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Samedi 17 novembre 2007
Lu dans la presse professionnelle un article au sujet de la publication de chercheurs de Toronto (Canada), concernant la différence homme/chimpanzé.

Comment expliquer en effet que ces deux là soient aussi différents avec 99% de gènes partagés ?

Les chercheurs apportent un nouvel élément de réponse : le même gène ne conduit pas nécessairement à la même protéine.

Tout provient de l'épissage alternatif, lequel concernerait 60% de nos gènes.

Le gène est lu, un ARN prémessager va être chargé de transmettre l'information pour fabrication de la protéine.

Mais au passage, il se transforme en ARN messager, et c'est là qu'intervient l'épissage alternatif.

Dans les gènes, il y a les parties codantes (exons) et les parties non codantes (introns; en gros la colle entre deux morceaux codants). L'épissage est le phénomène d'élimination des parties non codantes, pour ne garder que le message signifiant quelque chose. Avec ce mécanisme, une région du gène lue = un message = une protéine.

C'est là qu'intervient l'option "alternatif" : l'élimination des parties non-codantes (les introns) peut s'accompagner de l'élimination de certaines parties codantes (les exons), et pas toujours de la même façon. Ce qui multiplie évidemment les possibilités. On a alors une région lue = plusieurs messages possibles = plusieurs protéines possibles. Et le nombre peut alors varié de façon considérable.

Les chercheurs canadiens ont montré que c'est le mécanisme d'épissage alternatif qui diffère dans 6 à 8% des cas entre homme et chimpanzé.

PS : bien sûr, en pratique clinique, ça me fait une belle jambe; mais j'ai appris quelque chose.
par le toubib publié dans : point de vue
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Vendredi 16 novembre 2007

Reçu hier un courrier concernant m. U., 46 ans, patient habituel, suite à la deuxième consultation orthopédique pour son genou gauche.

Genou qui devient par moment gros comme un beau melon. Ce suite à l'abus de sports : moto et ski, surtout quand on chute, ça peut faire du dégât.

En l'occurence, le patient s'est déjà vu retirer le ménisque externe.

J'avais donc prescrit paracétamol, repos et kiné, mais comme il rouspétait (et ne respectait pas le repos, vox in deserto), je lui avait proposé de consulter un chirurgien spécialisé, et de lui poser les questions touchant aux solutions qu'il pensait avoir trouvé sur le net.

Le chirurgien avait demandé une IRM à cause d'un gros doute sur le ménisque restant.

Résultat des courses, le ménisque n'est pas assez touché pour justifier une intervention.

Et le confrère écrit "au sujet des questions soulevées par m. U., la viscosupplémentation n'apporterait rien dans son cas, et les chondroprotecteurs seraient comme vous le lui avez indiqué d'une utilité douteuse".

Au final, d'après le courrier : repos plusieurs mois et kiné.

PS : les chondroprotecteurs sont des médicaments supposés ralentir l'évolution de l'usure des cartilages des articulations. Autant dire qu'en l'état actuel des connaissances et des résultats d'études, ils protègent essentiellement les chiffres d'affaire et les bénéfices des industriels du médicament.

 

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 16 novembre 2007

Vu un cas abracadabrantesque signalé sur un forum par un confrère.

Il a reçu un courrier de sa caisse lui rappelant qu'il n'a pas le droit de prescrire Atrovent° ou Bricanyl° (solution pour nébulisation pour inhalateur), prescrition réservée aux pneumos et pédiatres (je l'ai reçu aussi, c'est sans doute une circulaire nationale).

Il a une patiente présentant une insuffisance respiratoire grave nécessitant une oxygénothérapie 24/24. Les deux produits sont utilisés tous les jours.

Le médecin généraliste ne peut donc légalement renouveller l'ordonnance (sécu dixit); il doit donc prescrire un transport ambulancier tous les 3 mois, pour consultation hospitalière chez le pneumologue qui suit cette patiente par ailleurs, uniquement pour une signature et un coup de tampon sur l'ordonnance.

