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Mercredi 5 décembre 2007

Ainsi donc notre tiers de temps de ministre vient de lancer les états généraux de l'organisation de la santé, censés proposer des solutions pour structurer et répartir l'offre de soins.

On peut craindre que cela ne navigue entre le n'importe quoi, l'approximation, les disputes sur les chiffres, et la réunionite aiguë.

Premier point à problème : la phrase invocatoire "il n'y a jamais eu autant de médecins". Le hic, c'est qu'il n'y a jamais eu non plus autant d'habitants en France, ni aussi âgés. C'est donc la densité par habitant qu'il faut prendre en compte !!!

Ainsi, selon les données de l'Assurance Maladie, il y a 60 500 médecins généralistes libéraux en exercice, dont 6 500 MEP (mode d'exercice particulier : homéopathes, acupuncteurs, ...), ce qui pour 64 millions d'habitants nous donne une densité de 94,5 pour 100 000 habitants. Le maximum a été atteint en 1996 avec 104,8.

Concernant les spécialistes d'organes libéraux, nous sommes à 82,8, le maximum atteint en 1996 était de 91,7.

Deuxième point à problème : les chiffres sont loins d'être identiques selon les auteurs. L'Assurance Maladie donne donc 60 500 MG libéraux; l'Ordre des médecins donne pour sa part 62 921 dont 6 148 à temps partiel.La Drees pour sa part décompte 67 764 cabinets libéraux de médecine générale !!!

Troisième point à problème : la durée du creux pendant lequel les départs seront supérieurs aux arrivées. D'après la Drees, ce sera 17 ans. Encore un hic ! Si on regarde les données du numerus (le nombre de pris au concours en fin de 1° année), on voit qu'on a des 8 000 et plus jusqu'en 1979; le chiffre de 1980 de 7 100 ne se retrouve qu'à partir de 2007, entre les deux, la moyenne est de 4 584. Le creux est donc en réalité de 27 ans !!!

Quatrième point à problème : d'après la Drees, le pourcentage de spécialistes d'organes à la sortie des études est de 60. Le hic cette fois est que de nombreux confrères classés en MG ne feront pas de la médecine générale : urgentistes, gériatres, phlébologues, allergologues, .... Le chiffre réel est plutôt de 70, pour 30% de la classe d'âge qui devient généraliste.

Dernier point à problème : la volonté de répartir sur le territoire les arrivants. A mon sens, l'inquiètude des internes était à la fois légitime et inutile. Parce qu'il faut être clair : pour les 25 prochaines années, il va y avoir 1,85 départ pour une arrivée (toutes spécialités et tous modes d'exercices confondus). Pendant les 25 prochaines années, c'est le médecin qui aura le choix ....

L'obligation sera donc illusoire, et ne pourra que faire fuir encore plus les arrivants.

Appels de phares, klaxon bloqué, insanités hurlées à la portière, gyrophare sur le toit, et maintenant les passagers arrières qui entament des prières : et le mur ne se pousse toujours pas.

par le toubib publié dans : point de vue
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Mardi 4 décembre 2007

Petit tout d'horizon de paperasses inutiles faites hier (sans aucune exagération, que du vrai de vrai, promis !) :

- refait un certificat d'aptitude au foot : le premier a été perdu par l'association

- certificat pour absence scolaire, demande faite par le collège. Certificat rédigé avec la note suivante :

Un établissement scolaire ne peut exiger un certificat médical d'absence que dans le cadre des maladies contagieuses suivantes : scarlatine, teignes, tuberculose.(circulaire n°76-288 09/1976, inspection académique, arrêté 3/05/1989).
Pour tous les autres cas, les établissements ne sont en droit de réclamer qu'un "mot d'absence" aux parents ou aux représentants légaux de l'enfant qui ne s'est pas présenté en classe.

- rédaction d'un protocole pour 100%, patient diabétique type 2 depuis 10 ans, et bien évidemment à vie

- rédaction d'un certificat pour aide à domicile : là aussi, je ne vois pas comment l'état de santé de mme B., 87 ans, aurait pu brutalement s'améliorer par rapport à l'an passé

- et 2° certificat pour mme B., cette fois pour le portage des repas à domicile

Bien sûr, il ne s'agit pas souvent du motif principal de la consultation. Mais la répétition de ces abracadabrantesques situations shadockiennes sont à longue fatiguantes.

