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Lundi 17 décembre 2007

Il y a des fois, il faut rappeler qu'un médecin, même s'il attache de l'importance aux antécédents, à l'évolution de la pathologie, à son devenir éventuel, travaille essentiellement dans le présent, ici et maintenant.

Samedi matin, je vois m. I., 47 ans, patient habituel qui consulte habituellement rarement, n'ayant heureusement pour lui que fort peu besoin de mes services.

Toux, maux de gorge, maux de tête, fièvre, courbatures :  rien que de banal en ce moment à priori.

En passant dans la partie examen du cabinet, il me dit qu'il faut qu'il me parle du fait qu'il y a un mois, il a eu pendant une semaine environ des sensations bizarres, comme des "vides intérieurs".

C'est difficile à expliquer me dit-il. Et bien à dire vrai, c'est assez difficile à suivre aussi, sans parler de pouvoir le comprendre ou l'étiqueter.

Pas de déficit neurologique, pas de troubles de la vision ou de l'audition, pas de vertiges, pas de douleurs, il a fait vérifier sa tension à deux reprises (normale). Bien entendu, aucune cause apparente, même minime, même potentielle.

Et c'est passé comme c'est venu.

L'examen ne va rien retrouver d'autre que la pharyngite attendue.

Seul scrupulum qui traîne dans mes pensées : vous n'avez pas de parents, grand-parents, famille diabétique (s) ? Et bien non.

Bon, et bien à vrai dire, je ne sais pas. Si cela récidive, il faudra venir consulter immédiatement, qu'on voit ça in vivo plutôt qu'à distance.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 15 décembre 2007

J'ai vu hier mme F., 42 ans, patiente habituelle, sans antécédent ou pathologie en cours notable, pour "écorchures sur le tibia droit qui ne sont pas jolies".

A son arrivée, elle boîte bas, et grimace franchement en prenant un fauteuil.

Elle est tombé le dimanche précédent lors d'une promenade dans les bois, elle a nettoyé avec ce qu'elle avait à la maison, mais depuis deux jours ça gonfle, c'est chaud, ça fait mal. Et elle n'a pas eu le temps de venir avant.

Première chose : vérification dans le dossier de la date du dernier vaccin tétanos. Pas de souci à ce niveau. Bien, voyons cela.

Elle enlève le pansement qu'elle a fait en serrant les dents, les compresses ont collé à la plaie. Effectivement, dermabrasion sur toute le crête tibiale, avec par endroits des plaies plus profondes, et des suppurations.

Ce n'est quand même pas catastrophique, loin s'en faut.

On va mettre en place une antibiothérapie, refaire le pansement avec de la Bétadine° gel qui sera antiseptique  et empêchera en même temps que la compresse ne colle;

Et je lui fais remarquer qu'il vaut mieux quand même songer à ne pas trop laisser traîner ce genre de chose.

Tout ce qu'elle me répond, en souriant, c'est qu'on devrait quand même éviter l'amputation, non ?

Pour ce genre de chose, on a deux problèmes en médecine : les hypochondriaques et les sans-soucis. Savoir lesquels posent le plus de problèmes .......

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 15 décembre 2007

Il semble bien que l'on soit entré dans la zone de turbulences démographiques en 2006.

D'après ce que j'ai pu lire, d'après la caisse de retraite des médecins libéraux, le nombre de médecins généralistes ayant déclaré un BNC (ah ces acronymes ! bénéfice non commercial = revenu annuel) est passé de 62 291 en 2005 à 55 134 en 2006.

Soit une baisse de 7 157, ce qui représente environ 11,5%.

Il faut bien comprendre que cela ne signifie pas nécessairement une diminution de 7 157 médecins généralistes en France, mais de 7 157 médecins généralistes libéraux.

Certains ont pu abandonner l'exercice libéral, exercé à temps plein ou à temps partiel, pour devenir salarié.

C'est donc la somme de ces changements d'exercice et du déficit d'arrivants en remplacement des départs à la retraite.

