Vu hier Sarah, 10 ans, patiente habituelle, pour otalgies.
Elle présente depuis deux ou trois ans des otites droites à répétition. Elle a été vu par plusieurs ORL. Elle a un tympan droit perforé, et une audition bien sûr assez perturbée.
Hier donc, douleurs importantes à droite, écoulements, petite fièvre, ganglions à la palpation. Elle a tellement mal qu'elle se tient le cou tordu, on dirait une égyptienne gravée
dans la roche.
Bien évidemment, l'examen à l'otoscope est impossible, et ne servirait pas à grand chose.
La seule solution, bien sûr déjà préconisée par les ORL, est l'intervention sur ce tympan.
Je ne peux pour ma part que prescrire dans le but de calmer cet épisode, mais la récidive est sûre et certaine.
Je plaide donc à nouveau en faveur du chirurgical. Je refais un courrier au confrère ORL, en espérant que cette fois sera la bonne.
Antalgiques, antibiotiques.
Lu dans la presse professionnelle des articles sur les pathologies développées par les survivants et les sauveteurs des attentats du 11 septembre.
Beaucoup de cas d'insuffisance respiratoire, et/ou d'insuffisance cardiaque. Plusieurs milliers de cas.
Certains auteurs rapprochent cela des syndromes présentés par les victimes de cendres volcaniques.
Le plus bizarre pour nous, vu de France, c'est que la plupart de ces gens se retrouvent en difficulté financière, rien n'étant prévu pour leurs soins. On retrouve M. Moore et son
film.
Il y a même des cas ubuesques : la personne se retrouve sévèrement handicapé suite à l'attentat, incapable de remplir son emploi, elle est licenciée, et perd ainsi sa couverture maladie.
Plusieurs exemples chez les sauveteurs. Certains font un procès à la ville du coup.
Et pendant ce temps, on célèbre, on commémore, on inaugure.
La médecine, c'est ici l'exact contraire du politique : les vivants avant les morts.
Lu dans la presse professionnelle que l'Ordre des médecins de Paris vient de se faire sévèrement épinglé par l'Igas (inspection générale des affaires sociales).
Rappellons que ce machin administratif est censé être le gardien de la déontologie, notamment.
Ressort du rapport de l'Igas que six conseillers, soit 20% des effectifs, percevaient 43% du total des rémunérations, parfois versées en dehors de tout cadre juridique, faits susceptibles d'être
pénalement qualifiés.
Ainsi, le président se voyait octroyer 6 900 euros par mois pour 3 heures par jour consacrées à l'ordre.
Etaient versées également de confortables indemnités de fin de mandat, de deux à six mois au total.
Sans commentaire.
Revue vendredi, pour renouvellement de son traitement habituel, antihypertenseur, mme M., 55 ans, patiente habituelle.
Elle est beaucoup plus détendue et calme que la fois précédente. Je lui en fais la remarque en la faisant entrer.
Elle me dit qu'effectivement, c'est en bonne voie.
Elle a au printemps dernier fait une bonne grosse déprime massive et brutale. Disons par accumulation de soucis, de stress familiaux et professionnels, avec comme déclencheur le
décès de sa mère en décembre. Elle a tenu, parce qu'il fallait qu'elle tienne, puis à la première occasion, les digues ont lâché.
Elle m'a alors demandé de lui indiquer un confrère psy, tout en m'assurant qu'elle me faisait confiance "Vous comprenez Docteur ...". Je comprends.
Je l'ai donc adressée à l'équipe du centre médico-psychologique, qui est très bien.
Vendredi, en m'expliquant que cela va bien, qu'elle a arrêté tout traitement, elle me redit qu'elle ne voulait pas me vexer quand elle a choisi de se faire suivre ailleurs pour ce
problème.
Je lui assure à nouveau que cela ne me vexe pas. Et que je suis très content pour elle que tout aille mieux.
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