 068 euros, dont 4 676 euros pour l'ALD (patient moyen : 2 400 euros par an).
On peut diviser ces coûts moyens ALD en 4 groupes :
- autour de 3000 euros par an : rectocolite hémorragique, Crohn, scoliose évolutive, spondylarthrite ankylosante
- entre 5 000 et 9 000 euros : cardio-vasculaires (5000 à 6 500), diabète (6 000)Parkinson, tumeurs malignes, Alzheimer (8 500 à 9 000)
- autour de 10 000 euros : VIH, sclérose en plaques, AVC invalidants, affections psychiatriques de longues durées
- plus de 15 000 euros par an : 5 affections sont dans ce groupe; suite de transplantation (17 000), paraplégie (18 000), mucoviscidose (22 000), néphropathie grave (24 000), hémophilie (27
000).
Lu dans la presse professionnelle une étude assez inquiétante sur les effets délétères des médicaments.
Aux USA, d'après la FDA, entre 1998 et 2005, le nombre de décès provoqués par des médicaments est passé de 5 519 à 15 107.
Cette augmentation a été quatre fois plus rapide que celle du nombre d'ordonnances.
1 489 médicaments ont été liés à des effets secondaires graves et à des décès. 51 d'entre eux sont resonsables de 43% des notifications d'accidents.
Voilà qui incite à y aller tout doux sur la prescription !
Revue hier mme B., 63 ans, patiente habituelle, pour renouvellement de son traitement antihypertenseur.
Mais bien sûr, comme toujours, son problème n'est pas sa santé à elle, mais celle de son mari, insuffisant respiratoire majeur, en oxygénothérapie à domicile quasi constante.
Les soins, la surveillance, le stress induit, tout cela l'épuise.
Nous avons fait il y a maintenant six mois un dossier pour pouvoir obtenir de temps à autre une hospitalisation de jour dans un cadre spécialisé, mais il n'y a aucune nouvelle au
jour d'aujourd'hui. Cela lui permettrait pourtant de souffler un peu, de disposer de quelques heures pour elle.
Son mari la pousse à sortir, mais c'est elle qui a peur de le laisser seul, car il est déjà tombé plusieurs fois, et a le plus grand mal à se relever. Et il y a chez eux plusieurs niveaux séparés
par une ou deux marches.
Leurs enfants habitent assez loin, et ne peuvent donc guère aider, même pour une journée.
Je lui propose de relancer le centre contacté, et fais donc un courrier en ce sens.
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