1°/ Très profonde et importante remise en cause en psychiatrie.
D'après une étude de chercheurs britanniques (Hull), portant sur 47 études publiées ou non (élément d'importance à ce stade) concernant la dernière classe d'antidépresseurs dite
IRS, ceux-ci ne sont pas plus efficaces que le placebo, sauf pour les dépressions très graves.
Même problème pour les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline.
Les britanniques annoncent vouloir envisager d'autres techniques de traitement.
Un conseil d'importance qu'il va sans doute nous falloir marteler dans les jours à venir aux patients concernés : ne surtout pas arrêter le traitement brutalement.
2°/ Grosse surprise dans l'étude de suivi de la loi anti-tabac, avec l'interdiction de fumer dans les lieux publics, et donc la diminution du tabagisme passif.
On observe une diminution de 15 % des crises cardiaques et des attaques cérébrales.
Ces résultats étaient espérés, mais pas aussi vite, en moins de 2 mois. Pour les spécialistes, ils s'expliquent par les mécanismes de la thrombose, et l'impact du tabac sur
celle-ci.
Attendons confirmation dans les mois à venir.
On savait déjà que l'acupuncture (y compris factice ...) peut être efficace : voir ici.
D'après une étude parue dans le BMJ, des chercheurs de Baltimore (Etats-Unis) se sont penchés sur son utilisation dans l'amélioration de la fécondité, notamment dans le cas des procréations
médicalement assistées, dont le taux de réussite est assez faible (et le prix élevé).
Ils ont fait une méta-analyse à partir de 7 études, pour un total de 1 336 patientes. Pour 3 études, l'acupuncture était comparée à un traitement factice, pour les 4 autres, on ne proposait aucun
traitement.
On retrouve alors une augmentation de 65% du taux de grossesse (1,65 IC 95% 1,27 - 2,14), une augmentation des grossesses évolutives (1,87) et des naissances vivantes
(1,91).
En prenant le taux le plus bas, on retient qu'il faut traiter 17 femmes par acupuncture dans ce cadre pour avoir une grossesse suplémentaire.
Ce avec une à deux séances de 20 à 25 minutes, juste avant ou juste après le transfert d'embryon.
On discute du pourquoi du comment : neurotransmetteurs stimulant la sécrétion hormonale ? stimulation de l'iirigation sanguine utérine ? production d'opioïdes ?
La conclusion est donc que tout cela mériterait amplement des études complémentaires prospectives (= de plus haut niveau de preuve), pour juger de l'intérêt d'une généralisation.
J'aime bien lire et relire certains articles de ma revue médicale préférée, histoire d'en extraire la substantifique moëlle.
Hier, en milieu d'après midi, toujours ou presque le creux au niveau des consultants. Je reprends donc ma revue, numéro de janvier, p 66 et suivantes.
L'article concerne l'aptitude au travail.
Nous sommes pratiquement les seuls à définir cette notion, et à demander un examen d'embauche. Dans la plupart des pays (développés) la viste est réservée à certains postes à risque particulier.
Et l'inaptitude débouche sur des prises en charge en invalidité.
Il ressort de l'article que 1% des visites conduit à un avis d'inaptitude, 1% de plus à des inaptitudes temporaires, et 4,5% à des restrictions ou des demandes d'aménagement.
Il est à noter que l'inaptitude temporaire n'existe pas dans le Code du travail ..... Pas plus qu'il n'y a de définition de l'aptitude au poste de travail dans ce même code ....
Le concept est critiqué pour son absence de fondement scientifique, et de valeur prédictive pour un individu donné pour une pathologie liée au travail.
Bien évidemment, le problème de l'amiante, comme celui de l'exposition aux risques mutagènes et toxiques n'ont fait que renforcer les doutes.
Tout le monde convient qu'il est urgent de redéfinir la notion. Personne n'est d'accord sur le but et les moyens pour y parvenir.
Faut-il recentrer la médecine du travail sur les personnes les plus exposées aux risques mesurables et authentifiés ? Cela ne conduirait-il pas à retarder la prise en compte de
risques nouveaux, ou à minimiser des risques déjà existants mais difficilement quantifiables, comme le fameux "harcèlement moral" ?
Article des plus intéressant. Qui donne l'impression que ce n'est pas près d'être solutionné.
voir Revue Prescrire, janvier 2008, p 66 à 68; abonnement de 120 euros par an (étudiant) à 253 euros. Un investissement des plus valables.
iconoclaste toujours. Et encore une question dérangeante, une !
Nous sommes censés (arrêt Mercier, Cassation, 1936) donner nos soins de façon attentive et en fonction des données actuelles de la science. Autrement dit d'après des preuves (EBM en anglais
acronymique standard).
Faute de quoi, nous sommes susceptibles d'être poursuivis, notamment pour thérapeutique non éprouvée, défaut d'information et/ou pour perte de chances.
J'ai donc posé les questions suivantes :
1°/ mme X. est une patiente avec un cholestérol à 2,6 g, fumeuse, hypertendue. En l'état actuel de la science, les études démontrent que lui prescrire l'un des hypocholestérolémiants
disponibles ne changera rien en terme de morbi-mortalité globales.
Une telle prescription peut-elle être considérée autrement que comme une thérapeutique non-éprouvée ?
2°/ m. X. est un patient diabétique de type 2, angoreux, cholestérol à 2,6 g. Les études démontrent qu'il faut traiter par un hypocholestérolémiant. Mais seules simvastatine et pravastatine ont
des preuves en termes de morbi-mortalité globales.
La prescription d'une autre molécule peut-elle être considérée autrement que comme une perte de chance pour le patient ? (surtout si je mets de l'atorvastatine qui a un léger
problème avec la glycémie ...; un fibrate, ou de l'ézétimibe)
3°/ Dans ce genre de chose, ce qui m'étonne depuis au moins 5 ans, c'est l'absence de procès collectif par une association de femmes ayant eu un cancer du sein alors qu'elles avaient pris ou
prenaient encore un traitement hormonal.
L'industriel, le gynéco : défaut d'information, pertes de chances. Alors ?
Vendredi 30 novembre 2007
Vu passé sur un forum que l'Agence internationale pour la recherche sur le cancer, branche qui dépend de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), va rendre public des travaux en
décembre dans "The Lancet Oncology".
Travaux qui vont conduire à classer le travail de nuit comme carcinogène (créateur de cancer) "probable", dans la même rubrique que la fumée automobile, les rayons UV ou les anabolisants dont usent
et abusent certains "sportifs".
La recherche note une augmentation du risque de cancer pour les personnes travaillant de nuit. Et 20% de la population active environ travaillent de nuit dans les pays développés.
C'est la perturbation sur les rythmes biologiques qui conduirait à cette augmentation, via la mélatonine, normalement produite la nuit, hormone qui peut s'opposer au démarrage et au développement
tumoraux. La lumière, artificielle ou non, stoppant la production, conduirait à des taux moyens quotidiens plus bas.
La diminution du temps de sommeil moyen constaté chez les travailleurs de nuit pourrait également avoir un rôle, notamment via un système immunitaire moins performant.
Le niveau de preuve global est certes limité, le lien est considéré comme plausible, et appelle d'autres études.
PS : et encore une bonne raison de refuser les gardes !!!
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