1°/ On apprend lors de la présentation des comptes 2007 par le directeur de la Cnam que seuls 82 % des français ont choisi un médecin
traitant (généraliste dans la quasi totalité des cas).
Les 18 % qui se sont abstenus sont très logiquement jeunes et urbains, et consultent très peu.
2°/ Les pharmaciens notent une baisse de 4,6 % du nombre de boîtes de médicaments vendus au cours du premier trimestre.
Déremboursements et franchise sur le médicament seraient en cause.
3°/ Une étude de l'université d'Harvard et de celle de Washington (USA) portant sur 1 000 comtés pauvres et ruraux révèle que
l'espérance de vie y stagne voire est en baisse depuis 1980.
Pour les hommes (baisse de 4% environ) les causes principales sont le sida et les meurtres.
Pour les femmes, dont la baisse est plus marquée encore, tabac et obésité sont en cause. Cette baisse touche 20 % des américaines.
Une baisse de l'espérance de vie est bien sûr considérée comme un marqueur de l'inefficacité d'un système de santé.
Celui de trouver les deux informations dans le même journal professionnel (Quotidien du médecin en l'espèce).
1°/ Les médecins généralistes envoient bouler les caisses dans l'Oise quand aux DAM (délégués de l'assurance maladie, des visiteurs médicaux côté sécu).
Les caisses ont tendance à présenter les visites comme obligatoire, ce qui est bien sûr totalement faux, et à prendre les médecins pour des imbéciles, avec une finalité totalement financière et
comptable. D'où la grosse colère locale.
Pour ma part, je refuse de les recevoir depuis le début. Tout comme je ne reçois pas les visiteurs des industriels du médicament depuis 10 ou 12 ans, je ne sais plus. Perte de temps. Rien à en
apprendre.
2°/ Interview du député Yves Bur, un de soi-disant spécialiste du budget de l'assurance maladie à l'UMP.
Au passage, un de ceux qui, contacté à deux reprises, refuse très courageusement de répondre à notre groupe de têtes de bois quand au
cadre juridique de la permanence des soins. Seul point en sa faveur : il n'est pas le seul.
Tout est dit dans la dernière phrase à propos du déremboursement des soins dentaires :
"Le préalable, je le redis, est de vérifier l'accès généralisé de la population à une complémentaire santé. A ce moment, ce chantier
aussi peut être ouvert".
Rappelons que l'hypothèse filière de soins, 35 milliards d'économies potentielles, pour un trou de 6 milliards (tous régimes) actuellement pour la maladie, n'est absolument pas envisagée.
Non, ce n'est pas la date prévisible de décès de la médecine générale en France (encore que ...)
C'est le petit nom de la déclaration d'impôts professionnelle, qui permet de déterminer nos bénéfices qui donneront lieu à une 2042, déclaration d'impôts en vue de l'imposition sur le
revenu.
L'équation est simple à la base : honoraires - charges du cabinet = BNC, bénéfice non commercial.
Hier, j'ai pris le problème à bras le corps, et ai traité la moitié du problème. Parce que comme je suis, comme la quasi totalité des
confrères, adhérent d'une AGA (association de gestion agréée), il me faut remplir la déclaration plus un formulaire de précisions pour l'AGA.
Ce qui est un chouia ridicule, pour une raison simple : un médecin de secteur un (respect des tarifs sécu) est en moyenne contrôlé tous les 38 ans. C'est à dire pas une fois dans une carrière.
Les caisses envoyant aux impôts le relevé de notre activité, il n'y a qu'à comparer le chiffre avec celui de notre déclaration. Les charges moyennes sont connues, c'est donc très simple.
Ne sont guère contrôlés plus précisément (et fort peu) que les secteurs 2 (dépassements) et les confrères ayant d'autres sources de revenus que les honoraires (participation à des études
rémunérées par exemple).
Pour un médecin généraliste secteur un moyen, les charges représentent environ 40 % du total des honoraires. Pourcentage hélas en hausse au fil des ans !
Au passage, les caisses envoient toutes les années le relevé sur lequel nous devrions pouvoir nous appuyer après les déclarations.
Petite note amusante : je déclare toutes les années un peu plus que ce que retrouve les caisses. Il y a des actes qui se perdent dans
la nature.
Terme un rien barbare par lequel nous désignons des problèmes liés au conjoint. Souvent à son existence même d'ailleurs.
En l'espèce, je vois, pas vraiment pour cette cause, malheureusement, les deux membres du couple, au demeurant l'un et l'autre patient habituel, régulièrement, depuis trois mois environ.
Ils ont aux alentours des 35 ans, 2 enfants, pas de soucis financiers. Elément important, tous deux travaillent.
Et donc depuis trois mois, je vois l'un puis l'autre, ou inversement, toutes les semaines ou presque, une fois pour des maux de gorge,
une fois pour des maux de tête, une fois pour ceci, une fois pour cela. Et je constate sur l'un comme sur l'autre des traces de coups, des hématomes, ce dont ils sont bien d'accord tous deux pour
refuser de parler. Même si l'un et l'autre ont admis de sérieux problèmes au sein de leur couple.
Ce qui ne m'a bien sûr pas empêché de plaider systématiquement pour qu'ils consultent pour ce motif, à chaque fois. Sans succès, et
sans écoute apparente d'ailleurs.
Les enfants ne sont physiquement pas concernés, même si bien sûr le retentissement est loin d'être psychiquement anodin.
Hier, je vois madame. Pour toux, fièvre et maux de gorge officiellement.
Elle me dit qu'ils se sont mis d'accord pour aller voir un conseiller conjugal. En fin de semaine.
Pas trop tôt.
Discussion avec un copain gynéco-obstétricien, lui aussi farouche partisan de la filière de soins (et au passage auteur de la
terminologie du "cons-en-sus" pour les conclusions par "accord professionnel").
Il constate que la plupart des confrères spécialistes d'organes y sont opposés, essentiellement par peur de perdre des consultants et donc du chiffre d'affaire pour les libéraux, et par peur de
perdre un prestige et une aura pour les hospitaliers.
Il tente de leur expliquer que c'est du fantasme pur et simple, mais il n'est pas facile de convaincre des gens qui ont connu l'époque de la pléthore que les temps changent. Et ce alors que si le
nombre de confrères de spécialités d'organes chutera moins que celui de la médecine générale, il connaîtra malgré tout une baisse sensible. Avec une population plus nombreuse, et
vieillissante.
Il leur fait remarquer aussi que les mieux payés sont deux spécialités prescrites : radiologie et biologie.
En milieu hospitalier, il s'agit plutôt de ne pas laisser partir la sensation de diriger les choses, et de rester, au moins virtuellement, surtout pour les CHU, au sommet d'une pyramide. Hors de
question d'accepter un monde complexe avec des centres de décisions multiples. Et là l'intérêt financier de la stucture rejoint ce mode de pensée ...
Nous sommes tous deux bien d'accord sur le fait que nous allons dans le mur.
Amitiés à toi, vieille branche de joyeux contribuable.
PS : à noter qu'il est pire que moi au sujet des gynécos med -)
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