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Mercredi 16 avril 2008

Acheté et lu (deux fois, 100 pages, c'est vite fait) le bouquin "le mythe du trou de la sécu" de J. Duval qui vient de sortir.

Assez décevant à mon sens. Rien appris, des affirmations, pas de démonstrations, des incohérences dans les réflexions.

Ainsi, à propos du fonctionnement de la retraite, et de la remise à plat des 37,5 ans de cotisations. Le fait qu'on n'est plus en 1948, et que l'espérance de vie a gagné une bonne douzaine d'année n'est même pas évoquée. Il faut pourtant bien les financer ces années, sauf à tuer tout le monde à 70 ans !

Par contre, l'auteur souligne que les ouvriers vivent moins vieux, mais sans en tirer les conséquences qui s'imposent logiquement : que le droit à la retraite soit basé uniquement sur la durée de cotisation pour tous, et non sur la double exigence durée + âge de départ.

Il souligne à juste titre les exonérations plus ou moins compensées, les revenus qui échappent aux cotisations, et le fait que le manque de recettes vient en grande partie du chômage (12 milliards de trou en 2007, dont 5 pour la maladie, alors qu'un million de chômeurs en moins c'est 7 milliards de cotisations qui rentrent, donc 14 milliards pour 2 millions de chômeurs ...), mais n'en tire pas la conclusion qui s'impose : abandonner les cotisations basées sur le travail pour passer à une imposition sur la totalité des revenus, moins sujette aux fluctuations.

Il met en avant que l'on pourrait augmenter massivements les cotisations, comme cela a été fait entre les débuts de la sécu et 1980. C'est mettre de côté le fait que la croissance actuelle n'a rien à voir avec celle des 30 glorieuses.

Surtout, il ne sort pas du cadre franco-français, et ne se pose aucune question sur le rapport qualité/prix de notre système, notamment la branche maladie.

Rappelons que les 2 points de PIB (produit intérieur brut) d'écart avec les Danois, sur cette seule branche, pour les mêmes résultats, ce sont 35 milliards d'économies potentielles par an.

De quoi effacer le trou, payer la dette, financer la branche dépendance, et avoir encore des marges de manoeuvre.

Comme disait ma grand-mère ardéchoise, dans la vie, en dehors des relations personnelles, il n'y a que 3 questions : qui paye ? combien ? pour obtenir quoi ?

par le toubib publié dans : point de vue
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Mercredi 16 avril 2008

La réalité, c'est qu'il y a aussi des patients qui exagèrent.

Ainsi hier. Arrivée sans rendez-vous d'un patient bien connu. Il a eu un accident de travail il y a deux mois, et a eu 4 semaines d'arrêt. Le 14 mars, je dresse un certificat final, avec reprise du travail le 17 mars.

Il arrive donc comme une fleur après être passé à la sécu parce qu'on lui demande un certificat pour faire le joint entre le 14 et le 18 mars.

Dans un premier temps, je ne comprends pas : j'ai la reprise du 17 sous les yeux.

Puis tout s'explique. Il n'a pas adressé les volets sécu de ce certificat, voulant prolonger son arrêt, il est allé voir une consoeur sur un autre secteur, laquelle a fait un certificat de prolongation en date du 18 mars. Pour un mois.

Et bien sûr ça ne colle pas du tout. Soit il fallait ignorer mon certificat et frauder carrément en partant du 14 mars pour une consultation du 18, soit il fallait faire une rechute le 18, ou déclarer un nouvel accident.

Sauf que le patient n'a pas repris le 17 bien sûr. Donc impossible d'obtenir une déclaration de l'entreprise pour le 17 ou le 18.

En outre, les motifs de la prolongation (qui n'en est donc pas une), sont "cervicalgies". Le patient arrivant et repartant au guidon de sa moto, je rigole un peu.

Bien entendu, je l'ai envoyé paître : hors de question de faire un faux certificat parce qu'il a un poil dans la main. Qu'il adresse les volets du certificat du 14 mars à sa caisse, et pour le reste, qu'il voit avec la consoeur.

Légèrement énervé, le toubib, sur ce coup là -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 16 avril 2008

1°/ Mensonges, trucages, omissions.

