Nouvelle consultation de mme D., 35 ans, patiente connue mais dont je ne suis pas le médecin traitant (je crois qu'elle n'en a
pas).
Ellle était venue il y a six semaines environ pour des douleurs abdominales droites, et radio et échographie avaient mis en évidence l'existence de cailloux dans la vésicule.
Opération faite par coelioscopie il y a presque un mois.
Patiente revue il y a deux semaines, car la cicatrisation des points de coelioscopie tardait un peu, avec des infections locales. Traitement à ce moment là par povidone iodée en gel.
Elle me rappelle car elle présente depuis quelques jours des douleurs abdominales droites, hautes, de plus en plus fortes au fil des
jours, gagnant en intensivité dans la journée, rythmées par les repas.
A l'examen, l'abdomen est tendu, difficilement palpable, mais pas hyperalgique. Pas de fièvre, pas de signes urinaires, constipation mais pas d'arrêt, pas de nausées. Les points sont fermés et
propres.
On va faire une radio, une échographie, et il va falloir probablement recontacter le chirurgien.
Non, ça ne repousse pas, et on ne peut refaire un caillou.
Je pense plutôt à une adhérence, une attache crée par l'inflammation due à l'opération, qui colle des organes entre eux.
A suivre.
Consultation hier de mme P., 71 ans, patiente habituelle, sans antécédent particulier sauf une arthrose de la colonne, sans traitement
chronique.
Elle se plaint de sa hanche gauche, elle a mal, elle boîte, elle a besoin d'être opérée, il doit lui falloir une prothèse.
Il faut dire, et là tout s'explique, que son mari, 73 ans, vient d'avoir une totale de la hanche, tiens à gauche aussi d'ailleurs. Et que cela a été miraculeux sur le plan fonctionnel, comme
presque toujours !
Elle entre donc en boîtant et en grimaçant.
Mais à l'examen, la douleur est très externe, sur le grand trochanter. La mobilisation active déclenche la douleur, la mobilisation
passive se fait sans problème. Cela ressemble plutôt à de la tendinite.
On va quand même faire une radio, et oui, on jette un coup d'oeil à la colonne lombaire qui n'a pas été vérifiée depuis deux ans.
Je lui rappelle quand même en souriant que de toute façon pour la colonne on ne prothèse pas !
Elle revient un peu plus tard avec les radios : les hanches sont parfaites, mais on a des calcifications là où il n'en faudrait pas
vers ce grand trochanter ....
Anti-inflammatoire, protection de l'estomac, on verra pour de la kiné.
Vous avez déjà vu le film "les 12 travaux d'Astérix" ? Et bien une fois encore j'ai réussi à sortir sain et sauf de la
maison-qui-rend-fou -)
Pensum fini pour cette année. Ne me reste plus qu'à adresser le tout à mon AGA qui, nouveauté du millésime, se chargera de transmettre le tout aux impôts. Via le net.
Quelques chiffres pour fixer les idées et montrer à quel point les choses peuvent être en trompe l'oeil.
Je suis à 34,14 % de charges (pas de secrétaire); le premier poste de charges est bien entendu celui des charges sociales qui, CSG déductible incluse, représente 46,30 % du total.
Mon BNC (bénéfice non commercial) est de 70 914 euros, ce qui compte tenu de mes horaires annuels de travail correspond à 30,83 euros de l'heure, pour 47 euros d'honoraires de l'heure, c'est à
dire 2,13 consultations par heure d'ouverture du cabinet (mes visites sont je le rappelle rarissimes). Etant donné que je ne traite aucune paperasse en dehors du cabinet (principe de base absolu
pour moi !!!), ce sont aussi les chiffres finaux de mon activité.
Ce qui, compte tenu du fait que je suis en secteur un, et de ce que les caisses sont supposées versées en cotisations, correspondrait environ pour un salarié à 21,30 euros nets de l'heure, et à
35h par semaine à 3 280 euros de salaire mensuel.
Le différentiel avec mon BNC réel est bien sûr entièrement dû au fait que j'ouvre mon cabinet 2 300 heures par an, là où un salarié à 35h fait 1 645 heures dans l'année.
Pour le médecin généraliste moyen, qui fait 56h par semaine et 2 632 heures par an, cela correspondrait à 18,62 euros nets de l'heure en équivalent salarié, et à 2 867 euros de salaire mensuel à
35h.
La réalité brute et véridique d'une activité de médecin généraliste libéral temps plein en France en 2007 -)
1°/ On apprend lors de la présentation des comptes 2007 par le directeur de la Cnam que seuls 82 % des français ont choisi un médecin
traitant (généraliste dans la quasi totalité des cas).
Les 18 % qui se sont abstenus sont très logiquement jeunes et urbains, et consultent très peu.
2°/ Les pharmaciens notent une baisse de 4,6 % du nombre de boîtes de médicaments vendus au cours du premier trimestre.
Déremboursements et franchise sur le médicament seraient en cause.
3°/ Une étude de l'université d'Harvard et de celle de Washington (USA) portant sur 1 000 comtés pauvres et ruraux révèle que
l'espérance de vie y stagne voire est en baisse depuis 1980.
Pour les hommes (baisse de 4% environ) les causes principales sont le sida et les meurtres.
Pour les femmes, dont la baisse est plus marquée encore, tabac et obésité sont en cause. Cette baisse touche 20 % des américaines.
Une baisse de l'espérance de vie est bien sûr considérée comme un marqueur de l'inefficacité d'un système de santé.
Celui de trouver les deux informations dans le même journal professionnel (Quotidien du médecin en l'espèce).
1°/ Les médecins généralistes envoient bouler les caisses dans l'Oise quand aux DAM (délégués de l'assurance maladie, des visiteurs médicaux côté sécu).
Les caisses ont tendance à présenter les visites comme obligatoire, ce qui est bien sûr totalement faux, et à prendre les médecins pour des imbéciles, avec une finalité totalement financière et
comptable. D'où la grosse colère locale.
Pour ma part, je refuse de les recevoir depuis le début. Tout comme je ne reçois pas les visiteurs des industriels du médicament depuis 10 ou 12 ans, je ne sais plus. Perte de temps. Rien à en
apprendre.
2°/ Interview du député Yves Bur, un de soi-disant spécialiste du budget de l'assurance maladie à l'UMP.
Au passage, un de ceux qui, contacté à deux reprises, refuse très courageusement de répondre à notre groupe de têtes de bois quand au
cadre juridique de la permanence des soins. Seul point en sa faveur : il n'est pas le seul.
Tout est dit dans la dernière phrase à propos du déremboursement des soins dentaires :
"Le préalable, je le redis, est de vérifier l'accès généralisé de la population à une complémentaire santé. A ce moment, ce chantier
aussi peut être ouvert".
Rappelons que l'hypothèse filière de soins, 35 milliards d'économies potentielles, pour un trou de 6 milliards (tous régimes) actuellement pour la maladie, n'est absolument pas envisagée.
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