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Mercredi 15 novembre 2006

Les visiteurs médicaux sont les représentants commerciaux des laboratoires pharmaceutiques. Ils viennent vanter les mérites de leurs produits.

Même si les firmes jurent leur grand dieux qu'il s'agit d'apporter des informations scientifiques, c'est devenu du marketing et du commercial pur et simple, pour pousser les médecins à la prescription.

On estime que les dépenses marketing annuelles totales par médecin sont de 20 000 euros. On peut donc supposer que ces industriels du médicament savent ce qu'ils font, et qu'ils s'y retrouvent largement.

La pratique des petits (stylos, gadgets, invitation au restaurant,...) ou gros (voyage, week-end, ...) cadeaux a un peu diminué suite à une loi, mais continue encore et toujours.

La partie la plus importante est tournée bien sûr vers les gens connus dans leur spécialité, pour les amener à vanter les mérites de telle ou telle nouveauté sous un habillage pseudo-scientifique.

Pour ma part, je n'ai jamais accepté plus qu'un stylo, et depuis 6 ans, je refuse de recevoir ces commerciaux, comme environ 20% de mes confrères, leur façon de faire s'étant très nettement dégradée au fil du temps, la part d'information valable ayant quasi disparue.

Comme on dit : ce n'est pas que je ne sois pas achetable, mais je suis hors de prix.

Bon, en plus, je n'aime pas être pris pour un imbécile de façon immodérée et continue.

par le toubib publié dans : point de vue
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Mardi 14 novembre 2006

non pas quotidien, mais fréquent.

Hier soir, lundi, jour le plus chargé de la semaine, il arrive à 17h40, sans rendez-vous, alors qu'il y a plusieurs affiches en salle d'attente précisant bien "consultation sur rendez-vous", installées là depuis des années.

Il entend passer avant tout le monde, une patiente accepte gentiment d'attendre un peu, bien.

Je le fais entrer dans le bureau, "je veux juste une ordonnance". Cela continue bien, encore un qui confond distributeur automatique et médecin généraliste. Je lui demande sa carte vitale, il ne l'a pas.

Je pousse un gros soupir exaspéré, du coup il s'énerve, se lève, part en disant bien fort qu'il ira voir un autre docteur. Voilà qui me fait sourire. Et je doute fort qu'il puisse trouver un confrère disponible ce jour là, à cette heure là.

La patiente qui a attendu sourit aussi en entrant : elle est infirmière, elle connait.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 13 novembre 2006

Ce début d'après-midi, une consultation à rôle social.

Y., 11 ans, a été agressé dans l'enceinte du collège, à plusieurs reprises. La mère est venue avec lui, pour que je fasse un certificat de coup et blessure, afin d'aller à la gendarmerie déposer plainte, seule façon d'obtenir de l'administration qu'elle ne se contente pas de renvoyer dos-à-dos les gamins concernés.

A noter que la composante médicale est importante : Y. fait des cauchemars depuis la dernière agression, et est retourné en classe ce matin la peur au ventre.

Le certificat est aussi thérapeutique, lui montrant que l'on prend son problème au sérieux.

Evolution à suivre.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 13 novembre 2006

ou DCI. C'est le nom chimique du médicament. Les recommandations sont d'utiliser au maximum cette DCI pour prescrire, afin de faciliter l'emploi de génériques, et surtout d'éviter les confusions, source importante de risque de surdosage.

C'est ainsi que l'on note "PARACETAMOL" en lieu et place de "DOLIPRANE°" ou "EFFERALGAN°"

Il y a avec la prescription en DCI deux problèmes :

- les patients qui ne connaissent pas le système ont tendance à croire que je mets tout en génériques; s'ils reviennent, ils s'habituent vite.

- les pharmaciens locaux qui au départ protestaient, alors qu'il existe des logiciels inverses qui partant de la DCI retrouvent tous les noms de marques idoines en 3 lettres et deux clics, et qui maintenant disent parfois au patient de façon abusive qu'ils ne peuvent délivrer le produit de marque.

Or, la prescription en DCI n'est pas la prescription en générique : elle donne uniquement le nom et le dosage de la molécule; c'est au patient de voir avec son pharmacien quelle marque il préfère.

Le médicament peut donc être le produit originel, celui que l'on appelle princeps, ou un générique, au choix du patient.

Certains produits sont difficiles à mettre en DCI, notamment si le ou les noms chimiques sont très longs !!!

Je prescrits à 85 % en DCI, ce depuis 4 ans maintenant.

par le toubib publié dans : point de vue
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Mardi 7 novembre 2006

Vu hier après-midi monsieur M., 31 ans. Il vient, le visage las, le regard vide, en le faisant entrer je sais bien pourquoi. Il veut un arrêt de travail pour la semaine.

Il y a un an, sa femme mourrait lors de l'accouchement de leur premier enfant, petit miracle de la troisième fécondation in vitro.

Il a déposé plainte, pour savoir. Le rapport des experts n'est pas encore fini.

On parle du petit, pour ne pas parler du reste, et puis il y vient quand même, "et si", "et si" .....

Je sais bien qu'il ne veut pas s'arrêter plus longtemps, je ne le vois jamais pour ça dans l'année, mais il ne veut pas risquer de pleurer devant ses collègues.

Je le revois la semaine prochaine : vaccin du petit pour rougeole-oreillon-rubéole.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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