Mercredi 29 novembre 2006
Vu hier monsieur G., 20 ans, suivi depuis 10 ans, victime en juillet d'un accident de scooter avec fractures de vertèbres cervicales, détresse respiratoire, fractures mandibulaires, deux semaines de réanimation. Il a eu une fixation (vis et plaque) de la 1° à la 3° vertèbres cervicales. Aucune séquelle neurologique : un vrai miracle.
Il se plaint de sensation de flou visuel depuis 3 semaines, sans cause déclenchante, sans autre signe, venant brutalement, durant une demie-heure, puis disparaissant d'un coup. Il a revu le neurologue il y a un mois, tout allait bien d'après le courrier du confrère.
A l'examen, je ne trouve rien. Je demande une consultation ophtalmologique en urgence.
Il est généralement admis que la médecine intervient pour au mieux 20% dans le niveau de santé d’une population donnée.
Conditions de vie, conditions de travail, hygiène collective et individuelle, et enfin choix de vie personnels (en tout premier lieu l’absence de conduite à risque, puis tabac et alcool) sont de très loin les facteurs prépondérants.
En France, la première cause d’années de vie perdues, et de très très loin, ne relève ainsi pas de la médecine (accidents domestiques, 20 000 morts par an), et n’en a jamais dépendue.
Hier soir, dernière consultation, 19h15, Mme C. 34 ans, connue depuis 8 ou 9 ans. Elle se plaint de douleurs à la poitrine, depuis une semaine, centrées sur le sternum, sans irradiations, surtout à l'effort, sans gêne respiratoire, en diminution depuis leurs apparition sans doute.
Tension artérielle à 120/65, pouls à 67, auscultation cardiaque et pulmonaire normale, pas de fièvre, pas de ganglions. Je décide de faire un électrocardiogramme : normal.
Je n'ai qu'une hypothèse : péricardite, c'est à dire inflammation de l'enveloppe du coeur.
Je demande une radiographie du thorax, un bilan biologique avec enzymes cardiaques et prescrits de l'aspirine.
Il y a de grandes chances que les examens soient normaux, et que cela rentre dans l'ordre comme c'était venu, sans que l'on sache précisément ce que c'était.
Vue hier en début d'après-midi mlle M. 25 ans, que je connais depuis mon installation ou presque. Elle est maintenant installée sur Paris, mais me garde comme médecin traitant.
Elle a eu des rapports sans contraception, elle a un retard, elle a fait un test : positif, elle est enceinte.
Elle ne peut pour des raisons professionnelles faire un autre choix que l'IVG.
Je lui explique les démarches, lui donne une plaquette d'information, les prescriptions de contrôle du dosage en laboratoire et d'échographie, le numéro du centre d'orthogénie.
Elle me demande ce qu'il en est au niveau financier, elle ne sait pas si elle veut le dire à ses parents, et elle dépend encore de leur mutuelle. Je la rassure, en lui disant qu'elle pourra payer cette part directement à l'hôpital et voir après.
Nous parlons un peu contraception : elle avait arrêté la pilule précédente à cause de céphalées, puis n'avait pas pris la prescription suivante pour cause d'inutilité, elle avait rompu avec son copain. Je lui parle de la possibilité du stérilet, mais elle préfère essayer cette autre pilule.
40 minutes de consultation. Au moins, elle n'a plus les yeux humides en partant.
Vue hier, au milieu des rhino-pharyngites, la petite Margaux, 11 mois. C'est le premier enfant de la famille, alors la maman me l'amène tous les mois pour voir où on en est, et se rassurer bien sûr !
8,3 kg 76 cm PC 45, elle pousse, elle n'est pas bien grosse certes, mais tout va bien. Mais voilà que depuis quelques semaines, Margaux ne mange pas régulièrement, refuse des choses qu'elle aimait. Je rassure la maman : c'est normal à cet âge, on ne voit pas de bébés anorexiques !
On parle de la diversification de l'alimentation, de l'inutilité totale des laits dits "de croissance", qui ne font croître que les bénéfices des industriels.
Prescription de vitamine D, prévision du vaccin rougeole-oreillon-rubéole.
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