En cas d'impossibilité de rendez-vous en temps et heure, devant le risque de rupture de traitement, la seule solution serait alors .... l'hospitalisation.

Il a donc écrit à la caisse à ce sujet, avec joint un courrier du confrère pneumologue soulignant également l'absurdité de la chose, et le coût induit.

On attend avec impatience la réponse de la caisse ....

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 16 novembre 2007

Le dosage de la microalbuminurie consiste à rechercher dans les urines une protéine, marqueur de l'évolution vers l'insuffisance rénale, plus précoce que d'autres marqueurs (comme la protéinurie).

Le but est bien évidemment toujours le même : dépister le plus précocément possible, en espérant, en intervenant au plus vite, éviter des complications.

Le protocole consensuel en vigueur depuis au moins 10 ans dans le cadre du diabète de type 2 (celui traité par les comprimés), est de faire au moins un dosage annuel.

On sait qu'un dosage positif implique un doublement du risque cardio-vasculaire pour le patient, et que cette cause est 60 fois plus fréquente dans le décès du diabétique de type 2 que l'origine rénale. La microalbuminurie n'est que très faiblement prédictive de la survenue d'une néphropathie avérée.

La logique sur un dosage positif, avec des études de faibles niveaux de preuves mais concordantes, semble de mettre en place un traitement associant aspirine (comme anti-agrégant = "fluidifiant") et statine (traitement du cholestérol, simvastatine ou pravastatine en priorité, seules molécules ayant prouvé leur efficacité).

En cas d'antécédent cardiovasculaire, on ajoute un IEC (une des classes d'antihypertenseurs) ou à défaut un sartan (autre classe), même en l'absence d'hypertension.

En revanche, en l'absence d'antécédent, et en cas de tension supérieure à 140/80 (objectif pour les diabétiques), ces deux classes n'ont pas démontré de supériorité sur les autres possibilités de traitement de la tension.

A partir de là, le dosage annuel de la microalbuminurie est-il indispensable chez tous les diabétiques de type 2 ? 

Logiquement, non. Car dans de très nombreux cas, il ne conduira pas à une modification du traitement.

En pratique courante, on constate que la plupart du temps, il est inscrit dans le bilan annuel standard, et qu'il est plus simple de cliquer "imprimer" que de chercher à adapter au cas par cas.

Je me console (et me justifie) en me disant que pour une fois je respecte le "con en sus" -)

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Jeudi 15 novembre 2007

Lu dans la presse professionnelle un article concernant les assurances des médecins, et  l'évolution sur les 5 dernières années.

Il est à noter que l'obligation de souscrire une RCP (responsabilité civile professionnelle) n'est pas plus ancienne; très bizarrement, on pouvait exercer auparavant sans assurance ! Je présume tout de même que les confrères dans ce cas ne devaient pas être nombreux .....

Lors donc, que nous dit-on ? Et bien que contrairement à ce que les assureurs ont affirmé pendant longtemps pour justifier les augmentations de primes, le nombre de cas (ce qu'ils appellent la sinistralité) n'a que très peu bougé sur ces années !!!

Ce qui a augmenté, c'est le montant des dommages versés; mais plusieurs lois ont encadrés ces sommes depuis, et les primes n'ont pas baissé pour autant.

Bref, une fois de plus on nous a menti, et dans les grandes largeurs.

Concernant les seuls médecins généralistes, j'ai par ailleurs reçu un courrier de mon assureur (groupe MACSF) qui note que le taux total de sinistralité est de 1,17% (stable), et de 0,21% si l'on ne considère que les plaintes pénales.

Le taux total toutes spécialités confondues en exercice libéral est de 2,62% (2,5% en 2000).
 

PS : sages-femmes 0,14%, infirmières 0,05%, kiné 0,35%, podologues 0,22%.

par le toubib publié dans : point de vue
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