Revu hier M. P., 43 ans, patient habituel, pour faire le point.
Ronflant de plus en plus d'après sa femme, lui même gêné pour respirer, il m'avait demandé que faire, après échec des machins-bidules en vente libre et recommandés par les pubs. Il a une bonne
déviation nasale après un nez cassé au foot il y a une douzaine d'années (le sport, la santé, tout ça .... comment, quelle mauvaise foi ???).
Pas de notion d'allergie, et en fait il a essayé un anti-histaminique en piquant une boîte à sa fille ainée, aucune efficacité. Je lui avais alors dit qu'à mon sens c'était chirugical, et l'avais
adressé à un ORL.
Confrère consulté il y a trois mois environ, qui avait prescrit un corticoïde local. En deux jours, aggravation des symptômes, sensation de nez totalement bouché, puis saignements "importants".
Nouvelle consultation de l'ORL, qui prescrit alors quelques jours de Derinox°.
Il n'a fait qu'une application. Brûlures intenses, vertiges, nausées.
Il a gardé des vertiges intermittents pendant plus d'un mois. On s'est contenté d'attendre, il ne voulait pas faire le bilan demandé par l'ORL, et je n'en voyais pas l'absolue
nécessité.
C'est rentré dans l'ordre, et il veut savoir que faire.
Et bien, à mon sens, c'est chirurgical -)
J'ai beau eu lui expliquer que c'est la faute à pas de chance, il va aller chez un autre ORL.
1°/ On nous signalait que le taux de résistance de notre gentillet virus de grippe de cette année au Tamiflu° était de 17%. Le Tamiflu°, c'est le produit censé nous
protéger en cas d'arrivée de la grippe aviaire.
Voilà que les norvégiens parlent de 66% comme de taux de résistance.
Heureusement que l'H5N1 se contente du poulet depuis 11 ans, démentant les propos alarmistes de certains il y a quelques années.
Les vraies questions demeurent : que va-t-on pouvoir faire de tous ces stocks inutiles ? combien ces c.... nous auront-elles coûté au final ?
2°/ Une équipe italienne (Pise) pose la question de l'utilisation du lithium dans le traitement de la SLA (sclérose latérale amyotrophique).
En équilibrant par apports ( 300 à 450 mg par jour) les taux plasmatiques entre 0,4 et 0,8 mEq/l, on note un ralentissement de l'évolution de la maladie, aucun décès en quinze mois
de suivi dans le groupe lithium, contre une mortalité à 29% dans le groupe témoin, une amélioration des scores cliniques.
Bien évidemment, la taille des groupes (44 patients au total) rend impossible l'utilisation directe des résultats.
Mais étant donné que nous n'avons strictement rien à proposer comme traitement à l'heure actuelle, cela ouvre au moins une voie à approfondir.
Toujours marrant de lire un article médical qui se veut sérieux, documenté, et qui est en fait bon pour la poubelle.
Pour une raison simple : les chiffres.
Dans la plupart des cas, en science, il faut pour être complet et descriptif, donner à la fois la valeur absolue, et le pourcentage de variation s'il y a lieu. On ne peut s'en passer que si tous
les lecteurs ont une référence connue, même si elle n'est pas commune.
Par exemple, si je dis que le pouvoir d'achat du médecin généraliste moyen a baissé de 10% entre 2003 et 2006 (ce qui est absolument vrai et vérifiable au passage ...), la valeur
absolue importe peu, parce que chacun peu voir ce que donne ce pourcentage sur ses propres revenus.
Mais quand on me parle IST (infections sexuellement transmissibles), que puis-je retirer comme information du fait que les gonocoques font + 50%, la syphilis + 34% et chlamydia + 62% ? Rien.
Passons nous pour la syphilis de 100 à 134 cas sur la France (traduction : non significatif, on s'en fout), ou de 1 million à 1,34 million (traduction : nous sommes devant un problème de santé
publique). Il faut aller chercher la source pour trouver les valeurs. Qui sont en fait de 339/455.
Cet article n'a donc aucune valeur informative.
Dans l'intérêt de la raison, datons les données, et dans le doute, donnons valeurs absolues et pourcentages.
Revue hier cette patiente qui présente depuis plusieurs années des épisodes de sinusites, liés apparemment à une symptomatologie gastrique, avec des éructactions, et
des sensations de ballonnement concomitants.
On a fait des bilans en gastro-entérologie, fibroscopie, pHmétrie : rien. On avait commencé par là, car le reflux gastro-oesophagien était une hypothèse logique, donc séduisante. On avait quand
même tenté un traitement d'épreuve de 3 mois par IPP (une famille d'anti-ulcéreux utilisée dans ces cas là) : aucun changement.
On a fait des bilans ORL et allergologiques : rien.
On a fait des bilans en stomatologie : rien.
On a vérifié l'état dentaire : rien.
Elle peut avoir la paix pendant plusieurs mois, et puis ça repart pour un tour; ça peut alors durer quelques jours ou quelques semaines. Aucune circonstance favorisante retrouvée, aucun suspect
alimentaire, aucune modification d'habitudes de vie. L'arrêt du tabac n'a rien changé au problème.
Les différents traitements symptomatiques tentés sont restés sans effet, même partiel. On se contente depuis trois ans environ de traiter au coup par coup les épisodes les plus gênants.
Hier, elle me dit que l'ORL souhaiterait refaire une nouvelle IRM des sinus. Elle va y aller, mais me dit que c'est le dernier examen qu'elle fera.
Comment lui donner tort ?
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