Présentation

Commentaires

Samedi 5 avril 2008

Cas mortel de méningite à méningocoque à Lyon.

Comme d'habitude, je suis informé plus vite par les médias que par le système d'alerte de la profession. Non qu'en l'espèce cela soit important, ce n'est pas sur mon secteur.

Comme d'habitude aussi, de nombreuses questions sur le sujet, des patients retenant que cela peut être contagieux. Sauf qu'il faut un contact direct.

C'est l'aspect roulette russe qui marque les esprits : nous sommes loin de comprendre les tenants et aboutissants de ce problème, en témoigne la véritable épidémie en Seine-Maritime depuis 2003, avec 10 à 12 fois le nombre de cas attendus, et encore 21 cas sur la région depuis le début de l'année, dont 3 mortels.

On a environ 500 cas par an sur la France, essentiellement dus au type B, et 70 décès.

Il n'y a pas de vaccin couvrant tout le type pour le B, et pour la Seine-Maritime on est allé chercher un vaccin norvégien plus ou moins adapté. La campagne de vaccination a démarré il y a maintenant deux ans, les résultats ne semblent guère probants.

Pour les personnes ayant été au contact d'un cas avéré, on instaure une couverture antibiotique.

Aux patients, j'explique que je n'ai pas vu un cas en presque 17ans, qu'ils ont 10 fois plus de risque de mourir sur la route, et aux fumeurs, que leur risque c'est le tabac, pas le méningocoque.

Je constate comme d'habitude que la réalité fait moins peur que l'imaginaire ....

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 5 avril 2008
Revu hier m. S., 65 ans, patient habituel, hypertendu, diabétique, de type 2 (celui traité par les comprimés), pour suivi et renouvellement, avec le résultat du bilan biologique.

Comme d'habitude, on se tient un peu au-dessus du fatidique seuil des 7 % sur l'hémoglobine glyquée (le meilleur marqueur actuellement disponible).

Les chiffres pour la tension sont comme d'habitude bons, on n'a jamais eu vraiment de souci à ce niveau.

Non, le problème est toujours le même : l'observance pour le traitement du diabète, l'observance, cet éternel combat.

M. S. a le traitement de référence dans la pathologie, à savoir la metformine. Il n'a aucun effet secondaire, alors que le produit a tendance à en donner facilement, notamment un peu d'accélération du transit intestinal.

Mais il a tendance à oublier régulièrement une partie du traitement, il en convient.

Il a même acheter un boîtier qui bippe pour tenter de se faire rappeler à l'ordre. Sauf que le pilulier reste dans la chambre, quand lui passe à table le soir. Je lui avais suggéré de trouver un modèle qui fasse des rappels, mais je ne suis pas certain du tout que cela existe -)

Et donc, très logiquement, nous n'obtenons pas le résultat escompté. Bon, ce n'est pas mauvais non plus, mais cela pourrait et devrait être impeccable.

Il me dit une fois de plus qu'il va essayer de faire attention. Je regarde mon sous-verre devant moi, vox in deserto.
par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Vendredi 4 avril 2008

Dans la semaine, deux cas semblables, pour lesquels je ne vois pas trop ce que je peux faire.

Patientes bien connues, d'un âge. Veuves. Vivant seules. Enfants présents, mais ayant bien entendu leur propre vie.

L'une comme l'autre ne sont pas dépendantes, mais sortent peu à cause de leur difficulté à la marche. Et elles ont arrêté de conduire, par précaution. Donc elles ne voient que fort peu de gens, et beaucoup moins les ami(e)s encore là.

Il est pour l'une comme pour l'autre hors de question d'envisager de quitter leur maison, même pour un habitat individuel dans un milieu collectif. Leur voisinage immédiat, même s'il est peut-être sympathique, n'est guère présent, du fait de la différence d'âge. Elles sont aussi géographiquement un peu éloignées du centre.

Elles dépriment, d'un petit peu à pas mal, selon les moments, selon les jours.