Je ne dirais pas qu'elles m'énervent, non, même plus ! C'est comme le moucheron qui tourne en été : inévitable, et sans solution apparente.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 4 décembre 2007

Revu hier à domicile m. D., 70 ans, patient habituel. 

M. D. est insuffisant respiratoire (le tabac, bien sûr), sous oxygène en permanence, hypertendu, diabétique. Il est revenu il y a une semaine d'un nième séjour à l'hôpital, pour décompensation sur nième surinfection bronchique.

Et cette fois encore, décompensation du diabète, avec l'aide aussi des corticoïdes, mise sous insuline, une seule injection par jour pour la facilité.

Le problème, c'est que depuis ma visite précédente, il y a 5 jours, on ne peut pas dire que les glycémies (taux de sucre dans le sang) s'améliorent. On navigue gentiment de 0,80 à 3,40 .....

Selon bien sûr qu'il arrive à manger plus ou moins.

L'adaptation de la dose d'insuline, théoriquement la solution, est en pratique à oublier : on va le mettre en coma, c'est tout ce qu'on gagnera.

On va plutôt tenter de contourner l'obstacle : répartir l'alimentation en petites prises sur la journée, en 5 ou 6 épisodes.

On se donne la semaine pour voir ce que ça donne, avec un contrôle plus fréquent, sa fille se proposant de passer matin midi, celui du soir étant fait par l'infirmière.

Et on reprend tout ça vendredi calmement. Bon, en même temps, il est bien évident vu son état que le but n'est pas l'équilibre parfait, mais juste de trouver une fourchette de fluctuation vivable.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 4 décembre 2007

Article de la presse professionnelle sur la permanence des soins et les régulateurs libéraux.

3 000 médecins généralistes participent à cette entreprise. A mon sens avec un dévouement qui frise le sacerdoce, pour ne pas dire l'inconscience la plus totale.

Pas de statut juridique, aucune définition du temps de travail ou du repos de sécurité.

Temps de régulation qui s'ajoute en pratique à celui consacré à leur cabinet, avec un total moyen de plus de 60 heures hebdomadaires.

Leurs confrères assis à côté et qui relèvent du SAMU font un maximum de 48 heures par semaine, ou récupèrent des RTT ou du CET (compte épargne temps). En étant couverts bien sûr au niveau juridique .

Le financement de ce château de sable ne repose que sur des fonds non pérennes, remis en cause d'une année sur l'autre, aux budgets à géométrie variable.

Et ce mur qui décidément ne se pousse pas !

par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 3 décembre 2007

Le 1° décembre, c'était la journée sida. Un truc pour éviter d'en faire plus.

Soyons politiquement incorrect. En France, environ 6 500 cas supplémentaires par an. En dehors des groupes à risques définis comme tels, en pratique m. ou mme Lambda n'est pas concerné. C'est cela la réalité.

Celle qui fait qu'après la Grande Peur de la fin des années 80 (tous sont concernés, si ce n'est eux, leurs enfants), quand les gens se sont rendu compte qu'ils ne connaissaient directement personne de séropositif, cela a été le grand reflux ("on nous a menti", et c'est vrai), à preuve les échecs financiers patents des sidactions successifs depuis.

Parce que, la réalité des chiffres, c'est une personne sur 400 environ. Qui connaît assez intimement 400 personnes pour être au courant de sa séropositivité en dehors des groupes à risques ?

Et c'est sans doute l'explication de l'échec de la prévention menée depuis 20 ans. Des pubs niaises ne s'adressant pas aux publics concernés. Une communication déficiente, ou au moins inefficace, à tous les niveaux, des associations aux pouvoirs publics.

Parce que c'est un flop complet, il ne faut pas se le cacher : aucun impact, on reste année après année dans les mêmes chiffres.

Le politiquement correct, la volonté de ne pas "stigmatiser" a conduit et conduit encore en fait à être inefficace. Ce qui veut dire des morts à l'arrivée.

L'arrivée des tests rapides va-t-elle permettre de bousculer tout cela ?

A titre privé, je ne connais personne qui m'a dit être séropositif.

A titre professionnel, je suis le médecin traitant de deux patients séropositifs.

Et en 16 ans d'exercice et de prescriptions de test, j'en ai vu revenir zéro de positif (touchons du bois que ça continue, quand même).

Nous somme nuls en santé publique. Mais sur ce coup là, je ne suis pas sûr du tout que les autres pays développés fassent mieux.

par le toubib publié dans : point de vue
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