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Samedi 5 juillet 2008

Le premier concerne l'activité en médecine générale, estimée d'après un panel, publié dans Impact Médecine, en l'espèce celui du 3 juillet en page 11.

Avec 371 actes de moyenne en mai, on note une baisse par rapport à 2007 de 5,6 %. Depuis le début de l'année, seul avril a connu une activité supérieure à 2007.

Voilà qui confirme l'impression quasi générale : moins d'actes, plus lourds, plus complexes, avec plus de demandes.

A noter que les prescriptions, d'après le même tableau, sont également en baisse notable, de 9,5 % pour mai.

Les autres sont à retrouver dans Le Généraliste du 4 juillet en pages 14 et 15. Ils voudraient concernés les revenus libéraux des médecins généralistes pour 2007.

Mais comme toutes les années, inexorablement, ils sont totalement faux.

Parce qu'ils sont basés sur les chiffres d'association de gestion agréées, et ont donc une sur-représentation des secteur 2 (honoraires libres et dépassements).

Ainsi, la couverture vante un + 3,8 %, et une moyenne de 72 499 euros sur l'année.

Sauf que pour 2006, ils donnaient une moyenne de 68 801 euros, alors que la CARMF (caisse de retraite) qui elle comptabilise tout le monde, mais du coup publie en fin d'année suivante, retrouve 62 970 euros en 2006.

6 831 euros d'écart, une sur-estimation de 10,84 % ......

De même, en page 15 on peut trouver un petit tableau qui prétend comparer les spécialités entre elles. Il est bien entendu totalement faux, principalement pour deux raisons : a) moins de 10 % des généralistes libéraux ont une activité salarié par ailleurs contre 30 % des autres spécialités b) beaucoup de spécialistes à chiffre d'affaire important (radiologues, chirurgiens, ...) sont passés en société (SEL) et se payent en grande partie en dividendes, qui n'apparaissent pas ici.

Bref, c'est à peu près n'importe quoi.

Seule certitude : entre 2002 (60 907 euros de moyenne) et 2006, dernier chiffre certifié, compte tenu de l'inflation insee sur la période, le médecin généraliste moyen aurait dû être pour conserver strictement son pouvoir d'achat à 65 779 euros. Avec 62 970 euros, c'est en fait une perte de 2 800 euros, et de 4,46 % de pouvoir d'achat sur la période.

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 3 juillet 2008
Je lis sur le blog de Grange-Blanche cet article.

J'ai tenté en vain hier comme ce matin de laisser un commentaire, ce "biiiip" de système de "biiip" me répond code faux à tous les coups. Bon, de toute façon, je n'ai jamais cherché à comprendre les mystères de l'informatique, ça fait lurette que j'ai accepté le fait que j'ai une poupée vaudou.

Il s'agit donc d'un maire d'un village de 600 habitants si j'ai bien compris qui cherche un médecin.

J'entendais donc mettre ça :

je vais jouer les avocats, et ce ne sera pas bien difficile

la situation est due avant tout à quatre choses basiques :
- la gestion déplorable au fil du temps du numerus, en nombre comme en répartition finale
- le fait de ne pas avoir prévu le travail des femmes
- le fait de ne pas avoir prévu la féminisation de la profession
- le déséquilibre d'investissement entre le 1° recours, et le reste (merci au poste pharmacie notamment)

on voit le médecin comme celui des années 50, homme, soutien de famille, la femme faisant la secrétaire
pour obtenir l'équivalent, ce ne sont plus des hommes et des femmes qu'il faut, mais des moines et des nonnes, disponibles 24/24 et 7/7

ce village de 600 habitants si j'ai bien compris est sans doute charmant : mais quel travail pour le conjoint ? quelles écoles pour les enfants ?
sur mon coin, 20 km de Lyon, part un confrère cette année sans successeur, 4 200 habitants, 3 MG, ils seront 2
à côté, un confrère part dans deux ans : son remplaçant habituel lui a dit non, sa femme trouve que c'est trop loin de Lyon
cette année, partent 4 000 généralistes libéraux; statistiquement on devrait voir 180 installations
dans 5 ans, il y aura 35 000 cabinets de MG, contre 50 000 aujourd'hui
dans 10 ans, 25 000
dans 15 ans avec les options retenues depuis 30 ans et toujours en cours, 18 000 au mieux
des Fresnay-l'Evêque, il y en aura partout sous peu

Je ne peux Monsieur le Maire que vous souhaiter bon courage et bonne chance dans cette croisade

par le toubib publié dans : point de vue
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Mercredi 2 juillet 2008
Lu le pitoyable "rapport de synthèse des états généraux de l'organisation de la santé".

Pour situer le niveau de compétence et de crédibilité du bouzin, il suffit de voir que p 4, est repris le chiffre de 208 191 médecins généralistes.

Alors qu'il s'agit bien sûr du nombre de médecins toutes spécialités confondues. L'Ordre retrouve 97 000 médecins généralistes, dont 57 000 libéraux exclusifs + 5 700 à activité mixte libérale/salariée (voir l'atlas démographique 2007).

Ensuite, quand on est un peu conscient du fait que la voie suivie depuis des décennies nous mène au mur, lequel masque le précipice, on s'arrête à la page 8, et on ne va pas plus loin.

