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Commentaires

Mercredi 30 janvier 2008

1°/ Relance sur le DMP, assurée par une mission de l'assemblée nationale. On est enfin un peu plus réaliste et pragmatique. 

Dans un premier temps, sur au moins trois ans, il s'agirait de s'adresser aux patients en ALD (affection de longue durée, les 100%), et les polypathologies lourdes.

La généralisation ne serait pas prévue avant six à sept ans. Délai qui parait déjà hors d'atteinte, mais bon ...

Nos joyeux responsables se sont enfin penchés sur la forme de la chose, et préconisent maintenant un DMP détenu par le patient (ben oui, sinon il faut modifier la loi ...) avec un support crypté et sécurisé, de type clé USB ou CD-ROM.

Rappelons que quand les confrères bien au fait des choses de l'informatique avaient préconisé cette solution, on leur avait répondu que c'était techniquement impossible .... enfin, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !

Reste deux problèmes majeurs : l'identifiant, qui doit être distinct du numéro sécu (véto de la CNIL sur le sujet); et le problème du masquage de données par le patient, et du masquage masqué, seule garantie réelle du secret médical

2°/ De la permanence des soins (PDS) encore. La très emblématique et symbolique MMG (maison médicale de garde) de Clamart est une fois de plus au bord du gouffre financier. Elle ne peut boucler son budget, et se voit amener à faire la manche auprès des municipalités de son secteur.

160 000 euros minimum par an, hors consultations, pour 3 000 passages par an. Cela fait que la consultation tout compris est à plus de 100 euros, soit le double de ce qui se fait hors MMG .... principe de la MMG qui était la panacée au problème ....

Nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

Et jusqu'ici tout va bien.

par le toubib publié dans : brèves
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Mardi 29 janvier 2008

Ces temps, avec les épidémies en cours, j'ai à nouveau de nombreux patients qui me demandent "mais vous n'êtes jamais malade ?"

Bon, d'abord en tant que médecin, je suis contre. Par principe, à la base.

Ensuite, j'évite, je n'ai pas le temps. J'ai des patients à voir quoi !

C'est vrai que c'est un petit mystère : la plupart des confrères que je connais passent à travers à peu près tout ce qui est le lot commun. Je veux parler des petites pathologies de saison, bien sûr, pas des problèmes plus importants.

Est-ce une sélection à l'origine ? Les études de médecine, c'est la théorie du boeuf : pas de génie, mais énormément de travail, ceux qui ne tiennent pas le choc sont alors refoulés au concours de 1° année ???

Un truc vaudou qui nous protège à la première blouse blanche enfilée ?

Le fait de croiser au fil des temps pléïades de déclencheurs d'anticorps, pour l'obtention in fine de taux hors compétition ?

A ma connaissance, il n'y a pas eu d'étude sur le sujet. C'est peut-être à creuser ....

En attendant, je suis persuadé que de nombreux patients s'imaginent que nous avons des traitements connus de nous seuls, que nous gardons jalousement, nous les conservant entre nous pour préserver leur efficacité -)

Ah oui, précision à une question que j'ai eu : à supposer que je sois grippé (quasi impossible, je suis vacciné), je n'irai pas prendre un antiviral quel qu'il soit. Les médecins ne se les réservent pas, c'est juste qu'ils ne servent à rien !

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 29 janvier 2008

Ces temps je l'ai vu trois fois en quelques jours. M. M., psychotique, un de mes deux patients habituels vraiment difficiles à gérer au niveau psychiatrique. Le premier est paranoïaque, mais jamais agressif. Lui peut être violent, parait-il,  bien que pour ma part je ne l'ai jamais vu ainsi.

Je suis toujours très mal à l'aise face à lui. Je ne sais comment prendre en charge sa souffrance. Déjà, je reçois deux à trois fois par an des courriers le concernant : la dénomination de sa pathologie varie selon l'interlocuteur, et / ou selon les variations du DSM (classification des troubles psy); heureusement son traitement lui reste stable.

Le problème, par ailleurs, c'est qu'il est hypertendu, et diabétique de type 2 (celui traité par comprimés).

Et là, obtenir un suivi correct des traitements, c'est souvent plus que difficile.

