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Vendredi 14 décembre 2007

Notre tiers de temps de ministre vient de réaliser que Noël et jour de l'an tombant des mardis, cela faisait des ponts que de nombreux médecins allaient sans doute prendre.

En catastrophe, elle a donc annoncé le 12 décembre que ces deux lundis 24 et 31 allaient être considérés comme fériés, et ouvrir le droit au paiement des forfaits prévus dans ce cas, histoire d'attirer le chaland. Avec soi-disant un budget permettant de payer 5 000 médecins.

Le côté rigolo, outre le fait que comme d'habitude on assiste à une gestion du problème au pied du mur, c'est que les tableaux de gardes n'avaient pas prévu le truc, légalement, tout sera obligatoirement hors délai, les textes prévoyant des 45 jours pour la transmission entre les associations locales et les CDO, et 10 jours de mieux entre CDO et préfecture.

Et in fine, je parie que les confrères qui seront là auront le plus grand mal à se faire régler le fameux forfait.

Sans compter que certains avaient de toute façon prévu d'ouvrir, et que si sur un secteur se retrouvent plusieurs cabinets disponibles, on se demande qui aura droit au forfait ....

Ou s'il sera divisé entre les prétendants, et si oui comment : prorata temporis ???

Heureusement, le ridicule ne tue pas.

Pas de doute, nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

PS : j'avais prévu d'ouvrir le cabinet ces deux lundis, et il sera ouvert; c'est moi qui commande -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 14 décembre 2007

En ce moment, grosse offensive d'un produit qui attend beaucoup de l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics entrant en vigueur le 1° janvier.

Avec pubs sous prétexte d'information à la télé (vu sur un JT de F2), à la radio, encore ce matin sur Europe 1.

Outre le fait que les "journalistes" ne devraient plus oser se regarder dans un glace s'ils avaient une once de conscience professionnelle , on peut si l'on cherche la vérité toute nue lire avec intérêt cet article, cette page, cette information,  se confronter à la duplicité du monde ici.

Et trouver un excellent slogan sur le sujet chez un confrère ici (il m'a beaucoup fait rire ce matin celui là !).

Je rappelle que tout cela est en très grande partie payé avec nos cotisations et impôts, la sécu remboursant 50 euros par an pour les aides au sevrage tabagique, avec un budget 2007 prévu de 60 millions d'euros pour la question.
 

Au passage, une question idiote de plus : pourquoi la sécu ne rembourse-t-elle pas 50 euros de préservatifs par an pour aider à la prévention ?
 
Parce qu'il n'y a pas d'industriel du médicament derrière ?

Comment ça, mauvaise langue ?

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 13 décembre 2007

Je ne sais si c'est flatteur (grande croyance à la fois en la médecine et en ma façon de la pratiquer), ou au contraire beaucoup trop impératif, limite "le client est roi" : la célébrissime entrée en matière de certains patients.

Il faut que je sois guéri ... Généralement pour la veille, au plus tard pour le lendemain -)

Hier, cela m'a plus marqué, parce que je l'ai entendu à répétition. Certains confrères trouvent que c'est plus fréquent, que les patients sont plus exigeants. Je n'ai pas vraiment cette impression.

Pour ma part, je prends plutôt cela comme un appel à l'aide désespéré : il y a le travail, les enfants, tel rendez-vous très important, ....

Bon, en tout état de cause, cela ne change guère ma façon de faire, ni d'expliciter le pourquoi du comment : il faut presque toujours donner du temps au temps, et si ça ne passe pas en 8 jours, et bien ça prendra une semaine !

Les cas rigolos, ce sont ceux qui appellent le surlendemain, avec un jour et demi de traitement : "c'est pas passé !!!" et moi : "rappelez moi combien de jours j'ai marqué sur l'ordonnance ? Cinq ?" ............

Cela me fait toujours penser à un prof d'anatomie, chirurgien, qui dans son bureau dans son service avait deux grandes affiches qui se faisaient face : "ici, il y a moi et dieu; moi d'abord parce que moi je suis là 6 jours sur 7 et pas que le dimanche" et "ici le miracle est permanent, mais il y a des jours de relâche".

