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Samedi 2 février 2008

M. R. est un patient habituel, connu depuis plus de 10 ans, chez qui on a découvert il y a quelques temps un petit diabète de type 2.

Il a 66 ans, il est marocain, et vit en France depuis 40 ans. Il parle parfaitement le français. Il n'a jamais eu de problème de santé particulier, et  a été très marqué par ce résultat : c'est la maladie qui rend aveugle.

Lors de la première consultation après le diagnostic, je lui ai expliqué les tenants et aboutissants, mis en place un traitement par metformine, 500 matin et soir, assez léger donc.

Un mois plus tard, première consultation de suivi pour voir si tout va bien avec le traitement : pas de souci. Prescription pour trois mois, bilan biologique à faire juste avant de revenir : hémoglobine glyquée, qui permet de juger l'efficacité sur les 3 mois écoulés.

Et là, surprise : très mauvais résultat.

Et c'est de ma faute en grande partie.

En fait, pour le rassurer, je lui avais dit qu'on avait des marges de manoeuvre avec la metformine, et que si besoin on pourrait augmenter le traitement. Et voilà qu'un jour de bon repas chez un frère diabétique, il se fait faire un contrôle avec un lecteur de glycémie, et affolé par le résultat post-prandial, il décide de tripler du jour au lendemain les doses de metformine. Evidemment, ça n'a pas raté : diarrhée massive. Et du coup il a arrêté tout traitement pendant plus d'un mois.

Je reprends donc des explications plus précises, depuis le début. J'espère avoir été plus clair cette fois !

Presque 17 ans d'installation, et se faire avoir comme au premier jour d'internat ! L'expérience est bien une lumière qui n'éclaire que le chemin déjà parcouru !!!

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 2 février 2008

Et toujours aussi peu de solution réelle.

C'est une patiente habituelle, connue depuis presque 5 ans maintenant. La première fois, elle venait d'emménager sur la ville, elle m'avait apporté un résumé fait par son médecin précédent, et une pile d'ordonnances soigneusement classées, remontant les 8 dernières années.

Elle a 26 ans, et a été suivie en psy depuis l'âge de 14 ans.

Elle a eu d'après son dossier comme d'après ses ordonnances à peu près tous les antidépresseurs existants sur le marché. Elle a vu, me dit-elle, une bonne douzaine de confrères psys au fil des ans. J'en ai décompté 3 sur les ordonnances, donc sur une période de 8 ans.

Elle a été "classée" comme dépressive chronique. Pour elle, c'est tout simplement "quelques mois tout bon, quelques mois tout mauvais". Et elle ne veut plus prendre de traitement de fond, suite à une prise de poids massive sous traitement. Poids qu'elle a eu énormément de mal à perdre, sur plus de quatre ans.

Lors de la première consultation, elle prenait zopiclone (somnifère) et bromazépam (anxiolytique) un à deux par jour. Traitement qui était en place depuis quelques mois.

Nous en sommes toujours là. Sans amélioration ni dégradation de l'état de la patiente.

Nous avons les "foke / yaka" qui nous piautent aux oreilles de supposés judicieux conseils. Mais dans la réalité, qu'avons nous à proposer à cette patiente ? Un sevrage ? Pour quel bénéfice ? Déséquilibrer la vie et le vécu alors qu'elle s'en tire cahin-caha ?
Dans l'attente de l'arrivée sur le marché d'un miracle en sachet minute, reconduction de la prescription.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 1 février 2008

Revu hier un loupiot de 9 ans, pour suivi à un mois. Il présentait, à la première consultation, une encoprésie (défécation dans le slip) depuis plusieurs mois, quotidienne ou presque.

Un cas assez classique, à priori. Parents séparés depuis plusieurs années, problème uniquement diurne, mère très prise par son travail. Disparition du problème si la mère insiste pour qu'il aille aux toilettes réguilèrement. Fond de constipation +++

Un confrère avait déjà été consulté, qui avait adressé à un psy. La consultation avec le psy s'était d'après la mère comme d'après le loupiot fort mal passée .....

Donc, bien sûr, idée à abandonner en première intention ! C'est toujours plus facile quand le terrain a déjà été déblayé, c'est certain !

J'avais alors préconisé les classiques mesures standard.

Prescription de lactulose + fibres (gomme de sterculia) + un litre d'eau par jour pendant une semaine, puis continuer avec fibres + eau; mettre le patient aux toilettes matin et soir.

D'après la mère comme d'après le loupiot, ça a été miraculeux : résolution totale du problème en moins d'une semaine. Le gamin est visiblement plus que content de lui et du résultat.

Je lui explique donc qu'il va continuer l'eau en quantité suffisante et à aller aux toilettes avec régularité, qu'on arrête les fibres en les gardant en réserve si besoin.

Et comme je vois que la mère est demandeuse, on se revoit dans un mois pour faire le point.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Vendredi 1 février 2008

Un article intéressant sur le sujet dans la presse professionnelle.

En France 15% des couples sont infertiles et les deux tiers d'entre eux ont alors recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP : ah, ces acronymes !)

Il faut déjà savoir que le taux de conception est de 25% par cycle à l'âge de 25 ans, 12% à 35 ans, 6% à 40 ans, quasi nul à 45 ans.. Et l'âge moyen de prise en charge en AMP pour la femme est de 34 ans ....

Dans 40 % des cas l'infertilité est liée aux deux membres du couple, 30 % à la femme sele, 20% à l'homme, et 10 % étant inexpliqués.

Toutes techniques confondues, seules 15% des tentatives conduisent à une naissance d'enfant vivant.

Le taux de réussite est de 11% par cycle avec l'insémination artificielle, de 23% avec les FIV (estimations, les données sont peu précises).

Le remboursement est possible pour six inséminations artificielles et quatre FIV.

In fine, 60% des couples ont ainsi un enfant. On estime le nombre de naissances après AMP à 19 000 environ en 2006.

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Vendredi 1 février 2008

Nouvelle épisode pour Inès, 10 ans, petite patiente habituelle, connue depuis toujours.

Dès qu'elle s'est levée de la chaise dans la salle d'attente, je me suis dis "re-belote". Appui et marche sur l'avant-pied. C'est sans doute considéré comme mignon sur un parquet de danse (encore que ...), mais dans la vie courante, c'est surtout handicapant.

Elle avait la paix à ce niveau depuis quelques temps, après avoir connu le même problème il y a environ 8 mois. Quasi impossibilité de poser le talon, car cela entraîne de vives douleurs du calcanéum à la jambe. Chez elle, beaucoup plus marqué à gauche.

Pour simplifier, on peut dire que c'est une tendinite liée à la croissance. Pour le premier épisode, on avait fait faire des semelles, de la kiné, et une consultation spécialisée dans le but de rassurer les parents, confrère qui nous avait répondu de continuer ainsi ... Parce que de toute façon, il n'y a pas grand chose de plus à faire.

Et on ne peut pas ne rien faire non plus, l'impact sur les appuis comme sur la statique générale, notamment le dos, n'est pas vraiment positif ...

J'avais bien prévenu les parents que cela allait passer et revenir.

Et bien voilà. Inès a un petit sourire malheureux.

On repart pour un tour, revoir les semelles, kiné à haute dose mais tout en souplesse, un peu d'aspirine quand ça fait trop mal, dispense de sport, alors qu'elle en refaisait à l'école depuis septembre dernier, sauf natation.

Et prendre patience.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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