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Vendredi 9 novembre 2007
Un journal professionnel (le Quotidien du Médecin en l'occurrence) et l'Apima (association pour le développement de l'informatique médicale), organisent un sondage pour connaître le coût estimé, l'utilisation et l'utilité de l'informatique, notamment en médecine générale (c'est ici).

Pour mon poste de travail, mon calcul se décompte ainsi, sachant que le gros matériel s'amortit sur 3 à 4 ans, le logiciel sur un an, comme le petit matériel. Et qu'en fait, il faut partir du principe qu'au bout de 4 ans, c'est déchèterie.

unité centrale + écran : 800 euros
imprimante laser noir : 100 euros
lecteur Vitale : 200 euros

je n'ai pas remis d'onduleur (100 euros), ni repris de scanner (600 euros), donc au total 1 100 euros, soit 275 euros par an

abonnement internet : 360 euros par an

logiciel : 1 300 euros à l'achat, soit 30 euros par an avec l'inflation (c'est théoriquement à vie, sauf si l'éditeur vous laisse tomber en cours de route, ce qui s'est déjà produit pour certains).
abonnement logiciel : 160 euros par an

Je n'ai pas de coût suplémentaire en formation ou maintenance

Total arrondi : 830 euros par an dont il faut déduire le paiement des FSE, en moyenne pour un MG 250 euros

Soit 580 euros par an en moyenne.

Pour comparaison, ma voiture, d'après le barême des impôts, est à 3 500 euros par an pour la part professionnelle (et 4 000 au total).
par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 9 novembre 2007

En cours actuellement, une campagne de prévention concernant les accidents domestiques touchant les enfants, la tranche d'âge 0 à 6 ans étant la plus concernée.

Ces accidents "de la vie courante" font 20 000 morts par an, dont 2 000 enfants.

C'est une des premières causes de mortalité, et la première cause d'années de vie perdues, vu l'âge moyen des victimes (mourir à 2 ans ou même à 40 ans n'a pas la même signification en années de vie perdues que mourir à 70 ans, avec comme base une espérance de vie de 78 à 84 ans selon le sexe).

Ce que l'on peut déplorer, c'est que l'investissement sur le sujet reste mineur, surtout en comparaison d'autres problèmes de santé publique.

Mais bien sûr, la seule possibilité est la prévention et le conseil. Et leur impact est difficile à mesurer, et médiatiquement peu vendeur.

Cela ne rapporte pas comme des radars sur les routes (mais eux au moins sont efficaces), en termes financiers comme d'affichage médias.

Cela ne fait pas tourner des industries comme (au hasard !) des vaccins à l'utilité sujette à caution.

Réflexion politiquement incorrecte, non ? Mais dans la réalité, avec des moyens donnés, limités, il faut faire des choix.  

Et la réalité, c'est que si on devait vacciner tous les gamins pour le pneumo, cela coûterait à la collectivité 140 millions par an, pour éviter 8 décès.

Et que là, on met moins de 50 millions, à ce que j'ai pu lire, sur une campagne unique, qui ne se renouvellera par avant quoi, 4 ou 5 ans ? 

Pour 2 000 morts par an chez les enfants, 20 000 morts au total, 1° cause de perte d'espérance de vie.

Comme médecin et comme citoyen, je ne suis pas d'accord avec les choix faits en matière de santé publique dans mon pays. Et ils ne concernent pas que le vaccin pneumo.

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 8 novembre 2007

Revu hier m. D., 27 ans, patient inconnu vu pour la première fois ce lundi 5, pour fièvre, toux. Bonne rhino-pharyngite.

Il m'appelle hier en me disant que ça ne passe pas, qu'il a un oeil gonflé, et le nez qui coule bizarre.

Effectivement, dès son entrée je constate que la région péri-orbitaire gauche est très oedématiée, il peut à peine ouvrir les paupières. La palpation est douloureuse, le fait de pencher la tête aussi.
 
Il évite à tout prix de tousser, car sinon, il a l'impression que cela explose de partout. Il se plaint d'un goût "atroce" dans la bouche.

Il se mouche devant moi, il n'y a pas à chercher, c'est vert et purulent, sortant de la narine gauche.

Cela faisait un moment que je n'avais pas vu une très probable sinusite aussi carabinée.

Il n'a pas d'allergie connue, pas de traitement en cours autre que celui de lundi.

Corticoïdes en comprimés cinq jours, paracétamol-codéine, antibiotique (cefotiam), et arrêt pour les trois jours.

Pas de radios, inutiles car elles ne modifieront pas le traitement.

Et bon courage pour les 48h à venir (après ça commence à aller mieux, je le sais d'expérience).

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Jeudi 8 novembre 2007

Ah, les acronymes en médecine !

FSP : feuille de soins papier, la feuille qui permet le remboursement du patient, Cerfa n° 12541*01 de son petit nom.

FSE : feuille de soins électronique, celle qui passe par l'utilisation de la carte Vitale.

Jusqu'à présent, la FSP nous est fournie gratuitement, et les FSE nous sont payés 7 centimes par feuille.

Non pas que les caisses se soient mises à la philantropie. Une FSP coûte in fine au patient (qui en tant que cotisant/contribuable est toujours le payeur final), trajet de caisse à mutuelle inclus, 3 euros. Dont  plus de 1,80 euro lors du passage par la CPAM. Il s'agit donc pour la sécu d'inciter à l'utilisation de la Vitale, source pour elle d'économies conséquentes : pour les seuls médecins généralistes, cela représenterait annuellement environ 500 millions avec 100% de FSE, par rapport à 100% de FSP.

Problème : 90% des médecins généralistes utilisent la Vitale, mais seuls 60% des spécialistes d'organes le font.

Dans le projet 2008, les députés ont donc voté la mise en application d'un des aspects des lois Juppé de 1995, jamais mis en oeuvre : faire payer la FSP par le professionnel de santé. 50 centimes la feuille.

Une demie seconde de réflexion permet de juger de la stupidité de la mesure.

Les médecins généralistes seront fort peu concernés (ceux qui sont à la veille de la retraite, qui ne font pas de FSE, seraient épargnés).

Les spécialistes d'organes en S2, tarifs libres sur base sécu, se contenteront de prendre un euro de plus aux patients, dont les cotisations mutuelles augmenteront.

Seront pénalisés en pratique les spécialistes d'organes de secteur 1, strict respect des tarifs sécu, de moins en moins nombreux.

Seule une incitation plus réaliste des caisses pourrait s'avérer efficace : pourquoi pas pour la beauté de la symétrie 50 centimes payés  pour une FSE contre 50 centimes à payer pour une FSP ? Ce qui laisserait encore un gain aux caisses de 1,30 euros par feuille, soit plus de 520 millions pour l'ensemble des feuilles établies par les médecins.

Soit 10% de leurs frais de fonctionnement.

Mais voilà, elles veulent le beurre, l'argent du beurre, et avoir mangé le gâteau.

Ce qui en pratique conduit à un gaspillage de nos cotisations et impôts, que l'on peut estimer à 200 millions par an.

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 8 novembre 2007

Hier, j'ai vu deux patients, enfin, un patient et une patiente, aucun rapport entre eux, qui m'avaient pris comme généraliste il y a quelques années, puis choisi un confrère ou une consoeur, puis sont revenus me voir depuis peu, et m'ont demandé hier de leur signer la paperasse de médecin traitant.

C'est, tout comme le départ et la non-revoyure de certains, un phénomène que je prends avec détachement.

D'abord, parce que pour moi, c'est assez fréquent. Ici, c'est en réalité une cité dortoir, les gens qui y habitent ne travaillent souvent pas sur place, et ceux qui y travaillent n'y habitent le plus souvent pas. Il y a donc des mouvements de population constants et importants, une enquête de la mairie il y a quelques temps avait montré que plus de 10% de la population résidentielle changeait chaque année.

Je ne demande donc pas aux patients pourquoi ils partent, je ne leur demande pas pourquoi ils reviennent.

En l'occurrence, la patiente a tenu a m'expliquer le pourquoi; elle avait déménagé, et le cabinet de la consoeur est plus près de chez elle. Mais voilà que la consoeur a réduit ses horaires en prenant un mi-temps en salarié, et cela lui posait problème quand aux heures de rendez-vous.

Bien sûr, il est plus simple, plus cohérent médicalement, et aussi plus confortable pour nous, comme pour le patient qui n'a pas à tout ré-expliquer au début, de garder le même généraliste.

Et puis le suivi dans le temps crée des liens, c'est certain. 

C'est ainsi que j'estime avoir un "noyau" constitué de 80 ou 90% de mes patients, et 10 à 20% de "satellites".

Mais croire que nous ne sommes pas globalement interchangeables dans nos fonctions ......

Les cimetières sont pleins de gens indispensables, non ? -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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