Vient de sortir une étude qui démontre que l'industriel du médicament Merck aurait menti à la sortie de son anti-inflammatoire Vioxx°.

Il aurait délibérément occulté les risques cardiovasculaires liés à la molécule, finalement retirée du marché en 2004.

Le produit aurait entraîné entre 22 000 et 35 000 décès en cinq ans aux USA, et l'industriel a payé 4,85 milliards de dollars pour éviter les procès.


2°/ Enseignement de la médecine générale en France.

Plusieurs professeurs de médecine générale viennent de démissionner. Leur collège demandait 50 créations de postes, le ministère promettait un effort conséquent.

Qui se limite in fine à 8 nominations, correspondant à 3 temps complets.

La médecine générale se retrouve avec 134 enseignants pour 6 000 étudiants en DES, soit 10 fois plus d'étudiants par professeur que pour les autres spécialités.

Rappelons qu'officiellement, on veut remonter le numerus à 8 000 (7 300 actuellement) avec 50 % de la promotion diplômée en médecine générale.

Jusqu'ici tout va bien.

par le toubib publié dans : brèves
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Mardi 15 avril 2008

C'est inexorable, tous les médecins généralistes voient un certain nombre de cas de ce genre par mois : péremption des droits.

Le patient qui a la CMU, qui y a toujours droit, mais qui n'a pas pensé à demander son renouvellement en temps et heure. Ou dont le dossier traîne entre deux bureaux quelque part.

Et qui bien sûr dans la plupart des cas n'a pas un sou pour payer la consultation. Que faire alors ? Mis à part forcer le passage de la carte, en sachant très bien que le paiement ne sera que partiel, même les droits rétablis à la date concernée, en continuité.

Très étrange en vérité que des caisses qui me renvoient des arrêts de moins de trois jours, sur lesquels elles ne sortiront donc pas un centime, parce que le patient a oublié de cocher une case, et dépensent pour ce faire temps, papier et frais postaux, ne soient pas à même de contacter à l'avance les patients concernés, qui par définition sont en situation difficile, pour leur dire de penser à faire les démarches nécessaires.

Ou quand je songe à toutes les publications qui nous sont destinées venant des caisses, mises à la poubelle directement ou presque (ouverture de l'enveloppe, coup d'oeil, hop !).

On me répondrait qu'il ne s'agit pas des mêmes budgets, bien sûr, mots magiques censés tout expliquer dans les lieux où le règlement prime sur l'intelligence.

Enfin, le vrai problème c'est au niveau de la délivrance des prescriptions, notamment médicamenteuses. Parce que là, il y a toujours une part à payer.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 15 avril 2008

1°/ Pour une fois le scientifique confirme l'intuitif -)

Une étude croisant les données du réseau Sentinelles pour la grippe et les calendriers de vacances scolaires sur 20 ans montre que la fermeture des écoles entraîne une diminution notable du nombre de cas (environ 15 % de baisse).

Le nombre de cas sur la semaine d'épidémie la plus forte pourrait ainsi théoriquement être réduit de 40 %.

Calcul fait bien sûr dans une optique de pandémie de type grippe aviaire.

2°/ Petit calcul qui montre une réalité comptable.

En 2002, les médecins généralistes ont réalisé 320 millions d'actes, dont 22 % de visites à domicile, pour des honoraires moyen de 22,20 euros par acte. Soit 7,1 milliards d'honoraires, remboursés par les caisses à hauteur de 4,97 milliards.

Ce qui avec la seule inflation aurait dû donné à nombre d'actes constant, 8 milliards et 5,6 milliards de remboursés.

En 2007, les médecins généralistes ont réalisé 278 millions d'actes, dont 13 % de visites, pour des honoraires moyens de 24 euros par acte. Soit 6,67 milliards, remboursés par les caisses pour 4,67 milliards.

Ce qui pour être clair signifie que le passage de 20 à 22 euros de la consultation, comme le forfait médecin traitant, comme le forfait PDS, n'ont pas coûté un fifrelin de plus au système.

Et ce à euro courant. Une baisse de 10 % à euro constant.

par le toubib publié dans : brèves
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