Comme je crains que beaucoup ne le prennent mal si je mettais au mur ces sentences, je me contente de mon "vox in deserto". Mais in petto, je n'en pense pas moins -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 13 décembre 2007

Il y a des moments en médecine générale, il faut rester simple, et écouter ce que nous dit notre trouillomètre interne, celui qui classe en "grave / pas grave", et qui par instant actionne la sirène d'alarme sur l'air de "celui là je le sens pas".

Ainsi, hier je reçois le courrier de compte rendu de la brève hospitalisation de Yelena.

Petite patiente habituelle, presque 8 ans, connue depuis toujours. Toujours souriante, pas causante mais dynamique.

Et l'autre jour, en pleine période rhino-pharyngite, la maman me l'amène. Petite fièvre, un peu de toux, mal à la tête, mal au ventre. Un peu éteinte, la loupiote.

A l'examen, pas grand chose avec rien. C'est le mal au ventre qui me conduit à la faire allonger, puis à lui relever les jambes. Petite grimace. Zut.

Fermer les yeux, rester toute molle, comme Mélanie (sourire de Yelena : Mélanie elle connait, c'est une des poupée de chiffons du cabinet). Je vais bouger la tête.

Re zut : y a un truc sur la fin de course de la nuque ou pas. Moui ? Non ? Je refais : ben c'est pas plus évident. D'un côté ... mais d'un autre côté ....

Je crois que ce qui m'a décidé, c'est l'inhabituel calme de ma petite patiente.

Suspicion de méningite, hop, envoi à l'hôpital pour regarder ça.

Donc retour de courrier : la réponse est oui, virale.

En 16 ans, je suis certain d'être passé plusieurs fois à côté d'autres cas identiques; mais je n'ai jamais vu ou connu de cas bactérien.

Touchons du bois.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 13 décembre 2007

Il y a quelques temps, j'étais à une réunion de médecins, et le thème était de poser une question médicale iconoclaste. Bien entendu, le sens sous-entendu était "un peu farfelue", mais je l'ai pris au pied de la lettre : destruction des images pieuses.

Or, au pays des merveilles, tout doit être fait pour sauver une vie, qu'importe le prix. C'est la théorie dite des Bisounours°.

Sauf que dans le monde réel, il y a des limites, des lignes budgétaires, des choix induits, y compris par défaut. Ce qui est dépensé ici ne le sera pas ailleurs.

Ce qui nous donne le droit, en tant que payeur comme en tant que bénéficiaire, de discuter de la pertinence de ces choix.

Je prenais donc, presque au hasard -), l'exemple du vaccin pneumo à 7 valences. Si l'on vaccine toute une classe d'âge, on peut espérer éviter, à supposer qu'il n'y aura effectivement pas d'effet secondaire, 8 décès. Super, se dit-on.

Survient alors le côté iconoclaste du raisonnement : à quel prix ? Une classe d'âge, vaccins, consultations : c'est un peu de de 200 millions par an. Un décès ainsi évité aura coûté 25 millions à la collectivité.

Si l'on compare avec d'autres actions de prévention, on voit que cela correspond sensiblement financièrement au budget prévention pour 7 500 personnes séropositives, à celui de 15 000 décès du tabac (environ 100 millions consacrés par an, dont 60 pour le remboursement des patchs et autres, pour 60 000 morts par an), à celui de 40 000 décès d'accidents domestiques (20 000 par an environ).

Donc, d'après nos décideurs, 1 = 7 500 ou 15 000 ou 40 000. S'il y a un industriel du médicament derrière. Et ça c'est uniquement chez nous.

Si on veut vraiment avoir le vertige, on peut se dire que la somme envisagée doit permettre de vacciner tous les gamins du monde contre la rougeole, et d'éviter 150 000 morts par an, année après année.

J'avais prévenu, à la réunion : destruction d'images pieuses.

par le toubib publié dans : point de vue
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