Consultation hier de mme H., 42 ans, patiente habituelle. Un problème principal (médicalement, et pas que) : l'alcool.
Deux épisodes de pancréatites aigues sur un fond d'atteinte chronique, supplémentation bien sûr, le foie tient encore, mais pour combien de temps, on ne devrait pas tarder à passer en diabète.
Syndrome cérébelleux statique, polynévrite des membres inférieurs.
Je la suis depuis 12 ans. Avec l'aide de la famille, je suis arrivé à l'emmener jusqu'en cure à plusieurs reprises, on en est à la 8°
avec cette dernière dont elle vient de sortir.
Ce qui est amusant, si l'on peut dire, c'est le ton des différents courriers au fil des ans, selon le confrère qui a rédigé le dernier en date. Combatif, résigné, plein d'espoir, dubitatif,
perplexe, sans illusion : pour son cas comme pour tous les cas semblables, cela varie énormément d'un intervenant à l'autre. Sans que l'âge ou l'expérience n'intervienne beaucoup d'ailleurs.
Plutôt comme souvent la vision indivuduelle des choses.
Je me classe sans conteste sur le sujet dans les "sans illusion". Je ne crois pas que nous ayons une efficacité bien notable sur le
sujet. Comme sur le tabac, ou tout autre drogue, légale ou non, d'ailleurs. Au fil de ces années, ceux que j'ai vu sortir de l'alcool sont une infime minorité. Et on ne peut pas dire que l'on
dispose vraiment d'études fiables sur le sujet, ceux qui les initient relevant directement de la problématique du conflit d'intérêt.
Je crois que nous surestimons très largement notre efficacité dans ces domaines, et que la réalité est simple, basique, triviale :
on ne peut aider que quelqu'un qui veut être aider.
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