L'une comme l'autre sont venues me voir, sur l'insistance de leurs enfants, en me disant d'emblée qu'elles ne voyaient pas bien ce que je pourrais faire. D'autant que toutes deux refusent l'idée d'un traitement. Qui de toutes les façons ne servirait à rien à mon sens.

L'une comme l'autre sont venues jusqu'au cabinet grâce à un de leurs petits-enfants. D'habitude, elles font partie de mes rares visites.

L'une comme l'autre sont reparties avec leurs prescriptions habituelles, ni plus, ni moins.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Vendredi 4 avril 2008
Revu hier, pour suivi et renouvellement de son traitement habituel, d'une part, et pour compte-rendu après passage chez un confrère d'autre part, m. P. 76 ans, patient bien connu.

Concernant tension et diabète, les chiffres sont bons pour l'un comme pour l'autre, guère de souci à ce niveau, on ne change pas une équipe qui gagne.

Beaucoup plus de problèmes en revanche concernant arthrose et tendinites, raison de sa consultation auprès d'un rhumatologue.

Il a des cervicalgies chroniques sur un fond d'arthrose assez important, une atteinte des genoux et d'une hanche, et en bricolant chez lui (le bricolage aussi, c'est mauvais pour la santé, je me tue à le répéter ...), il a réussi à s'ajouter là-dessus une atteinte bilatérale des tendons des rotateurs des épaules. Il ne pouvait plus lever plus haut que ça (80° maximum). Radio pour vérifier l'absence de calcification, anti-inflammatoire avec protection gastrique.

Au bout de quatre semaines, il était revenu avec un net mieux, et la prescription faite par ses enfants d'aller voir un rhumatologue, pour des infiltrations. Il était bien ennuyé de me demander ça, et soulagé que je lui fasse le courrier sans discuter outre.

Le voilà donc de retour avec la réponse du confrère. Lequel est d'avis de continuer le traitement actuel, et n'envisage pas d'infiltration, traitement qui ne semblait pas enchanter le patient à dire le vrai.

C'est avec un regard extrêmement malicieux que m. P. me dit que ses enfants vont peut-être arrêter de le prendre pour un vieux tromblon à moitié gâteux.
par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Jeudi 3 avril 2008

Revue hier en consultation mme T., 42 ans, patiente habituelle, avec le compte-rendu de la consoeur gastro-entérologue.

Elle était venue il y a trois semaines environ avec des plaintes de type reflux gastro-oesophagien, mais des douleurs un peu baladeuses de ci de là.

Deuxième épisode en quatre mois, le premier ayant bien répondu à un traitement associant un IPP (inhibiteur de la pompe à protons, non ce n'est pas un armement de la série Star Trek, c'est un anti-ulcéreux) et un surnageant (le célèbre mélange d'alginate et de bicarbonate de sodium).

Elle est par ailleurs bien stressée par des évènements familiaux comme professionnels.

Il y a trois semaines donc, elle tourne autour du pot, puis finit par me dire qu'elle aimerait bien passer une gastroscopie, parce que, vous comprenez ....

Parce que vous vous voyez déjà avec un cancer ? Oui.

Elle en était à se demander si elle devait souscrire une assurance pour payer les études de ses loupiots avant tout examen, pour ne pas avoir à faire une fausse déclaration.

Je lui ai donc ré-expliqué, comme il y a quatre mois, mais en plus longuement détaillé, qu'au vu des éléments de son mode de vie, elle avait plus de risque de mourir écrasée par un chauffard que d'un cancer de l'estomac.

Bon, vu la rechute, la question du reflux et de l'oesophagite se posait. Donc, tuyau.

Au final, pas grand chose, mais l'examen a été fait sous traitement, car elle n'avait pas de disponibilté rapidement, biopsies de principe.

Les douleurs sont toujours plus ou moins là. On finit le traitement. On ajoute un alprazolam pour quelques jours. Surtout, on se calme et on vit heureux.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus