Acheté et lu (deux fois, 100 pages, c'est vite fait) le bouquin "le mythe du trou de la sécu" de J. Duval qui vient de sortir.
Assez décevant à mon sens. Rien appris, des affirmations, pas de démonstrations, des incohérences dans les réflexions.
Ainsi, à propos du fonctionnement de la retraite, et de la remise à plat des 37,5 ans de cotisations. Le fait qu'on n'est plus en 1948, et que l'espérance de vie a gagné une bonne douzaine
d'année n'est même pas évoquée. Il faut pourtant bien les financer ces années, sauf à tuer tout le monde à 70 ans !
Par contre, l'auteur souligne que les ouvriers vivent moins vieux, mais sans en tirer les conséquences qui s'imposent logiquement : que le droit à la retraite soit basé uniquement sur la durée de
cotisation pour tous, et non sur la double exigence durée + âge de départ.
Il souligne à juste titre les exonérations plus ou moins compensées, les revenus qui échappent aux cotisations, et le fait que le manque de recettes vient en grande partie du chômage (12 milliards de trou en 2007, dont 5 pour la maladie, alors qu'un million de chômeurs en moins c'est 7 milliards de cotisations qui rentrent, donc 14 milliards pour 2 millions de chômeurs ...), mais n'en tire pas la conclusion qui s'impose : abandonner les cotisations basées sur le travail pour passer à une imposition sur la totalité des revenus, moins sujette aux fluctuations.
Il met en avant que l'on pourrait augmenter massivements les cotisations, comme cela a été fait entre les débuts de la sécu et 1980.
C'est mettre de côté le fait que la croissance actuelle n'a rien à voir avec celle des 30 glorieuses.
Surtout, il ne sort pas du cadre franco-français, et ne se pose aucune question sur le rapport qualité/prix de notre système, notamment la branche maladie.
Rappelons que les 2 points de PIB (produit intérieur brut) d'écart avec les Danois, sur cette seule branche, pour les mêmes résultats, ce sont 35 milliards d'économies potentielles par an.
De quoi effacer le trou, payer la dette, financer la branche dépendance, et avoir encore des marges de manoeuvre.
Comme disait ma grand-mère ardéchoise, dans la vie, en dehors des relations personnelles, il n'y a que 3 questions : qui paye ? combien ? pour obtenir quoi ?
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