Il y a les consultations pendant lesquelles il ne va me parler que de ses suspicions sur tel ou tel de son "entourage", ne répondant pas à mes questions sur son observance, sur le fait que j'aimerais avoir un résultat biologique; il y a les consultations pendant lesquelles il pleure, persuadé qu'on ("on") a sciemment installé en lui hypertension et diabète, qu'il est un cobaye.

Objectivement, l'observance est moyenne, mais pas catastrophique. Il respecte à peu près les périodes de rendez-vous. Ce sont les à côtés du purement médicamenteux qui me chagrinent : c'est clairement pas ça. Rien ne passe.

L'impression de faire au moins pire, au coup par coup, sans référence, un peu à l'aveuglette, beaucoup au pifomètre.

J'en ai plusieurs fois parlé avec des confrères de ce genre de cas : ils trouvent que je ne m'en sors pas si mal. Je trouve plutôt qu'on est tous pas bon -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 29 janvier 2008

1°/ Etonnant comme les médecins et chercheurs américains sont obsédés par le café : le nombre d'études sur le sujet, ou bien pour lesquelles le café intervient, ou est une des variables, est incroyable.

En voici une de plus (Université de Duke, Caroline du Nord, USA). Si le café semble diminuer le risque de diabète de type 2 (celui traité par comprimés) avant l'apparition d'un diabète, il semble que la prise de café (et de caféine) alors que l'on est déjà diabétique de type 2 est nocif.

En effet, nos chercheurs ont noté une augmentation de la glycémie par pic lors de la prise de café (sans sucre ! En fait ils donnaient soit un placebo, soit un comprimé de caféine), et une augmentation également de la glycémie moyenne.

Toutes choses délétères, et aggravant de façon direct le risque de complications liées au diabète : cardio-vasculaires, rénales, ophtalmiques, ....

Comme quoi il y a bien des mystères dans une simple tasse de café !

2°/ De nombreux confrères se plaignent de la rupture de stock et donc de l'absence de fourniture par les caisses de tests de diagnostic rapide (TDR) pour les angines : le fameux bâtonnet miracle qui dit oui ou non aux antibiotiques de façon automatique.

Bon, ils n'ont qu'à passer au test clinique en 5 points : simple, aucun effet secondaire, aucun surcoût, efficacité équivalente.

D'un autre côté, certains se demandent si ce n'est pas fait exprès pour inciter les médecins à acheter eux-mêmes les tests : petite rupture, puis plus longue, puis abonnés absents ...

Cela fait un peu parano, mais quand on sait ce que les caisses ont déjà inventé précédemment -)

par le toubib publié dans : brèves
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Lundi 28 janvier 2008
Samedi matin, venue au cabinet de m. T., 32 ans, patient habituel, pour douleur du genou gauche.

Il entre avec une béquille, et en boîtant à en faire pitié.

Le dimanche d'avant, il a passé la journée au ski. Sur une bonne gamelle, il a eu mal, mais est reparti de plus belle.

Le lendemain, bien évidemment, le genou ressemblait d'après ses dires, à une pastèque; il a pris tout ce qu'il avait chez lui comme antalgiques, quelques anti-inflammatoires aussi. Pour un résultat mitigé : diminution de la douleur, disparition de l'oedème, mais dès qu'il veut plier, il a un rappel à l'ordre.

A l'examen, joli hématome sur la partie inférieure de la cuisse, une belle tuméfaction à ce niveau en interne, grosse comme une clémentine. La palpation n'en est pas douloureuse, mais le simple effleurement à peine plus bas induit une grimace. Les amplitudes sont normales en mouvements passifs, et ceux-ci ne sont pas vraiment douloureux. Il n'en est pas de même pour les mouvements actifs.

Une semaine après, ce que l'on peut faire c'est repos, anti-inflammatoires, genouillère, et voir venir.

M. T. ne veut pas entendre parler d'un arrêt. Je lui dis qu'il a le choix entre un arrêt assez court maintenant (enfin, on l'espère !), ou un beaucoup plus long plus tard.

Il ronchonne. 

Je lui dis de me rappeler si ce n'est pas nettement mieux en 3 jours, il faudra alors sans doute prévoir un avis orthopédique.

Il ronchonne de plus belle.
par le toubib publié dans : exercice quotidien
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