Tous les professionnels de santé font d'après eux partie du premier recours, mais le médecin généraliste un peu plus que les autres.

Ensuite, on voit la négation même du métier de médecin généraliste, vu comme un coordinateur de réseau, et non le référent du patient.

D'abord avec une des missions fixées "assurer la synthèse des informations transmises par les différents intervenants et la tenir à leur disposition", retour du mythe du DMP.

Ensuite avec le principe d'un plan personnalisé de prévention pour les patients présentant une pathologie chronique, fonctionnement en réseaux, dont on connait à la fois le peu de pertinence médicale et le coût faramineux.

C'est noir sur blanc l'illustration de la fameuse histoire de la baignoire qui déborde : on commence par éponger, puis comme cela ne suffit pas, au lieu de chercher à couper l'arrivée d'eau, on prétend régler le problème avec plus d'éponges.

On a droit ensuite à un catalogue de tous les poncifs, dont la fameuse méconnaissance de la médecine générale par absence de stage : il est connu que comme tous les étudiants passent en radiologie, c'est la raison pour laquelle les postes partent illico ...

C'est absolument pitoyable.
par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 30 juin 2008

Après le tollé soulevé par l'histoire des 35 % pour les ALD, certains en profitent pour remettre sur l'avant de la scène leur projet de bouclier sanitaire.

Le principe en est simple : entre 0 et X il n'y a aucun remboursement, et au delà de X, le système couvre à 100 %, mais pas uniquement les patients actuellement en ALD, mais tout le monde.

Cela s'appuie sur deux constats :

- d'une part, le reste à charge personnel, y compris pour des patients supposés être à 100 %, est souvent important, et plus encore depuis l'histoire des franchises. Il atteint facilement les 300 euros annuels et au delà.

- d'autre part, la moitié de la population a une dépense de soins annuelle totale inférieure à 530 euros.

Le système existe déjà à l'étranger, sous deux versions principales.

En Suède, il y a deux volets d'environ 100 euros chacun, l'un pour les consultations, l'autre pour les prescriptions. Soit 200 euros de limite annuelle maximale.

En Belgique et en Allemagne, c'est un pourcentage des revenus annuels qui est pris en compte (entre 1 et 3 %).

Problème pour un tel projet en France : on raisonne en foyer fiscal, qui n'a rien à voir avec le fait d'être assuré ou ayant droit sécu. C'est une partie du distingo entre le financement par les cotisations et celui par l'impôt.

Au passage, on estime qu'en 2006 50 % de foyers fiscaux étaient en dessous de 17 200 euros annuels de revenus.

Enfin, un tel projet n'est pas trop bien vu non plus par les complémentaires, qui verrait une grande partie de leur marché remis en cause, ces dernières ne vivant que du non-remboursement par ticket modérateur ou par secteur 2 ....

par le toubib publié dans : point de vue
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Vendredi 27 juin 2008
Vient de sortir le troisième rapport de l'ONDPS (Observatoire national des professions de santé).

On y apprend qu'il y aurait en France 972 000 professionnels, que le nombre d'opticiens a augmenté entre 2000 et 2007 de 712 %, et celui des ergothérapeutes de 56 %.

Sur la période, le nombre de médecins généralistes augmente de 6,9 %, celui des autres spécialités de 14,8 % (population générale + 7 %).

On retrouve, pour les diplômés en médecine générale, un différentiel de 3 % entre les chiffres de l'Ordre des médecins (107 000) et ceux du fichier sécu (104 000).

Avec 61 000 médecins généralistes exerçant en libéral (c'est à dire ayant fait au moins une feuille de soin sur l'année), dont 6 500 MEP (mode d'exercice particulier, notamment homéopathes, acupuncteurs, ...).

Le rapport conclue par différentes préconisations :

- Définir les missions des différentes professions de santé, leur
coopération et leur coordination pour mieux anticiper, en fonction des
besoins de la population, les numerus clausus et les quotas de
formation.

- Suivre régulièrement les effectifs des professionnels de santé afin
d’évaluer l’efficacité des politiques mises en place.

- Mieux faire connaître la médecine générale de premier recours auprès
des étudiants, l’objectif étant de former des médecins qui exerceront
la médecine générale de premier recours et pas simplement des médecins
titulaires du diplôme de médecine générale.

- Définir dans le code de la santé publique les missions du médecin
généraliste de premier recours.

- Donner des garanties de pérennité à l’exercice regroupé.

- Adopter une démarche pluriannuelle de répartition des internes, appuyée
sur des analyses régionales. Ce diagnostic régional doit être confié
aux comités régionaux de l’ONDPS dont le périmètre d’action doit être
élargi.

- Favoriser les stages en dehors des CHU et des CH, au sein des
établissements privés à but lucratif ou non.

- Envisager une augmentation du numerus clausus régionalisé.

- Augmenter significativement les horaires du stage actif dans un cabinet
libéral.

- Développer l’accès à une meilleure connaissance des différentes formes
d’exercice et des missions des différentes structures lors de la
formation initiale."

Habituelle litanie de bonnes intentions, qui poursuivent dans la voie qui mène au mur, et qui évitent soigneusement d'aborder le seul sujet d'importance : la mise à niveau des moyens et revenus des médecins généralistes libéraux.
par le toubib publié dans : point de vue
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