Vue hier mme P., 62 ans, patiente connue mais dont je ne suis pas le médecin traitant, en l'absence de son médecin habituel.
Son problème, c'est qu'elle vient de perdre sa mère, à 95 ans, ce que je savais déjà par sa fille qui elle est une patiente. Mère qui vivait avec elle. Et ce il y a deux semaines.
Elle se sent donc triste, elle pleure par moments dans la journée, et certains dans son entourage lui disent de consulter, de prendre un traitement.
Elle veut donc mon avis sur la question. Et bien, il est simple : c'est non. Il est normal qu'elle soit triste, il est normal qu'elle n'ai pas fait son deuil en deux semaines.
Nous sommes vraiment dans un mode de pensée bizarre : il faudrait être le ravi du village constamment ? Sous quel prétexte ? Pour quelle raison ? Dans quel but ?
Laissons du temps au temps.
Vu sur des forums médicaux l'article du Monde avec l'interview de De Lorgeril, cardiologue, chercheur au CNRS, qui vient de sortir un bouquin.
"Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament", tel est le titre de l'ouvrage.
Il rappelle ce que nous savons tous : le cholestérol est une mauvaise cible de prévention, le distingo HDL/LDL est absurde, les fibrates sont inutiles, seules simvastatine et pravastatine ont
démontré une efficacité, on ne peut comparer les risques d'un américain à ceux d'un français.
Mais n'ayons crainte : les puissances du marketing, de la pub, des petits et gros cadeaux arriveront à contrer cette critique comme toutes les autres avant.
Le Tahor°, molécule à zéro preuve en terme de morbi-mortalité globale, continuera à être le plus prescrit de la classe.
Vu sur des forums médicaux une analyse concernant l'ouverture des cabinets le samedi matin.
Bien évidemment, il n'y a guère que des MG à ouvrir, quelques biologistes et radiologues.
D'après les chiffres des caisses, 33 000 cabinets de MG sont disponibles sur ce créneau horaire.
La chute démographique démarrant cette année devrait logiquement se faire sentir d'abord à ce niveau, avec sans doute 25 000 cabinets dans 3 ans, et moins de 20 000 dans 5 ans.
En effet, à supposer que les arrivants en MG ne choissisent pas tous l'exercice salarié, ce qui semble déjà douteux hors quelques exceptions, on note que les entrants n'ont pas du tout l'exercice
de leurs aînés : de fait, le nombre de MG a continué à augmenter entre 2000 et 2005, mais le nombre d'actes effectués a baissé considérablement (plus de 6% de baisse en 5 ans).
Je note pour ma part, après une nette diminution d'activité le samedi matin lors de la mise en place des 35h, une remontée depuis 2 ans, avec de nombreux patients dont je ne suis pas le
médecin traitant.
Le samedi matin devrait donc être la sentinelle avancée du problème démographique à venir.
(PS : à ce sujet, notons que l'ordre des médecins demande une hausse du numerus à 8 000; cela ne parait pas sérieux, on risque de retrouver une pléthore (relative), les facs ne pourraient pas
suivre. Il semble beaucoup plus raisonnable d'après la plupart des économistes de la santé de mettre en oeuvre un recrutement massif au niveau sages-femmes et IDE; puisque c'est logique, cela ne
sera donc pas fait)
Revu hier m. B., 72 ans, patient habituel, actuellement suivi et traité pour un cancer du poumon découvert il y a un an et demi, chez un gros tabagique.
Son traitement chimiothérapique actuel a pour effet secondaire chez lui des troubles cutanés importants, avec une rosacée du visage acnéique.
Il lui a donc été prescrit de la doxycycline, 100 mg deux gélules par jour. Le cutané allait mieux, mais depuis, il a constamment des nausées, plus d'appétit. Le service hopitalier joint par sa
femme a faxé une ordonnance de domperidone à la pharmacie, qu'il prend depuis une semaine sans résultat.
Bien évidemment, il se sent extrêmement fatigué, et le moral a replongé symétriquement.
Nous allons donc tenter de diminuer la doxycycline à une seule gélule par jour, en espérant trouver un équilibre entre efficacité sur la rosacée, et absence de nausées et retour de l'appétit.
Un bilan biologique, notamment hépatique, est par ailleurs prévu mercredi.
Vu hier m. C., 32 ans, patient habituel, pour "tâches blanches dans le dos".
Un simple coup d'oeil suffit, il s'agit d'une récidive d'un pityriasis versicolor.
M. C. a déjà fait plusieurs épisodes, presque annuellement, et est sujet aux mycoses de façon générale. Dire pourquoi certaines personnes feront ce genre de problème à répétition, et que d'autres
ne le connaîtront quasiment jamais, ca ....
A noter qu'il présente aussi régulièrement des problèmes de dyshidrose des mains, petites pustules en cloques prurigineuses et desquamantes de la face palmaire et des bordes des doigts, que l'on
rattache classiquement à des problèmes de mycoses aux pieds, mais dont l'étiologie reste floue.
Le traitement associe alors antimycosique et corticoïdes locaux.
Prescription de ketoconazole unidose.
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