Non, ce n'est pas la date prévisible de décès de la médecine générale en France (encore que ...)
C'est le petit nom de la déclaration d'impôts professionnelle, qui permet de déterminer nos bénéfices qui donneront lieu à une 2042, déclaration d'impôts en vue de l'imposition sur le
revenu.
L'équation est simple à la base : honoraires - charges du cabinet = BNC, bénéfice non commercial.
Hier, j'ai pris le problème à bras le corps, et ai traité la moitié du problème. Parce que comme je suis, comme la quasi totalité des
confrères, adhérent d'une AGA (association de gestion agréée), il me faut remplir la déclaration plus un formulaire de précisions pour l'AGA.
Ce qui est un chouia ridicule, pour une raison simple : un médecin de secteur un (respect des tarifs sécu) est en moyenne contrôlé tous les 38 ans. C'est à dire pas une fois dans une carrière.
Les caisses envoyant aux impôts le relevé de notre activité, il n'y a qu'à comparer le chiffre avec celui de notre déclaration. Les charges moyennes sont connues, c'est donc très simple.
Ne sont guère contrôlés plus précisément (et fort peu) que les secteurs 2 (dépassements) et les confrères ayant d'autres sources de revenus que les honoraires (participation à des études
rémunérées par exemple).
Pour un médecin généraliste secteur un moyen, les charges représentent environ 40 % du total des honoraires. Pourcentage hélas en hausse au fil des ans !
Au passage, les caisses envoient toutes les années le relevé sur lequel nous devrions pouvoir nous appuyer après les déclarations.
Petite note amusante : je déclare toutes les années un peu plus que ce que retrouve les caisses. Il y a des actes qui se perdent dans
la nature.
Terme un rien barbare par lequel nous désignons des problèmes liés au conjoint. Souvent à son existence même d'ailleurs.
En l'espèce, je vois, pas vraiment pour cette cause, malheureusement, les deux membres du couple, au demeurant l'un et l'autre patient habituel, régulièrement, depuis trois mois environ.
Ils ont aux alentours des 35 ans, 2 enfants, pas de soucis financiers. Elément important, tous deux travaillent.
Et donc depuis trois mois, je vois l'un puis l'autre, ou inversement, toutes les semaines ou presque, une fois pour des maux de gorge,
une fois pour des maux de tête, une fois pour ceci, une fois pour cela. Et je constate sur l'un comme sur l'autre des traces de coups, des hématomes, ce dont ils sont bien d'accord tous deux pour
refuser de parler. Même si l'un et l'autre ont admis de sérieux problèmes au sein de leur couple.
Ce qui ne m'a bien sûr pas empêché de plaider systématiquement pour qu'ils consultent pour ce motif, à chaque fois. Sans succès, et
sans écoute apparente d'ailleurs.
Les enfants ne sont physiquement pas concernés, même si bien sûr le retentissement est loin d'être psychiquement anodin.
Hier, je vois madame. Pour toux, fièvre et maux de gorge officiellement.
Elle me dit qu'ils se sont mis d'accord pour aller voir un conseiller conjugal. En fin de semaine.
Pas trop tôt.
Discussion avec un copain gynéco-obstétricien, lui aussi farouche partisan de la filière de soins (et au passage auteur de la
terminologie du "cons-en-sus" pour les conclusions par "accord professionnel").
Il constate que la plupart des confrères spécialistes d'organes y sont opposés, essentiellement par peur de perdre des consultants et donc du chiffre d'affaire pour les libéraux, et par peur de
perdre un prestige et une aura pour les hospitaliers.
Il tente de leur expliquer que c'est du fantasme pur et simple, mais il n'est pas facile de convaincre des gens qui ont connu l'époque de la pléthore que les temps changent. Et ce alors que si le
nombre de confrères de spécialités d'organes chutera moins que celui de la médecine générale, il connaîtra malgré tout une baisse sensible. Avec une population plus nombreuse, et
vieillissante.
Il leur fait remarquer aussi que les mieux payés sont deux spécialités prescrites : radiologie et biologie.
En milieu hospitalier, il s'agit plutôt de ne pas laisser partir la sensation de diriger les choses, et de rester, au moins virtuellement, surtout pour les CHU, au sommet d'une pyramide. Hors de
question d'accepter un monde complexe avec des centres de décisions multiples. Et là l'intérêt financier de la stucture rejoint ce mode de pensée ...
Nous sommes tous deux bien d'accord sur le fait que nous allons dans le mur.
Amitiés à toi, vieille branche de joyeux contribuable.
PS : à noter qu'il est pire que moi au sujet des gynécos med -)
Samedi matin, consultation de mme F., 79 ans, patiente habituelle, connue depuis longtemps.
Elle vient pour une pharyngite, deux fois rien, mais comme toujours, cela l'énerve au plus haut point.
Elle est très dynamique, elle fait de la marche avec un club, elle est de sortie à droite ou à gauche sans arrêt.
Au niveau santé, elle a une petite hypertension banale sans souci, n'a jamais eu d'antécédent particulier. Mais voilà que depuis
quelques temps, elle a deux problèmes concomitants.
D'une part, suite à une plainte de douleurs nocturnes de la main gauche, on a fait un électromyogramme (mesure des vitesses nerveuses) qui a confirmé un petit syndrome du canal carpien, pour
lequel elle doit voir le chirurgien d'ici deux semaines maintenant.
Et d'autre part, l'ophtalmo lui a dit qu'il était temps qu'elle se fasse opérer de la cataracte, ce qui doit avoir lieu d'ici
juin.
Elle n'arrête donc pas de rouspéter sur le mode "comment on devient en vieillissant", et le tout la tarabustant quoi qu'elle en dise un peu, elle vient consulter dès le moindre petit dixième de
fièvre, ce qu'elle ne faisait jamais. L'occasion de râler, et de me demander de la rassurer sur la grande banalité des deux interventions qui l'attendent.
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