Consultation hier de m. P., patient habituel mais que je vois peu. "Je me suis fais piqué dans le dos" me dit-il au téléphone.
Il a mal depuis trois jours, il s'est fait piquer il y a cinq jours, ça tire beaucoup, et sa femme dit que ce n'est pas joli et que c'est très gonflé.
Bon, voyons ça.
Ah ! Effectivement ! Sur l'omoplate droite, cinq centimètres de diamètre, très inflammatoire, il sort du pus, et le pansement semble en avoir absorbé pas mal déjà.
Je lui demande s'il a fait des ballades en forêt, et là benoîtement il me répond qu'en fait ça lui est arrivé à La Réunion, en fin d'après midi, sur la varangue, à l'apéritif, il vient
de rentrer d'un séjour de deux semaines, très belle île, très bons punchs.
Certes, certes, mais comment savoir ce qui a pu piquer, et surtout les risques, hein ?
Bon, les vaccins sont à jour, ça a l'air purement local, pas de fièvre, pas de courbatures, pas de douleurs des articulations.
On va partir sur des corticoïdes deux ou trois jours, et un antibiotique macrolide dix jours, on verra comment ça tourne.
Et je vais me plonger dans ce que je peux trouver comme documentation au cas où.
Un insecte piquant à la Réunion de sortie en fin d'après-midi ? Je ne suis pas rendu, moi.
Deux cas démonstratifs de la façon dont les choses fonctionnent chez nous.
1°/ Relance du dossier informatisé, dit DMP.
Enfin, nième tentative de relance, repoussée à fin mars. La mission qui doit rendre son rapport est censée voir comment professionnels et patients pourront "s'approprier" (sic) le bouzin.
On a donc commencé par ne mettre aucun représentant de la médecine libérale dans la commission, et par obtenir la démission du représentant des patients.
C'est quand même plus facile de décider ce que l'on veut quand on est entre soi, non ?
On dirait le fameux sketch : "Votre Sérénité pouvez-vous le faire ? Oui, je peux le faire. Vous pouvez le faire ? Oui, je peux le faire. Il peut le faire, on
l'applaudit".
2°/ Notre tiers de temps de ministre vient de nommer une nième mission pour la permanence des soins, cette fois chargée de mettre en place un "Conseil National de l'urgence et de la permanence
des soins".
L'évident bon sens basique serait de faire moitié-moitié entre établissements et libéral.
Donc bien sûr parmi les médecins nommés il n'y a pas un seul libéral.
Pas un.
Logique et Raison Pure. Toujours. En tout. Constamment. Définitivement.
Hier, appel d'un quidam se présentant comme un policier municipal. Il veut que je vienne au domicile d'untel, totalement inconnu.
"Pardon ?"
Oui, vous comprenez, m et mme X nous ont appelés car leur fils a un comportement bizarre, il faudrait donc lui faire un certificat d'hospitalisation d'office.
Je lui ai dit qu'il était hors de question que je me déplace pour ça. D'après ses dires, le fils en question n'avait alors pas un comportement dangereux, lui comme les parents me
sont totalement inconnus.
Il me répond alors que le médecin traitant des parents comme les pompiers refusent de venir !!! Tu m'étonnes !!! Et que les parents ne veulent pas une procédure d'hospitalisation sur demande d'un
tiers ! Ben voyons ! Ils stressent et sont anxieux, les choux ! Mais prendre les choses en main, non, bien sûr que non !
On prend un arrêté vite et mal pondu, on essaie de trouver un brave couillon pour faire un certificat, en cas de problème c'est lui qui portera le chapeau !
Facile, non ?
Déjà, les deux précédents cas que j'ai eu à traiter avec eux se sont fort mal passés. J'avais à chaque fois réussi à persuader les personnes concernés, patients connus, de se laisser emmener à
l'hôpital. Et ces imbéciles avaient les deux fois joint l'arrêté d'office.
Et qui se fait engueulé par le psy du service car ça ne colle pas ? Hmmm ? Psy renvoyé les deux fois dans les cordes en le priant de lire mon courrier avant toute chose, d'ailleurs. Bon,
nervosité compréhensible de sa part aussi, vu les problèmes possibles derrière.
Bref, ces cas là, c'est le pataquès assuré.
1°/ Très profonde et importante remise en cause en psychiatrie.
D'après une étude de chercheurs britanniques (Hull), portant sur 47 études publiées ou non (élément d'importance à ce stade) concernant la dernière classe d'antidépresseurs dite
IRS, ceux-ci ne sont pas plus efficaces que le placebo, sauf pour les dépressions très graves.
Même problème pour les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline.
Les britanniques annoncent vouloir envisager d'autres techniques de traitement.
Un conseil d'importance qu'il va sans doute nous falloir marteler dans les jours à venir aux patients concernés : ne surtout pas arrêter le traitement brutalement.
2°/ Grosse surprise dans l'étude de suivi de la loi anti-tabac, avec l'interdiction de fumer dans les lieux publics, et donc la diminution du tabagisme passif.
On observe une diminution de 15 % des crises cardiaques et des attaques cérébrales.
Ces résultats étaient espérés, mais pas aussi vite, en moins de 2 mois. Pour les spécialistes, ils s'expliquent par les mécanismes de la thrombose, et l'impact du tabac sur
celle-ci.
Attendons confirmation dans les mois à venir.
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