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Jeudi 6 mars 2008

Prescrire de mars 2008, n° 293, p 196 et suivantes.

On peut lire depuis plusieurs années dans différentes revues à pub qu'il faut commencer tout traitement d'une hypertension artérielle par une bithérapie.

Il ne faut pas demander d'étude sur le pourquoi de cette prétention, il n'y en a pas. Enfin, pas de sérieuse. C'est du "con-en-sus".

Je remarque pour ma part que comme par hasard cette notion a été introduite peu de temps après que toutes les classes de produits de monothérapie ne soient devenues généricables (il n'en reste qu'une pour l'instant, et pour peu de temps encore, non génériquée massivement). De là à penser qu'il s'agit de trouver une astuce de contournement, avec l'aide totalement non-bénévole de "leaders d'opinion", il n'y a même pas un pas ...

Lors donc, Prescrire se penche sur le sujet. Et rappelle que la logique en 1° intention est un diurétique, à défaut un des 4 autres classes, en monothérapie. 

En deuxième ligne, il n'y a pas de preuve pour choisir une bithérapie, alors que effets indésirables et risque d'interactions médicamenteuses sont accrus. Il faut plutôt mettre en place une autre classe, en monothérapie toujours, en évitant les bêta-bloquants après 60 ans (probable augmentation du risque d'AVC, attaque cérébrale, par rapport aux autres classes).

L'échec de plusieurs monothérapie peut alors conduire, en troisième ligne, à une bithérapie.

Et économiquement, il n'y a pas photo, il vaut mieux prescrire deux produits séparés, génériqués, qu'une association fixe.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Vendredi 1 février 2008

Un article intéressant sur le sujet dans la presse professionnelle.

En France 15% des couples sont infertiles et les deux tiers d'entre eux ont alors recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP : ah, ces acronymes !)

Il faut déjà savoir que le taux de conception est de 25% par cycle à l'âge de 25 ans, 12% à 35 ans, 6% à 40 ans, quasi nul à 45 ans.. Et l'âge moyen de prise en charge en AMP pour la femme est de 34 ans ....

Dans 40 % des cas l'infertilité est liée aux deux membres du couple, 30 % à la femme sele, 20% à l'homme, et 10 % étant inexpliqués.

Toutes techniques confondues, seules 15% des tentatives conduisent à une naissance d'enfant vivant.

Le taux de réussite est de 11% par cycle avec l'insémination artificielle, de 23% avec les FIV (estimations, les données sont peu précises).

Le remboursement est possible pour six inséminations artificielles et quatre FIV.

In fine, 60% des couples ont ainsi un enfant. On estime le nombre de naissances après AMP à 19 000 environ en 2006.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Jeudi 24 janvier 2008

Article dans la presse professionnelle concernant le vaccin pneumococciques à 7 valences (Prevenar°).

Une étude de suivi de l'institut de veille santaire (InVS) depuis 2003. Alors que les données 2005 montraient une diminution de 38% des méningites et de 29% des infections bactériémiques par rapport à la période de référence pré-vaccinale, on note en 2006 une remontée des méningites et des bactériémies (+ 10% pour les méningites).

Et ce alors même que la population vaccinée avec une primovaccination complète a augmentée de 27%, le taux de couverture passant chez les 6/12 mois considérés de 44 à 56%.

Tout est bien entendu lié à une augmentation des cas dus à des souches qui ne sont pas présentes dans le vaccin.

L'incidence des méningites pneumococciques à sérotype vaccinal a diminué de 54%, mais celle des méningites à sérotypes absents du vaccin à augmenter de 56%.

On a exactement la même donnée pour les infections bactériémiques : baisse de 32% d'une part, augmentation de 31% d'autre part.

Deux des sérotypes absents passent de 12 à 37% des prélèvements.

Les auteurs concluent malgré tout que le solde reste positif en faveur de la vaccination, et que le suivi reste indispensable.

Notons tout de même que les auteurs sont amenés à sortir l'argument de la couverture indirecte des personnes âgées pour justifier leur point de vue ....

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Jeudi 10 janvier 2008

Reçu hier deux courriers concernant des médicaments dont on se demande pourquoi ils sont encore là.

Le premier concerne le piroxicam (nom chimique), anti-inflammatoire non-stéroïdien(AINS : veut dire que ce n'est pas de la cortisone ou un dérivé de celle-ci), vendu sous ce nom, mais aussi comme Proxalyoc°, Cycladol°, Inflaced°, Brexin° et autres Feldène°.

L'Afssaps informe d'une restriction des indications thérapeutiques drastique, avec de plus la mention que la molécule ne doit pas être utilisée en traitement de première intention.

Le rapport bénéfice/risque est revu comme étant peu favorable.

De suite, on a deux remarques à faire :

- le produit est ancien, les problèmes connnus, pourquoi si tard ?

- et surtout, pourquoi si peu ? il devrait être retiré du marché (et depuis lurette), c'est tout

Rappel : les références parmi les AINS sont l'ibuporofène et le diclofénac.

Le deuxième courrier contient une plaquette de 20 pages sur papier glacé, censée me présenter "le métabolisme lipidique au microscope", et faire de la pub pour un fibrate.

Or, nous ne disposons en quoi, 40 ans ?, d'existence de la famille de ces hypocholestérolémiants d'aucune étude démontrant une efficacité sur la morbidité ou la mortalité totale. L'étude OMS montrait même une surmortalité de 47% .....

Ils ne servent à rien, ils sont toujours là, ils sont toujours remboursés.

Confirmation par deux fois donc hier d'une donnée de base : nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Mercredi 9 janvier 2008

Bien entendu, c'est valable dans tous les domaines, mais c'est peut-être encore plus conséquent dans le médical : la manie de changer une dénomination, sous prétexte de précision le plus souvent.

Or le but du langage est de comprendre l'autre, et de se faire comprendre. Le mot n'est jamais que le véhicule d'une pensée. 

Quelle importance alors faut-il attacher à l'emploi d'une terminologie définie comme "correcte" alors que bien souvent elle reste minoritaire dans l'utilisation réelle ?

Ainsi, la plupart du temps on continue à demander le dosage des SGOT et SGPT, une ECBU; on parle de glycémie ou de cholestérol en gramme, pas en mmol.

Le labo nous rend de toute façon les résultats avec les deux terminologies.

On ne devrait plus parler de septicémie, mais de bactériémie. La crise cardiaque n'existe pas, l'infarctus est voué aux oubliettes, on est dans le SCA (ah, les acronymes ! syndrome coronarien aigu).

La précision est peut-être utile dans les publications de haut niveau (et encore ...), mais en pratique courante ?

Le plus fascinant dans cette histoire, c'est de se dire qu'il y a quelque part des gens qui sont payés pour ça : avoir des pratiques sur des animaux volants qui devraient leur valoir des ennuis avec la SPA ....

Savoir si cela fait avancer la médecine, ça ....

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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