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Mardi 30 octobre 2007

L'histoire du changement d'heure, cela me déphase, comme les gamins. Une horreur.

Hier matin, sur les deux premiers patients, j'ai commencé par :

- faire tout de A à Z, écriture du dossier, ordonnances, passage de la vitale, au nom d'Alexandre, et non de sa jumelle Carole, 8 ans, qui était elle effectivement et présente et malade; c'est la maman qui m'a signalé mon erreur en riant !!!

- prendre les dates sur l'agenda pour une prolongation d'arrêt maladie pour m. B., 42 ans, patient habituel, dont nous attendons l'avis de l'orthopédiste, à la mauvaise semaine : un peu plus, je lui faisais "retour vers le futur"; je m'en suis aperçu au moment de signer le papier.

Du coup, après, j'ai tout relu systématiquement deux fois. En expliquant à mes patients habituels le pourquoi de la chose.

Ce qui les a beaucoup amusé, et a amené certains à me dire qu'ils ont le même souci. Et le même traitement : attendre que cela se recadre tout seul, en une petite semaine.

En attendant, je relis tout.

Y compris cet article -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 30 octobre 2007

Vu dans la presse professionnelle des articles sur deux approches différentes pour tenter d'apporter des solutions au problème démographique en rural.

D'une part, l'Allier, où le Conseil Général propose 38 400 euros de bourse étudiante répartie sur les trois dernières années d'études, contre un engagement à rester six ans dans le département.

Notons que le président du Conseil Général, pharmacien, dit qu'il rigole doucement  quand il entend qu'on pourrait s'inspirer du numerus à l'installation des pharmacies pour les médecins. 
Non seulement ce numerus pourrait sauter, mais je trouve la remarque un rien déplacée : un pharmacien propriétaire gagne deux à trois fois plus qu'un médecin généraliste, et a en outre une pharmacie à revendre en fin de carrière, ce qui peut se chiffrer à quelques millions en capital à placer .....


D'autre part, La Ferrière sur Risle, dans l'Eure, où le maire se démène depuis 2003 pour retrouver un médecin généraliste, et a proposé 500 euros par mois (son indemnité d'élu) au volontaire.
Là, le problème est autre : il n'y a que 500 habitants, très insuffisant pour faire vivre un cabinet, et l'Ordre local comme l'Urml n'arrivent pas à faire comprendre à ce maire, comme à d'autres, que les arrivants ne veulent pas s'installer seuls.
Mais bien évidemment, les maires veulent que l'éventuel cabinet de groupe soit installé sur leur commune à eux et non chez le voisin !


Tout va bien, tout est sous contrôle.

par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 29 octobre 2007

Vue samedi matin Clara, 13 ans, patiente habituelle, pour douleurs du genou droit lors des activités sportives. Cela ressemble bien à un possible Osgood.

Par ailleurs, elle me signale que depuis deux mois environ, elle a de façon irrégulière, peut être une fois par semaine au plus , une crise de hoquet, qui cède facilement avec de l'eau glacée ou un sucre au vinaigre quand l'eau est restée inefficace.

Il n'y a pas de circonstances favorisantes a priori, pas de prise médicamenteuse, pas de signe de reflux gastro-oesophagien, pas de signes neurologiques, pas de vertiges. Pas de fièvre, à aucun moment.

A l'examen, rien à signaler; rien sur les tympans, examen neurologique normal, auscultations normales.

Elle me dit que peut être, elle aurait tendance à entendre moins bien, ce que me confirme le père. Rinne et Weber (tests au diapason) normaux.

Et encore un cas que je n'aime pas.

Ce peut être n'importe quoi. Le stress. Une tumeur quelque part. Avec plusieurs localisations possibles.

Bon. On va accompagner la radio du genou de radios du thorax et de l'abdomen, d'une échographie abdominale; d'un bilan biologique de débroussaillage; d'une consultation ORL.

Je ne sais pas pourquoi, je ne le sens pas.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 29 octobre 2007
Non pas que ce serait un mal, bien au contraire.

H5N1, c'est le petit nom de la grippe aviaire.

Celle qui doit venir, incessamment, depuis 10 ans, et qui, suite à une pandémie mondiale devrait tuer plusieurs dizaines de millions de personnes. Enfin, à ce que l'on nous a dit, redit, assuré. Ce qui a justifié des plans et des mesures, et des investissements, et des coups de menton virils "nous sommes prêts".

Et puis, comme le SRAS juste avant, nada à ce jour.

Une prévision de plus tombée à l'eau.

Et voilà que l'on peut lire dans la presse professionnelle qu'une équipe chinoise a réussi à sauver un patient, chez qui l'oseltamivir était inefficace (ce qui n'est guère surprenant .....rappellons que c'est le produit dont nous sommes censés avoir des tonnes, au cas où), grâce à l'injection de plama d'un convalescent atteint par le même type de virus.

Et ce avec 3 injections en 48h seulement.

Ce qui ouvre la voie à tout un secteur en immunothérapie, alors que les antiviraux sont pour le moins décevants.

Je note deux choses :

- pendant ce temps, en 10 ans de non-épidémie de précautions inutiles et ruineuses, 1,5 millions de gamins sont morts de rougeole, alors qu'il y a un vaccin disponible

- l'ennemi viral ou bactérien vient toujours par un chemin inattendu; par définition, ou presque
par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 29 octobre 2007

Samedi matin, j'ai été amené à voir 14 patients en consultation. En un peu plus de 3 heures, en fait.

Pour moi, qui ne sais pas faire à ce rythme là habituellement, c'est énorme. C'est trop.

Je sais bien que certains confrères voient passer 35 ou 40 patients, voire plus, en moyenne par jour, ce sur 250 jours à l'année, mais je ne sais comment ils font pour tenir le choc.

D'après ce que j'ai pu en voir, certains, soyons clairs, font souvent des ordonnances non-renouvellables. Bon, ces consultations sont vite bouclées, et ne sont pas nécessaires. Il s'agit de faire du chiffre, ni plus, ni moins.

D'autres n'ont guère le choix, ils sont dans des zones où il n' y a pas d'autre prise en charge possible. Mais d'après ce que j'en sais, ceux-là sont plutôt dans une moyenne de 30 par jour, car eux tentent d'éviter par tous les moyens d'être encore plus surchargés qu'ils ne le sont.

Normalement, un MG sur deux consulte le samedi matin, et environ 25% des spécialistes d'organes.

Il peut sembler très étonnant que le samedi matin ne fasse pas partie de la zone de la permanence des soins, alors que cela commence à coincer, et que cela ne fera qu'empirer très vite. Mais il est vrai que nos "décideurs" ont toujours un train voire deux de retard. A preuve, le samedi après-midi, dont le cas n'est toujours pas réglé, 3 ans après des textes supposés résoudre le problème.

Ce samedi matin , visiblement, outre le fait que dans le coin de moins en moins de confrères (et consoeurs) sont habituellement disponibles, avec le début des vacances scolaires, il y a eu des vides supplémentaires.

Et donc un afflux dans les cabinets ouverts.

Dont celui de votre serviteur, qui s'en serait bien passé.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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