Ce n'en est pas moins assez inquiétant : la baisse semble un peu brutale pour ne pas contenir un effet de rattrappage, mais indique une tendance qui devrait se confirmer dans les années à venir.

A noter que la baisse pour les autres spécialités est superposable.

par le toubib publié dans : point de vue
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Samedi 15 décembre 2007

Il y a des fois, l'observance tient à des choses simples, pour ne pas dire basiques.

La présentation du médicament, notamment. Sirop ou comprimé, effervescent ou pas, arôme de la chose.

Ainsi hier, j'ai vu par deux fois la petite Anne, 8 ans, patiente habituelle.

Pathologie banale, de saison, comme on dit : toux, fièvre, maux de tête, nez qui coule. A la fin de la consultation, sirop, paracétamol, et attendre que ça passe, à la maison. L'école, avec la tête comme une coucourde ...

Sauf que la gamine fait 32 kilos. Ce qui a son importance pour le dosage du paracétamol, que l'on répartit en 3 fois sur la journée à cet âge là (le 4 fois par jour, c'est utile et souvent nécessaire chez les petits, après, c'est beaucoup moins vital !).

A 60 mg/kg/j, on a donc du 500 mg. Qui peut se présenter sous différentes formes. Raison pour laquelle je pose (presque) toujours la question : effervescent ? (bon, en fait je dis : avec les bulles) comprimé ? sachet ?

La loupiote m'a demandé "les bulles" "comme mon grand frère". Prescription ad hoc, faite vers 8h15.

Et coup de fil de la mère vers 9h : Anne a vomi juste après son petit déjeuner. Allons bon. Ramenez la moi, qu'on voit ça.

Dès le début de cette deuxième "consultation", pour Anne c'est clair : c'est "le goût des bulles". Si ce n'est que ça : sachet, et me rappeler pour me dire comment ça se passe.

La mère, gênée de m'avoir dérangé pour ça, va m'appeler deux fois dans la journée pour me dire que les sachets s'avalent bien, et qu'Anne va mieux.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 14 décembre 2007

Vue hier mme H., 44 ans, patiente habituelle, pour suivi et renouvellement de son traitement.

Cette patiente a d'une part une petite hypertension artérielle, équilibrée sans problème, et d'autre part deux autres pathologies chroniques beaucoup plus délicates à traiter.

Tout d'abord, des lombalgies présentes depuis des années, suite à des fractures de vertèbres, du sacrum et du bassin après un accident de la route. Après plusieurs essais de traitements, on a trouvé un équilibre viable avec du Rivotril° et du paracétamol. Le Laroxyl° était beaucoup plus efficace, mais entraînait malheureusement trop d'effets secondaires.

Ce qui est bien dommage, car il permettait de traiter au mieux le second problème chronique, à vrai dire assez lié au premier, une dépression qui fait le yoyo. 

Actuellement, mme H., par ailleurs suivie par un confrère psychiatre, n'a comme autre traitement qu'un hypnotique, Havlane° en l'occurence.

Ce qui n'est déjà pas d'une logique absolue, étant donné qu'il s'agit de la même famille que le Rivotril°. Mais il est vrai que l'indication notée noir sur blanc n'est pas identique, ce qui a évidemment son importance.

Hier donc, elle me demande d'arrêter l'Havlane° pour un autre produit "qui réussit très bien à une amie". Allons bon. Et qu'est-ce donc ? Elle sort une boîte vide de son sac.

Tercian°. Un truc assez lourd, pour pathologie de type états psychotiques ou anxiétés majeures et résistantes. Avec une liste d'effets secondaires plus longue que le fameux jour sans pain.

Je lui ai donc dit "non" d'entrée, hors de question. Et je lui ai expliqué pourquoi. Il est certain que c'est le fait d'avoir ouvert le Vidal° et montré la liste des effets indésirables qui l'a convaincue !

Elle est donc repartie avec son ordonnance habituelle.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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